ER
Gemma =
D 2 qe 0 em ms mn A É
la loi nouvelle, et d’en demander la révision au congrès : mais, blessé de l’hostilité personnelle de la faction radicale, irrité de tant de projets et de résolutions visiblement dirigés contre sa politique, il se décida cette fois à prendre une revanche et à mettre son veto sur la loi. Il assembla ses ministres en conseil, et sauf MM. Harlan et Stanton, tous furent d'avis qu’il avait raison. Son message fut porté le lendemain au congrès. Quand le président refuse sa signature à une loi déjà votée, la constitution ordonne qu'elle soit remise en délibération dans les chambres, et admise en dépit de sa résistance, si elle réunit les deux tiers des suffrages. Or le président jouait gros jeu. La majorité des radicaux n’était guère douteuse, et s'ils faisaient encore passér la loi, il n’allait avoir d’autre alternative que l'abdication de la présidence ou l’humiliation d'obéir après avoir résisté.
Il fut sauvé par l’opinion publique. Le congrès, nommé il y a deux ans sous l'influence des passions guerrières, ne représente plus aussi fidèlement qu’autrefois les sentiments vrais du pays. Le président Johnson savait bien qu'il s’appuyait sur une puissance plus grande, et que, s’il succombait pour un jour, sa défaite ne serait pas de longue durée. Eux-mêmes, les radicaux, tout en votant des mesures extrêmes, sentaient le sol se dérober sous leurs pieds, et commençaient à se demander avec inquiétude si les élections du mois de novembre ne leur seraient pas contraires. Le veto du président, soutenu par de bruyantes manifestations populaires, put donc intimider les républicains modérés du sénat qui hésitaient encore à s’en faire un ennemi. Le cœur leur manqua à la dernière heure, et sept voix républicaines abandonnèrent la loi qu'elles avaient votée. 11 ne s’en fallait pourtant que de deux voix pour qu'elle fût admise, et l'on savait la ma-
son contrô
jorité rép veto part caux n'en Leur lead s'en veng d’une exc Sud. Le dement c sident des une mesu sénat se masse tou
La vict éclatante 4 tenu sans avaient pr leurs mun bout, auss malgré le faire trion raison à | déclarant ritoires, n pouvaient avec les € accueilli | joie. Part illuminati dent des son coura son triom infligé un
Igrès ; radi- Siblefois à loi. Il lan et | mesprésiastituns les si elle jouait teuse, ’autre humi-
ommé ières, senti-
bien
que, pas de otant
sous \quiéaient r de nider ore à nière a loi ie de ma-
jorité républicaine de la chambre prête à répondre au veto par un insultant défi. Ce revers inattendu des radicaux n'en suffit pas moins pour retourner la fortune. Leur leader éloquent et intrépide, M. Thaddeus Stevens, s’en vengea par des paroles amères et par la menace d'une exclusion plus rigoureuse des représentants du Sud. Le sénateur Wade proposa dans le sénat un amen: dement constitutionnel interdisant la réélection du président des États-Unis, sans cacher qu'il voulait en faire une mesure de représailles contre l’auteur du veto. Le sénat se donna même l’inutile plaisir de repousser en masse toutes les-nominations administratives soumises à
son contrôle.
La victoire du président Johnson n'en fut que plus éclatante et plus humiliante pour le congrès. Il avait soutenu sans fléchir l'assaut terrible que les radicaux lui avaient préparé. Ils avaient jeté tout leur feu, usé toutes leurs munitions, et le président Johnson était encore debout, aussi ferme que par le passé. La cour suprême, malgré les efforts de son président, M. Chase, pour y faire triompher les doctrines radicales, venait de donner raison à la théorie constitutionnelle de M. Johnson en déclarant que les États du Sud étaient non pas des territoires, mais des membres de l’Union fédérale, et qu'ils pouvaient renouer leurs anciennes relations judiciaires avec les cours des États-Unis. — Enfin le veto semblait accueilli par le peuple avec. d’unanimes transports de joie. Partout on faisait des meetings, des discours, des illuminations, des réjouissances. On envoyait au prési-
dent des députations et des adresses pour le féliciter de :
son courage, on tirait des salves d'artillerie pour célébrer son triomphe. La législature du Missouri avait d'abord infligé un blâme au président : le peuple de Jefferson
D D RS en -
ville, assemblé tumultueusement devant le Capitole, la força de voter séance tenante une salve de vingt et un coups de canon et une adresse en son honneur. On ne savait pas encore ce que pensait le peuple des campagnes, attaché de longue date à la politique républicaine et généralement fidèle aux radicaux; mais la populace des ‘ grandes villes saluait le veto du président comme une déclaration de guerre contre les noirs. L’animosité des races se réveilla soudain avec une force inattendue : on recommença à maltraiter les gens de couleur, à les outrager, à les chasser des lieux publics, à piller et à brûler leurs maisons. On put se croire un instant à la veille d'une guerre sociale, et Frederick Douglass, l’orateur du parti nègre, déclara, dans un meeting où il vint parler sous la protection de M. Chase, que la politique du président conduisait à l'extermination de la race noire. En même ‘temps la nouvelle du veto avait excité l'enthousiasme ct relevé l'espérance des esclavagistes rebelles. Ils célébraient avec bonheur la conversion du président Johnson à leur cause, et se disaient à présent les défenseurs dévoués de l’Union fédérale contre la rébellion des aholitionistes. On eût dit que par un soudain miracle tous les États loyaux étaient changés en États rebelles, et qu'au contraire les États insurgés du Sud étaient devenus les membres les plus loyaux et les plus zélés de l’Union.
