CHAPITRE X. — AiAIÉLlORATION DES EAUX NATURELLES
fat appelée sur la très faible diminutioQ de la matière organique dissoute dans les filtres, et par suite on s'attacha surtout, pendant quelques années, à protéger les eaux destinées au filtrage contre les causes extérieures de contamination, en même temps qu'on tendait à augmenter encore l'épaisseur de la couche de sable lin. Les révélations de l'analyse micrographique ont déterminé ensuite un mouvement inverse, en démontrant que le liltrage débarrasse presque complètement l'eau des microbes qu'elle renferme (jusqu'à 999/1000), et cela quelle que soit l'épaisseur de la couche de sable ; cet effet serait du à la couche mince et visqueuse qui se forme, au début de l'opération, à la surface du sable, dont le rôle se réduirait dès lors à celui d'un support à peu près inerte. On crut même un moment que tous les microbes de l'eau brute sans exception étaient retenus de la sorte à la surface du sable et que le petit nombre de microorganismes trouvés dans l'eau filtrée provenaient dés couches inférieures du filtre ou des collecteurs ; mais des expériences instituées à l'usine de Stralau (Berlin) par MM. Fraenkel et Piefke en 1890, au moyen de cultures de microbes spécifiques, montrèrent que les filtres en laissaient toujours passer une minime proportion, et en 4892 la station d'essais de Lawrence (Massachusetts) confirmait ce résultat. On en est là aujourd'hui, et l'on admet en général que l'élément actif des filtres à sable réside bien dans la pellicule visqueuse déposée à la surface, qui retient la presque totalité des microbes mais laisse passer la majeure partie des substances dissoutes. Depuis peu cependant on tend de nouveau à renforcer la couche de sable, soit pour obtenir une plus grande régularité dans l'écoulement, soit par égard aux actions biologiques qu'on suppose devoir s'y produire.
C'est de ces considérations qu'on s'inspire actuellement dans rétablissement et l'exploitation des filtres. La couche de sable fin reçoit une épaisseur de 0 m. 50 au moins, et qui va parfois jusqu'à 0 m. 80 ou 0 m. 90, et l'on continue à la faire reposer, suivant le dispositif originel, sur des couches de matériaux de grosseurs croissantes^ gravier fin, gros gravier, galets, afin que l'eau y trouve un écoulement facile sans entraînement du sable ;
au-dessous une couche nnince de moellons, ou un double cours de briques posées à sec, recouvre le radier en maçonnerie et
enserre les collecteurs ou drains chargés de recueillir l'eau filtrée et de la conduire au dehors. Un autre dispositif, imaginé et appliqué pour la première fois à Ivry en 4903, consiste à remplacer l'ensemble des couches inférieures par un plancher perméable en dalles de béton armé de 0 m. 07 d'épaisseur, ce qui permet de gagner 0 m. 35 environ sur la hauteur totale. La tranche d'eau maintenue au-dessus de la surface du filtre pendant son fonctionnement est réglée de manière que son épaisseur atteigne au plus 1 mètre. Le tout est disposé dans des bassins en maçonnerie ou en ciment armé de forme généralement rectangulaire, dont les dimensions varient suivant les cas, mais qui doivent être toujours en nombre tel qu'un ou plusieurs d'entre eux puissent être mis hors service pour nettoyage ou réparations, sans que la production normale d'eau filtrée s'en ressente. Ces bassins sont habituellement découverts, et quelques auteurs estiment qu'en cet état ils profitent de l'action favorable des rayons solaires ; mais dans les pays froids^ oij il faut tenir l'eau à l'abri de la congélation, de même que dans les contrées tropicales, où l'on redoute un échauffement exagéré, force est de les