‹ Huit années d'émigration: souvenirs de l'abbé G.-J. Martinant de Préneuf, curé de Vaugirard, deChapitre 88 sur 91 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

Ceci est mon testament.

Au nom du Père, du fils, et du Saint-Esprit.

Moi, Gilbert, Jacques Martinant de Préneuf, né à Cusset, le sept février mil sept cent cinquante sept; prêtre par la miséricorde de Dieu, docteur de Sorbonne, ancien chanoine de Saint-Méry à Paris, ancien curé de Vaugirard et de Sceaux.

Aujourd'hui curé de Saint-Leu Saint-Gilles, chanoine honoraire de Bordeaux, croit et professe toutce que croit et enseigne la sainte église catholique, apostolique et romaine, ma mère, condamne tout ce qu'elle

condamne, et veux vivre dans le sein de cette sainte mère.

Je déclare mes dernières volontés par ces présentes. Je demande à être enterré dans le cimetière de la paroisse de Sceaux et que Ton m'y transporte après ma mort,quoique j'aye désiré l'être dedans celui de Vaugirard, car je ne crois pas qu'il reste à sa place.

J'institue pour mon légataire universel et seul héritier, mon neveu François Martinant de Préneuf, le seul qui porte mon nom ; tous ses sœurs et cousins ayant leurs biens, et n'ayant pas besoin de ma succession ; ses qualités me l'ont rendu aimable, ses soins me l'ont attaché.

Je lui donne tous mes biens et rentes dans lesquels je suis rentré en vertu de la loi d'indemnité. Je le charge des frais de mon inhumation et de toutes mes dettes passives, s'il en est d'activés, elles lui appartiendront.

Je le charge de régler avec mon successeur à Saint- Leu ce que je pense devoir à ma fabrique et qu'elle peut me devoir. Je donne et lègue au petit séminaire de Paris la somme de trois cents francs une fois payée.

Je recommande à mon successeur à Saint Leu de faire acquitter toutes les messes dont je pourrai être chargé ; mon neveu paiera la somme nécessaire.

Je donne aux pauvres de Saint-Leu la somme de deux cents francs une fois payée, cette somme sera comptée à mon successeur pour être administrée par lui seul, sans en rendre compte qu'à Dieu et à sa conscience.

Je laisse à la fabrique de Saint-Leu le tiers de mes aubes, surplis, rochets et mon camail ; ma belle étole pastorale d'or; mes étoles pastorales violette, brodée, noire brodée, ma chasuble brodée rouge et blanche, ma chasuble aurore et violette. Je donne à mon église de Vaugirard ma chasuble rouge et blanche ; le tiers

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de mes aubes, surplis et roche ts. Je donne aussi à mou neveu ma belle croix, contenant une parcelle de la vraie croix et de la couronne d'épine avec les brillants et la couronne pareille.

Je donne a mon église de Sceaux, mon étole deuxième (2 e ) brodée rouge et blanche, toutes mes aubes et soutanes d'enfant de chœur, le tiers de mes aubes et surplis et mes chasubles qui resteront.

Je donne deux cents francs pour être employés par mon successeur à la confrérie de la Sainte Vierge de Saint-Leu.

Je donne à l'église de Sceaux, trois cents francs une fois payés pour l'embellissement de la dite église ; de plus mes ceintures de soie blanche. Je donne à M. le curé de Sceaux, pour être administré par lui seul, sans en rendre compte qu'à Dieu seul, deux cents francs pour les pauvres de la paroisse, une fois payés. Je désire qu'ils soient employés pour les écoles, et particulièrement pour celle de M. Surateau, dans le cas qu'elle n'existerait plus, ce sera pour les pauvres des autres écoles.

Je donne ma pendule de la salle à manger pour la sacristie de Saint-Leu; plus, à M. le curé de Saint-Leu, c'est-à-dire à la fabrique, pour son usage, mon secrétaire, mon bureau et ma petite bibliothèque de bois de Saint-Leu, telle qu'elle est garnie, la troisième de mes glaces, mes flambeaux argentés, toutes mes tables et douze chaises.

Je donne aux quatre pauvres de l'église, chacun quarante francs une fois payés.

Je donne à ma fabrique de Saint-Leu mon portrait au pastel, plus mon porte-huilier pour l'usage de mon successeur à Saint-Leu.

Je donne aux sœurs de Saint-Leu, dites de Sainte- Marthe, tout mon linge, tout mon vin qu'elles partageront avec les sœurs de Saint-Sauveur, ainsi que

toutes mes confitures, elles s'en serviront et en feront part aux pauvres malades.

Je charge mon neveu de remettre à M. le curé de Cusset une relique de la vraie croix pour son église, où j'ai reçu le baptême ; il fera du reste de mon linge et de mes habits ce qu'il jugera à propos.

Telles sont mes dernières volontés qui, j'espère, seront exécutées fidèlement par mon neveu que j'institue mon exécuteur testamentaire, et je prie toutes les personnes auxquelles je donne quelque chose de prier pour moi, me réservant de faire un codicile si je le juge à propos.

Fait à Paris, rue de la Chamoserie. n° 10, mon domicile et le vingt-trois décembre mil huit cent vingtsix. Signé :

Martinant de Pheneuf, curé de Saint-Leu.

Au bas est écrit : « Enregistré à Paris le vingt-quatre septembre mil huit cent vingt sept, fol. 147, n° 8. Reçu cinq francs cinquante centimes, décime compris. Signé : Labourey. »

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