Le président fut enivré de son triomphe. Le jour de la fête de Washington, des meetings devaient avaient avoir lieu dans toutes les villes des États-Unis pour chanter ses louanges. Le soir, une foule immense se rassembla dans le jardin de la Maison-Blanche. Lui-même, défiant à son tour ses adversaires, il prononca un discours où reparut toute l'éloquence furibonde de l'ancien sénateur du Tennessee. Il ne se conténta pas de glorifier sa vie passée
| huées de]
vain ! » Si
avec une désignant désunionis
deus Steve puis, rele Stevens, | citer cont gance jusq la patrie.
le peuple supplice !
provocatio ces violen dette d'in] Jl ne ta son-Blancl sanguinair démagogie doute qu'i parlant po magistrat retentir d' plorable e nion du p:
dit au té président succès O7:
dier les € États-Un peuple a cause na
pitole, la igt et un Dn ne sanpagnes, 1e el gélace des nme une sité des due : on | les ouà brûler Île d'une du parti ‘ler sous résident n même asme ct ls célé- Johnson urs dés aboli- Lous les t qu'au nus les ion.
ir de la it avoir iter ses la dans
t à son 'eparut u Tenpassée
| avec une arrogance et une inconvenance inouies, mais,
désignant un à un tous les chefs des radicaux comme des désunionistes et des rebelles, il livra grossièrement aux huées de la populace les trois noms respectés de Thaddeus Stevens, de Charles Sumner et de Wendell Phillips; puis, relevant le gant jeté dans le congrès par Thaddeus Stevens, 1l les accusa tous d’en vouloir à sa tête et d’exciter contre lui l'assassinat; il poussa même l’axtravagance jusqu'à offrir sa tête aux assassins pour le salut de la patrie. « Si je suis décapité, s’écria-t-il, je veux que le peuple américain tout entier soit présent à mon supplice! — Le sang des martyrs ne coule jamais en
vain ! » Si exagérées et si injustes qu'on les suppose, les
provocations des radicaux n'avaient jamais approché de ces violences : le président leur payait avec usure sa dette d'injures et de calomnies.
Ï ne tarda pas à s'en repentir. Le meeting de la Maison-Blanche avait applaudi avec fureur à ces imprécations sanguinaires. Emporté par le torrent de son éloquence démagogique, le président Johnson avait oublié sans doute qu'il n’était plus seulement un orateur populaire parlant pour une grossière multitude : il était le chef, le magistrat suprême d'un grand peuple, et sa parole allait retentir d'un bout du monde à l'autre. Prévoyant le déplorable effet qu'un tel discours allait produire sur l’opinion du pays, le ministre de la guerre, M. Stanton, interdit au télégraphe de le répandre. On en référa au président lui-mème, qui, tout échauffé encore de son succès oratoire, donna l'ordre de passer outre et d'expédier les dépêches. Le lendemain, tous les journaux des Etats-Unis publiaient sa° harangue scandaleuse, et le peuple américain, étonné, cherchait encore une fois une cause naturelle à l'accès de folie du président. Les démo-
crates surtout, qui étaient triomphants la veille, n'avaient plus rien à répondre à l’indignation des radicaux. L’Evening-Post, le journal du poëte Bryant, qui avait jusquelà soutenu fidèlement la politique présidentielle, déclara que le discours de M. Johnson était un déshonneur pour lui-même et pour son pays, et qu'il devait à l'opinion publique une réparation solennelle. Les radicaux regagnaient ‘ainsi en un jour tout le terrain qu'ils avaient perdu. .
