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CHAPITRE IX. - TRAVAUX DE GAPTAGE

trouble de la Brenta a pu être remplacée entièrement par celles, infiniment supérieures, que M.Lavezzari a su tirer de la plaine de Sant' Ambrogio par ses nombreux pozzetti, de 0 m. 08 à 0 m. 10 de diamètre, descendus à 42 ou 15 mètres de profondeur^ et qui débitent moyennement 1 litre par seconde. Cet exemple a été suivi avec succès dans la plaine du Danube, où l'on vient de créer, pour la ville de Bucarest, une alimentation nouvelle dans des conditions analogues. Le même procédé a trouvé des applications sur divers points en Allemagne, à Buenos-Ayres, etc.

Dans le cas général, il faut recourir à la sonde, qui permet seule d'atteindre les profondeurs considérables où Ton va chercher parfois les eaux artésiennes, et qui a donné à leur emploi une extension insoupçonnée tant qu'on en était réduit aux procédés primitifs, employés dès le xn*" siècle dans l'Artois et renouvelés soit des Chinois, soit d'autres peuples de l'antiquité. Le grand avantage des nappes jaillissantes, qui est d'éviter les frais d'élévation de l'eau, a eu pour effet d'en multiplier les applications ; et les puits artésiens sont utilisés couramment dans tous les pays, pour l'industrie, Fagriculture, l'alimentation des villes : ils rendent des services précieux, dans certaines contrées desséchées, comme le Sahara ou la région aride des Etats-Unis ; ils constituent pour les établissements isolés, usines, hôpitaux, etc., une ressource fort appréciée. Ils ont contre eux, d'autre part, Taléa inséparable de la recherche des eaux profondes, la qualité souvent médiocre et la température toujours élevée de ces eaux, puis aussi l'abaissement progressif du débit, fréquemment observé, et qu'il faut attribuer, soit à l'insuffisance d'alimentation des nappes, soit à l'influence réciproque des puits percés en trop grand nombre ou à intervalles trop rapprochés.

Primitivement, on creusait les puits artésiens comme les puits ordinaires, jusqu'au moment où Ton rencontrait la couche imperméable recouvrant la nappe jaillissante : à partir de ce moment, on ne continuait le percement qu'avec de grandes précautions, et, lorsqu'un premier filet d'eau apparaissait, les ouvriers se sauvaient au plus vite. Le procédé n'était pas sans danger ; il n'est d'ailleurs applicable que lorsqu'il n'y a pas de nappes supérieures tant soit peu abondantes. La sonde, manœuvrée du haut,

procure au contraire une sécurité complète^ et les perfectionnements apportés à cet eng^in n'ont pas moins contribué que les progrès de la géologie à répandre l'usage des puits artésiens.

Il est à recommander, avec Dupuit, de placer ces puits en des points aussi bas que possible, afin d'en diminuer la profondeur et la dépense ; il est relativement facile d'utiliser ensuite à volonté la force ascensionnelle de l'eau pour la diriger vers les points élevés où l'on doit en faire usage. En pratique, on tend à leur donner d'assez forts diamètres, non pas tant pour en augmenter le débita qui est tbéoriquement indépendant des dimensions, mais à cause des facilités qui en résultent pour l'exécution du travail et aussi en vue de réduire les pertes de charge dues à Técoulement dans un tuyau de grande longueur. Fréquemment il se forme une poche à la base de la colonne, grâce à l'entraînement des sables par l'eau jaillissanle : c'est l'origine d'une désagrégation due à l'afflux des filets liquides et qui se continue parfois longtemps, déterminant des éboulements, des montées de sable dans le puits, et par suite des obstructions inopinées dont la force ascensionnelle de l'eau n'a pas toujours raison et qui peuvent réduire ou supprimer le débita jusqu'au rétablissement naturel ou artificiel du régime normal.

Malgré les progrès de la science et de l'outillage modernes, le percement de grands puits artésiens est encore une opération très délicate, exposée à de nombreux accidents. Un exemple classique, maintes fois cité à cet égard, est celui du puits de Grenelle, commencé à Paris en 1833 et qui n'a été terminé qu^en 1852^ bien que l'eau y ait jailli dès 1841 : les incidents y ont été nombreux, rupture de la sonde à 115 mètres de profondeur, écrasement du premier revêtement en cuivre, inclinaison du nouveau revêtement en fer, etc. ; grâce à des efforts persévérants et à plus d'un expédient ingénieux, on n'en est pas moins parvenu à la couche aquifère, les sables verts, après avoir traversé les terrains tertiaires, la craie, le gault, sur une profondeur de 549 mètres ; et l'eau s'y élève à 38 mètres au-dessus du niveau du sol.

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