CHAPITRE XI. — ADDUCTION DES EAUX PAR LA GRAVITE
de fuite, puisqu'on peut resserrer les joints par un simple matag-e. En dehors des joints ordinaires, on a parfois recours, dans des cas particuliers, à des joints spéciaux, soil i^igides précis^ avec des tuyaux dressés au tour et s'emboîtant exactement sans interposilion d'aucune matière plastique, soit au contraire flexibles ou articulés en forme de rotules : mais ces dispositions ne sont employées que très rarement, dans des circonstances exceptionnelles. Récemment, et en vue d'aborder des diamètres supérieurs à
1 m. 10 sans exagérer les épaisseurs, on a imaginé d'employer la fonte frettée^ ou plus exactement renforcée de distance en distance par des bagues d'acier : le siphon de Maurecourt, de
2 m. de diamètre (émissaire général des eaux d'égout de Paris), les siphons de 1 m. 25 et 1 m. 50 de diamètre de la dérivation du Loing et du Lunaio, construits au moyen de tuyaux de ce type^ ont donné d'excellents résultats.
La tôle de fer ou décider permet de résoudre le même problème, et depuis longlemps on l'ulilise en assemblant les viroles par le moyen de rivures, soit pour construire des tubes de tous diamètres et de toutes longueurs, capables de résister aux plus hautes pressions, soit pour jeter au-dessus des cours d'eau ou des ravins des conduites rigides de longue portée. Les progrès de la métallurgie semblent ouvrir à cet égard de nouveaux horizons: déjà l'on fabrique en Allemagne des tuyaux en acier de grande dimension, obtenus soit par soudure au chalumeau, soit par d'autres procédés, et l'on entrevoit t'époque peut-être assez prochaine où les tuyaux d'acier, plus résistants sous un moindre poids, parlant plus légers, plus faciles à manier, et surtout moins cassants, tendront à se substituer avec avantage à la fonte dans un grand nombre de cas, surtout pour les conduites forcées de gros diamètres. L'inconvénient du fer et de l'acier est la facilité relative avec laquelle ils se laissent attaquer par la rouille ; aussi s'est-on ingénié à les protéger par des revêtemonts spéciaux : c'est ainsi que s'explique la vogue dont les tuyaux Chameroy ont à certain -^àJ^^iii^i^iJiimrc^Js^^^mm^ moment joui en France ; ce sont des tuyaux en tôle mince
plombée, enduits intérieure- ri.nn'n,wm>, '^Av.v.v./...;.y.^^^././i/^/yv.v..v-Av.v,7,..,;^/,v,/.;.v.
PREMIÈRE MRTIÈ. - HYDROLOGÎÉ
ment d'un vernis de bitume et de cire et revêtus à Textérieur d'une couche épaisse de bitume, qui s'assemblent à froid, par l'intermédiaire d'une sorte de joint à emboîtement, oii l'étanchéité est obtenue au moyen de filasse et de métal fusible ; aux Etats-Unis on a aussi employé des tuyaux de fer asphalté ou revêtu déciment ; l'oxydation préalable, la galvanisation, l'étamage, l'émaillage même, ont été proposés pour défendre contre la rouille les tuyaux en fer, surtout ceux de petits diamètres obtenus par étirage et qui ont trouvé des applications dans quelques circonstances en remplacement du plomb.
Les épaisseurs des tuyaux sont calculées, d'après la nature des matériaux employés et l'importance de la pression qu'ils auront à supporter, au moyen de la formule :
dans laquelle e est l'épaisseur, D le diamètre, H la pression statique, R la résistance limite et K une constante, différente pour chaque sorte de matériaux et destinée à faire la part des actions dynamiques communément désignées sous le nom de coups de bélier. Pour la fonte, en admettant que la résistance à la rupture par tension est au moins de 12 millions de kilogrammes par centimètre carré et prenant pour limite le quart de l'effort correspondant, la formule devient :
e=:K + 0,00016 DH; si Ton donne à H la valeur 100 m., comme pour les canalisations parisiennes, et, si l'on prend comme à Paris K = 0 m. 008, Tépaisseur e se trouve donnée par l'expression :
qui est usitée dans les usines françaises, sauf les cas oii des pressions exceptionnelles exigent des épaisseurs plus grandes ou des fontes renforcées, et ceux oia,par mesure d'économie et pour des pressions inférieures, on se contente d'épaisseurs moindres. Pour le fer, on peut se servir de l'expression de même forme :