Telle est la situation des partis. Leurs combats d’aménités américaines vont aboutir sans doute à un compromis. Si mal qu'ils soient ensemble, le président et le congrès ont besoin l’un de l’autre et ils sont obligés de s’accorder tant bien que mal. Dès le lendemain du discours, dans un caucus républicain tenu au capitole, il fut résolu qu’on profiterait de l'avantage pour offrir au président l'admission des membres du Tennessee en gage de réconciliation et de concorde, à condition qu’il accepterait lui-même le principe de la politique radicale. Un rapport du comité de reconstruction à donné ce conseil aux deux chambres, tout en maintenant sans réserve les droits absolus du congrès et l’exclusion systématique des autres députés du Sud. Dans le sénat, M. Wilson a proposé sur la question du bureau des affranchis un bill radouci qui en allonge les pouvoirs pour deux ans seulement, et sans y rien ajouter de nouveau : on assure qu'une loi de ce genre pourrait être ratifiée par le président. Quant à l'amendement électoral voté il y a un mois dans Îa chambre, le sénat écarte cette cause de discorde par un vote où les radicaux avancés donnent la main aux démocrates extrêmes. C’est M. Sumner lui-même qui a com-
battu et fait échouer la mesure en proposant une loi :
fondée sur l’amendement constitutionnel abolissant l’es-
‘clavage,
nopole, »
fût privé race ou d et absolu rieusemel les prinei préambul outre elle au congri forme de droit qu'i plication $ sant l’escl core une Il veut res
C’est d que la ch:
loi destiné droits civ forme d'u ainsi au € forme d'u civile et jt et elle ét:
les magis on ne pol tions lég:
tion. Si démocrat rigible do pouvoir :
appuyait
l'avaient . L'Evejusquedéclara eur pour opinion X rega-
avaient
s d’amé- :ompront et le ligés de du disle, il fut u prési-
sage de iccepte-
n rapseil aux s droits
autres osé sur DuCi qui et sans i de ce Quant à lans la par un démoà com-
ne loi :
tl’es-
APRÈS LA GUERR: 485
clavage, pour interdire « toute oligarchie, caste ou monopole, » et ordonner qu'en conséquence « personne ne fût privé des droits civils et politiques pour cause de race ou de couleur. » C’était proposer l'égalité immédiate et absolue des deux races. M. Sumner a prouvé victorieusement que cette loi radicale était seule d'accord avec les principes de la déclaration de l'indépendance et du préambule de la constitution des États-Unis, — qu’en outre elle résultait naturellement de l'obligation imposée au congrès de garantir à tous les États de l’Union une forme de gouvernement vraiment républicaine, et du droit qu’il avait de pourvoir par des lois nouvelles à l’application sincère de l'amendement constitutionnel abolissant l'esclavage; mais le sénat s'est décidé à ajourner encore une fois l'égalité que réclame une justice rigoureuse. Il veut rester d'accord avec l'opinion du pays.
C’est dans la même pensée de modération et de sagesse que la chambre des représentants a modifié et adouci la loi destinée à garantir aux affranchis le plein exercice des droits civils. Cette mesure, proposée d’abord sous la forme d’un amendement à la constitution, et soustraite ainsi au contrôle du président, n’a été votée que sous la forme d’une loi. Elle conférait aux affranchis cette égalité civile et judiciaire que M. Johnson lui-même avait désirée, et elle établissait des peines spéciales pour les juges ou les magistrats récalcitrants des États du Sud. Cette fois, on ne pouvait accuser le congrès de sortir de ses attribu = tions légales, ni de blesser les principes de la constitution. Si la loi pouvait encore être condamnée par les démocrates extrêmes, au nom de cette absurde et incorrigible doctrine des state-rights qui refuse à l’Union tout pouvoir sur les États qui la composent, elle ne s’en appuyait pas moins solidement sur l'amendement consti-
tutionnel de l’année dernière, qui n’abolit pas seulement le mot d’esclavage, mais assure au congrès le droit de veiller et de pourvoir à la liberté des affranchis. Les radieaux ont pour eux l'évidence, et nul ne croyait que le président Johnson pût refuser son approbation à la loi nouvelle. 1] y a pourtant mis encore une fois son veto ; mais aujourd'hui l'opinion du pays l’abandonne, et il faut espérer que le congrès ne reculera plus devant sa résistance aveugle (4).
Telle a été jusqu’à présent la réponse des républicains radicaux au discours de la Maison-Blanche. [ls n’ont pas pris la peine de se disculper d'une accusation aussi odieuse et aussi extravagante. Le sénateur Sherman a dit seulement avec un dédain suprême que les imputations du président étaient ridicules et qu'il ne voulait pas en parler. M. Thaddeus Stevens à même poussé l’ironie jusqu'à dire que ce discours n'existait pas, et que ce n’était qu'une invention des copperheads pour déshonorer le président. Ils cherchent à faire un compromis honorable, sans s’avilir par des récriminations superflues. Le seul droit qu’ils maintiennent et qu'ils ne veulent pas abandonner, c’est celui de refuser aux députés du Sud l'accès du Capitole et de leur imposer par là telles conditions qui leur plaisent. Ils sont inexpugnables dans cette enceinte, et le président ne songe pas à les y poursuivre. Aussi le sénateur Wilson, qui avait montré tant de modération et de sagesse en ouvrant lui-même au président la voie des
(4) On sait qu’en effet le sénat et la chambre viennent d’annuler le velo du président et annoncent la volonté de rester en session jusqu’au mois de novembre, si leur présence est nécessaire pour assurer l'exécution de la loi. On espère que M. Johnson s’y soumettra de bonne grâce et ne mettra pas le congrès dans la grave nécessité d’user contre lui de l’impeachment.
quer sans
concessio résolutiot rentrer d tous les di litiques à fédérale o par quelle tion du S aux radic:
doit de v les député Capitole e teurs. Il s parassent
rigoureux leur fasse que le. pr qu'il y ait hommes e rement à | abolitionis l'indifférer l'avenir el dit : « Pé toucher a États!»
titué un opprimée droits les célébrée « rait été alc
Cepend
lement roit de 8 radique le à la loi a veto; til faut | r'ésis-
olicains ont pas À Aussi an à dit tations pas en ie jusn'était prer le prable, e seul abanl'accès ns qui ceinte, ussi le tion et Die des
t d’anster en néces- . Johnongrès ni.
concessions réciproques, en est-il venu à proposer des résolutions pour obliger les États du Sud, s’ils veulent rentrer dans le congrès, à accorder aux gens de couleur tous les droits civils et judiciaires, et même les droits politiques à ceux qui savent lire, qui ont servi dans l’armée fédérale ou qui sont inserits sur les rôles de l'impôt. Voilà par quelle résistance le congrès pourra vaincre l’obstination du Sud. Déjà ses efforts n'ont pas été stériles : c’est aux radicaux non moins qu’au président lui-même qu’on doit de voir aujourd’hui l'autorité nationale triomphante, les députés du Sud agenouiliés en prière à la porte du Capitole et les révoltés d'hier devenus d'humbles sollieiteurs. Il serait ficheux assurément que les radicaux s’emparassent du gouvernement et qu'ils tentassent d’appliquer sans ménagement aux Etats du Sud leurs principes
rigoureux et inflexibles ; mais on ne peut regretter qu'ils
leur fassent expier par une plus longue attente un crime que le. président Johnson a pardonné trop vite. Il faut qu’il y ait toujours, à côté de ceux qui gouvernent, des hommes exigeants et impitoyables qui les rappellent durement à leurs devoirs. Sans l'opposition continuelle des abolitionistes, on devine facilement à quoi aurait abouti l'indifférence bien connue du président Johnson pour l'avenir et l'existence même de la race noire. Il aurait dit : « Périssent plutôt tous les nègres de la terre que de toucher au moindre privilége ou au moindre droit des États! » Il aurait, comme il l'a déclaré lui-même, « constitué un gouvernement d'hommes blanes, » où la race opprimée n'aurait trouvé aucune protection pour ses droits les plus élémentaires, et l'abolition de l'esclavage, célébrée comme un acte d'humanité et de justice, n’aurait été alors qu'une immense extermination.
Cependant la reconstruction s'achève à la faveur
même des luttes parlementaires qui ont semblé l'entra.. ver. Tout en livrant bataille au congrès, le p:sident continue à dénouer l'un après l’autre les liens temporaires qu'il avait mis aux libertés des États rebelles. Il révoque un à un les gouverneurs provisoires de la Géorgie, du Miséissipi, des deux Carolines; il rend au Texas ses assemblées représentatives. Il eût mieux fait peutêtre de suivre une autre politique et de prêter plus souvent l'oreille aux avis des radicaux; le coup de tête qu'il vient de faire est un acte de rancune étroite et de colère aveugle. Toujours est-ilque sa politique, bonne où mauvaise, a réussi jusqu’à ce jour, que ses fautes même n’en peuvent plus guère compromettre le succès, qu'enfin l’Union est sauve, el qu’il serait imprudent de revenir en arrière pour courir les dangers d'une expérience nouvelle.
Dans tout le cours de cette longue et difficile campagne, on a vu les partis se mouvoir et s'attaquer sans relâche, et concourir cependant tous ensemble à l’œuvre de la reconstruction. Le président Johnson à paru ineliner tantôt vers les radicaux, tantôt vers les démocrates, et tenir en définitive la balance égale entre Les partis. D'abord on l’a entendu prononcer des 5s'es «evères, pleines de menaces de vengeance qu’il n’a pas accomplies; on l’a vu ensuite Se tourner vers les gens du Sud, leur offrir des conditions inespérées , et se constituer leur défenseur pour mieux devenir leur maître. Enfin, quand il les à vus engagés, il leur a faït sentir le fouet et la bride, tan-
dis que empéch:
régulière commun désorga rebelles le passé.
grande p des cheï faire cor Mais le 1 permette volonté mêlée des tumulte bler les 1 balance o nion, l'éc se connait dangereu:
ne gênen trent au 1 puie, elle:
forces dor entendre des histri reux pou lence et 1 embarras avec les d’avoir re des résist Je ne s:
l'entra.- -sident tempoelles. Il à Géoru Texas It peutus souêle qu'il e colère pu mauie n’en qu'enfin venir en € nou-
pagne, elâche, e la rer tantôt tenir en donl'a de me-
l'a vu Frir des fenseur 1 les à , tan-
dis que Les radicaux derrière lui jetaient feu et flamme et empéchaient sa sévérité de s'endormir. Dans cette mêlée régulière, tous les partis ont joué leur rôle et servi l'œuvre commune. Il n'y à pas jusqu'aux démocrates vaineus et désorganisés qui n’aient contribué à la pacification des rebelles en leur tendant une main fraternelle comme par le passé. L’honneur doit sans doute en revenir, pour une grande part, à l’homme remarquable qui a su guider, par des chemins différents, toutes ces armées hostiles et les faire combattre côle à côte contre l'ennemi commun. Mais le mérite en est surtout à ces institutions libres qui permettent à toutes les opinions de se produire et à la volonté nationale de chercher sa voie au milieu de la mêlée des partis. Ces luttes politiques bruyantes, dont le tumulte peut quelquefois assourdir les oreilles et troubler les méditations des hommes d'État, sont pourtant la balance où s’équilibrent les puissances cachées de l’opinion, l'école où la pensée publique se forme et apprend à se connaître avant d'agir. À vrai dire, dans les occasions dangereuses et solennelles, elles facilitent plutôt qu’elles ne gênent l’œuvre de celui qui gouverne ; elles lui montrent au moins la voie où il s'engage et le sol où il s'appuie, elles lui découvrent les obstacles de la route et les forces dont il dispose pour les surmonter; elles lui font entendre enfin la voix du pays lui-même, au lieu de celle des histrions et des adulateurs. Rien n’est plus dangereux pour ceux qui gouvernent que d'agir dans le silence et la solitude de leur pensée. Aussi, malgré les embarras et les agitations quotidiennes de ses démélés avec les partis, le président Johnson doit-il s'applaudir d’avoir rencontré à chaque pas des avertissements et des résistances qui lui ont été salutaires.
Je ne sais pourquoi l’on s'imagine que les hommes per-
dent en prudence tout ce qu'ils gagnent en liberté, et que le meilleur moyen de les conduire est de leur boucher les yeux et les oreilles comme à des chevaux vicieux. Si cela était, le président Johnson aurait eu tort d'appeler les hommes du Sud, au lendemain de la guerre, à reprendre l'exercice de leurs anciens droits politiques et de les inviter à voter eux-mêmes dans des assemblées délibérantes les réformes qu’il pouvait leur imposer par la force. Il a eu confiance dans l'autorité de la raison et dans la puissance conservatrice de la liberté. Le bruit du canon s’éteignait à peine, les fermes et les villages brûlés par les armées fédérales flambaient encore dans les campagnes, que déjà les citoyens commençaient à s’assembler, à discourir, à voter des résolutions, à nommer des magistrats municipaux. L'habitude du self-government survivait à tous les désastres. Ni la chute du gouvernement sécessioniste, ni l’humiliation de la défaite, ni l'invasion, ni la conquète, ni la famine même et la misère qui menaçaient les Etats du Sud, — rien ne pouvait élouffer ce germe indestructible d indépendance et d'ordre légal. Sous les ruines de la grande société détruite, la petite restait debout et reprenait vie toute seule. En quelques jours, tout était rétabli : le peuple nommait des conventions, des chambres législatives, et l'homme qui la veille encore portait la carabine et l’unifurme confédéré venait paisiblement s’asscoir dans une assemblée pour changer les luis de son pays. Il y arrivait souvent rebelle au fond de l’âme, décidé d'avance à üne résistance aveugle, et il s’en retournait prêchant la concorde et la soumission : c’est que dans l'intervalle il avait vu les nécessités, com pris les dangers, manié les intérêts et les passions du jour. En moins d’un an, tout le Sud était rentré sous l'autorité légale et dans l’'exrreice tranquille de ses libertés.
Voilà le américa militaire
C'est de se fi propre a hommes qu'aux € j'avoue « je ne pot sanglant démolies quelques verain, 1 contre la fût coupa
Iyal cratie am qu'elle do treprises ensemble mais on st
sévères v
des indivic
plement c
des profits
tats génér':
l'entreprer machines ; qui croit
Vous ne c
qu'au prix
l'une et l’a
é, etque ucher les x. Si cela peler les eprendre les inviibérantes orce. Il a s la puison s’éteis par les mpagnes, er, à disnagistrats urvivait à nt sécesasion, ni ui menaouffer ce re légal.
la petite quelques convenla veille ré venait changer au fond ole, etil 1ission :
18, COMæ sions du ous l’aulibertés.
Voilà le spectacle unique et admirable que la démocratie américaine vient de donner au monde. Quel despotisme militaire aurait pu en faire autant?
C'est une erreur malheureusement trop commune que de se figurer la démorratie comme l’état social le plus propre aux révolutions et aux guerres civiles. Il ÿ a des hommes qui’ aiment assez la liberté pour admirer jusqu'aux excès les plus graves du gouvernement populaire; j'avoue que je ne suis pas de ce nombre, et que nulle part je ne pourrais me résigner à voir la liberté tourner en un sanglant carnaval. Ces meurtres publics, ces maisons démolies, ces insurrecfions des rues, qui semblent à quelques hommes autant de passe-temps du peuple souverain, me paraitraient au contraire un argument grave contre la liberté politique, s'il était démontré qu’elle en fût coupable.
IL y a bien des manières différentes d'admirer la démocratie américaine. Chacun reconnaît sa puissance, l'essor qu'elle donne à toutes les énergies, la hardicsse des entreprises qu'elle encourage, et consent à voir dans cet ensemble hétérogène le signe d’une certaine grandeur; mais on se hâte alors d'ajouter : « Vous n'êtes pas assez sévère ; vous ne tenez compte ni des détails négligés, ni des individus écrasés dans la masse; vous faites tout simplement entrer chaque injustice en balance, au compte des profits et pertes, pour ne vous arrêter qu'aux résul= tats généraux. Votre politique ressemble à la morale de l'entrepreneur de chemins de fer qui ne répare pas ses machines avant qu'elles n'aient causé mort d'homme, et qui croit avoir fort bien agi, s’il réalise une économie. Vous ne croyez pas plus à la valeur absolue de la justice qu'au prix infini de la vie humaine; vous les évaluez l'une et l’autre en dollars, et vous les pesez dans le même
plateau que le coton et le pore salé. Votre gouvernement est moins encore celui de la liberté que celui de la concurrence. Il est comme le vent qui souffle sur le feu et lui donne une plus violente activité ; mais il fait de la société un champ de bataille toujours couvert de morts ou de mourants. » — Telle est, chez nous, si je ne me trompe, l'opinion commune des honnêtes gens.
Cette opinion a fait son temps. Il ne suffit plus aujourd'hui de regarder les Américains comme de puissants instruments de travail, comme un peuple d'animaux éner- "giques et industrieux, et de leur accorder cette espèce d'admiration méprisante qu'on a pour un fort de la halle ou pour un boxeur vigoureux. Ils viennent de prouver, par quatre années de la plus terrible épreuve à laquelle aient Jamais été mises la constance et la liberté d’un peuple, qu’ils ont d’autres vertus que le courage animal ou l’avidité hardie. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir la persévérance, la sagesse, le dévouement, le patriotisme, la modération même et l'amour de l'ordre qu'ils ont montrés à l'étonnement du monde et à la confusion de ceux qui prédisaient leur ruine. Je ne connais pas de plus grand spectacle que celui de cette élection du président Lincoln faite pour ainsi dire sous le feu de la guerre civile avec tout le calme, tout le sang-froid, toute la sérénité des volontés inébranlables, Avons-nous beaucoup de pareils exemples à leur offrir ?
Les Américains ont leurs défauts dont je ne veux pas uier l'importance. Il est permis à un Français nourri à l'école de nos mœurs bourgeoises de trouver parfois choquante la brutalité des mœurs populaires et de se fatiguer à la longue de la grosse nourriture intellectuelle qui plait à la démocratie. Il faut cependant prendre garde d’avoir trop de délicatesses, de confondre de simples répugnances
fs
avec d qui ca quand dressé de l’ar il faut les foré lois, ve Les An dévelop de leur Le g
c'est qu’
La libe
forme a surtout « a dit qu n’a jam:
bilité mé ce peuple est à la pas vus « armées $ crifices, ent fini} Sud, ins( elle pas
sont Capa et coutint cratie vér le gouver gouverne s'y retren
nement la coneu et lui | Société S ou de trompe,
aujouruissants 1x énere espèce Ja halle prouver, laquelle rlé d’un e animal r ne pas e patriore qu'ils a confuinais pas ction du eu de la id, toute us beau-
eux pis nourri à fois chofatiguer qui plait d'avoir gnances
avec des jugements sérieux. Le premier soin d'une armée qui campe cst de faire du bois et des vivres. Plus tard, quand la soupe sera cuite, et que chacun aura solidement dressé sa tente, alors on pourra songer aux jouissances de l’art et aux raffinements de la pensée. En attendant, il faut prendre la carabine, manier la cognée, défricher les forêts, bâtir des villes, fonder des États, fabriquer des lois, veiller au gouvernement et à la grandeur nationale. Les Américains sont un peuple jeune, qui grandit et se développe encore; attendons pour les juger la perfection de leur âge mûr.
Le grand mérite enfin de la démocratie américaine,
est qu’elle excelle à former des hommes et des citoyens.
La liberté ues peuples n’est pas tout entière dans la forme apparente de leurs institutions; elle est aussi et surtout dans le caractère de ceux qui les pratiquent. On a dit que les Américains étaient grossiers et avides; on n’à jamais pu nier ni la prodigieuse activité que l'instabilité même du caractère démocratique imprime à tont ce peuple en travail, ni cette confiance en lui-même qui est à la fois une force et une vertu. Ne les avons-nous pas vus dans cette guerre entasser millions sur millions,
armées sur armées, décupler leurs efforts avec leurs sacrifices, et tourmenter si obstinément la fortune qu'ils ent fini par en venir à bout? La résistance des gens du Sud, insensée, criminelle, mais héroïque, ne montre-t-: elle pas elle-même de quelle discipline les Américains sont capables? Tout cela tient à la pratique journalière et coutinuelle de la liberté. Sous le règne de la démocratie véritable, le peuple ne voit pas dans l'autorité qui
le gouverne une puissance étrangère ou ennemie. Le gouvernement est sorti de son sein, il s’y renouvelle et s'y retrempe sans cesse, et comme tout le monde a con-
tribué à l’établir, tout le monde accourt à son aide le jour où le gouvernement est menacé. I] suffit d’un coup d'œil pour sentir l’espace immense qui sépare cette société de la nôtre. Quand les portes de la Maison-Blanche s’ouvrent à la multitude ei que le peuple américain tout entier vient librement serrer la main du président qu'il a élu, ce n’est pas une formalité ridicule et vaine; c’est le signe et le symbole de l'union démocratique du gouvernement et des gouvernés. On y honore le pouvoir nôn pas sous l’image d’un soldat en uniforme ou d’un prince en manteau royal, mais sous la forme d'un simple homme du peuple, d'un fils de ses œuvres, d'un ancien laboureur comme André Jackson, d’un bûcheron comme Abraham Lincoln, d'un garçon tailleur comme André Johnson. Ces grands hommes de la démocratie se sont formés modestement dans l'exercice ‘quotidien de leurs droits politiques; ils ne doivent leur fortune qu'au libre choix de leurs concitoyens. Ils se sont élevés peu à peu de la commune au comté, du comté au gouvernement de l'Etat, de l'État au gouvernement fédéral ; c'est par la pratique seule que s’est achevée cette admirable éducation politique qui fait l'étonnement des nations novices dans l'art de la liberté. Personne jamais ne leur reprochera leur humble origine ni l'insuffisance d’une science théorique inutile pour faire de bons citoyens. Personne non plus n’enviera jamais leur fortune, car elle n’est pas le privilége de la richesse ou de la naissance, ni même le monopole naturel d'une éducation raffinée. Nul préjugé ne leur en interdit la conquête, et chacun peut s'élever librement jusqu'au faite de la société sans rencontrer ces barrières morales, ces jalouses divisions des classes qui subsistent chez nous comme l'ombre obstinée de l'ancien régime.
La d dament de l'en riches les autr pour êt taire y la mass L'égalit:
crainte ( par les’ dans les âmes. À funeste affaiblit pendanc.
mune.
Combi une idole
et dont il
c'est la ci
de notre ; l’art cons par une $&
ments. U
avant ses
lier ensem
régime, il
et le COrps
alors l’uni
moindre b:
épouvanté
Cepend:
ride le À COUP tte soanche in tout nt qu'il : c'est lu gouoir nôn prince homme laboue Abraohnson.
formés s droits re choix eu de la » l'État, ratique bn polians l'art ra leur Léorique on plus e privimonojugé ne s'élever
contrer classes de l’aii-
La démocratie américaine ne connaît pas ce vice fondamental de la société française, cette déplorable passion de l'envie qui rend si difficile chez nous la liberté. Les riches et les pauvres n’y sont pas armés les uns contre les autres comme des hommes de races différentes et nés pour être ennemis. Les mots d’aristocrate et de prolétaire y sont également inconnus. Tout le monde sort de la masse du peuple et y rentre également sans peine. L'égalité n’y est pas une vaine apparence imposée par la crainte d’une démocratie menaçante et sourdement agitée par les haines sociales. On n’y voit point de distinctions dans les mœurs, mais il n’y en a pas non plus dans les âmes. Aussi leg Américains n'éprouvent-ils jamais ce funeste sentiment d'égoisme qui désunit les classes et affaiblit la société. Ils sont unis dans une mutuelle indépendance au lieu d’être divisés dans une sujétion commune.
Combien nous leur ressemblons peu ! Il y a chez nous une idole devant laquelle notre démocratie se prosterne, et dont il est sacrilége de discuter seulement la tyrannie : c'est la centralisation moderne, qu'on dit être l'héritage de notre glorieuse révolution. C’est un système dont tout l'art consiste à remplacer la vie naturelle d'un peuple par una savante machine qui en imite tous les mouvements. Un pays centralisé est comme un homme qui, ayant ses deux jambes, trouverait plus commode de les lier ensemble et de les remplacer par des béquilles. A ce régime, il faut s’y attendre, la vie se retire des membres et le corps s’atrophie. Le repos et le silence deviennent alors l'unique désir, l'unique besoin des peuples. Le moindre bruit de liberté qui s'élève bouleverse le monde épouvanté. | Cependant les inimitiés sociales continuent à travailler
sourdement. On entend parfois gronder le murmure des “ révolutions. Le pauvre veut dépouiller le riche, le riche ne songe plus qu’à se défendre, à se barricader contre le pauvre et à le tenir éloigné du pouvoir. Toute la politique du pays roule sur les plus basses des passions humaines : la cupidité, l'égoïsme et l'envie. Les conservateurs, effrayés de l'invasion prématurée du torrent démocratique, se jettent volontiers dans les bras d’un pouvoir fort qu’ils supplient de les protéger. Les classes inférieures prennent l'habitude de l'obéissance passive ou de la licence anarchique, le mépris des droits légaux et .de la Hberté régulière, et élles ne: voient leur salut que dans quelque heureux coup de fortune qui leur permette de satisfaire en un jour toutes leurs passions mauvaises. De quel nom faut-il appeler une société pareille? Un grand écrivain moderne, qu'æpréoceupé toute sa vie l'avenir de la démocratie et qu'on ne s’étonnera pas d'entendre citer à propos de l'Amérique, Tocqueville, nous l’a dit en termes ineffaçables : « Une pareille société n’est, pas démocra-
tique, mais révolutionnaire. » Faut-il donc désespérer de Meeti ces sociétés malades et voir dans l’enfantement de la dé- ie mocratie un obstacle éternel. à la liberté? Si tel était des l'enseignement véritable du spectacle que nous avons sous pe les yeux dans notre pays, il serait bon d’en détourner si
Un
souvent notre pensée et de songer avec espoir à la grande et encourageante expérience que vient de faire pour le monde moderne la libre démocratie d'Amérique.