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Prlncipaiix oa^niffeii d'urt. —Le premier, comme
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le plus remarquable de ces ouvrages, est, sans contredit, le grand barrage, ou écluse, de prise d'eau, dite la Paladella , qui traverse obliquement presque toute la largeur du Tessin (pi. V), laissant seulement, sur la rive droite, une ouverture de 65 mètres de largeur, qu'on appelle la Botiche-de-Pavie.
La longueur du barrage est de 280 mètres , et sa largeur varie de 9",50 à <7",80 ; à l'exception, toutefoiSi des 37 mètres formant à son extrémité une sorte d'appendice, qui ne présente qu'une largeur de 2"*, 40. Le système de sa construction est mixte. Les enrochements, les bétonages, et diverses autres natures de maçonneries y sont habilement combinés. Des files de pieux jointifs, maintiennent généralement le pied des enrochements. Le corps du barrage, formé d'une maçonnerie de briques, entremêlée de massifs de béton, est recouvert de dalles ou libages de très-fortes dimensions.
Les talus sont revêtus, d'une manière analogue , tant du' côté de la rivière que du côté du canal. Sur la rive lombarde, l'extrémité de ce grand barrage se termine à un mur de jouée, en maçonnerie de bri* ques, surmonté par un glacis en libages et cailloux; sur la rive piémontaise, l'autre extrémité, qui aboutit à la Bouche-de-Pavie , est défendue par un enrochement à pierres perdues, qui forme un massif continu tant sur le fond de ce pertuis que sur la berge de la rive droite.
En 1819, des avaries considérables exigèrent la reconstruction de l'extrémité du barrage sur 36 roè-
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très de longueur, du côté du MilaDais ; plus récemment encore 9 il fallut renouveler les revêtements sur 43 mètres. A ces deux réparations près, tout le reste de ce barrage s'est maintenu dans Tétat où il fut rétabli, lors de la dernière grande crue du lac et du Tessin , dont j'ai parlé dans le chapitre qui précède.
La bonne direction , la nature et le mode d'emploi des matériaux, et surtout les nouveaux déchargeoirs, construits postérieurement à son établissement, semblent devoir garantir indéfiniment cette grande construction, dont la ruine serait désastreuse pour le pays.
Les autres ouvrages d'art principaux du grand canal sont les suivants :
2"" Six grands déversoirs, ayant généralement leurs glacis solidement construits, en blocs et libages, avec ou sans ciment ; les jouées sont formées ou par des murs en maçonnerie, ou seulement par des files de pieux soutenant^ à chaque extrémité, les terres de la berge; tous, à l'exception du premier, sont surmontés d'une passerelle en bois, contre les montants de laquelle s'appuie, dans les eaux basses, un batardeau en fascines, destiné à empêcher celles-ci de sortir du canal.
3"* Douze déchargeoirs, ayant ensemble 1 85 vannes de fond, 0'",87 à 0'",88 de largeur; leur manœuvre s'effectue au moyen d'une crémaillère, fixée à la queue de chaque vanne (PL YIII) , et d'un levier en fer qui reste entre les mains du Compara ou préposé, chargé de cette manœuvre. La construction de ces déchar-
142 LOHBAEDIE.
geoirs n'a rien de particulier; ils se composent, comme tous les empellements , d'un seuil en maçon* nerie, et quelquefois en bois de chêne, de jouées, poUlIeSy chapeau et vannes de fond. Les canaux de fuite ou de décharge étant une dépendance essentielle du canal principal, sont comme lui placés dans le domaine public. Leurs eaux sont également utilisées, soit pour rirrigation, soit pour des usines.
l* Il existe sur toute la longueur du canal , dix ponts dont quatre se trouvent aux abords de Milan.
5* Les aqueducs ou siphons, pour le passage des eaux privées, n'y sont qu'au nombre de trois; ce qui s'explique par la grande ancienneté de son origine, puisqu'il a précédé , dans le Milanais , presque tous les autres canaux qui y existent aujourd'hui.
6* On compte, en outre, sur la ligne du Naviglio- Grande , sept maisons ou magasins appartenant au gouvernement; les uns sont destinés au dépAt de certains matériaux, outils et appareils , d'un usage fréquent; les autres servent au losement des employés et des ingénieurs en tournée ; ainsi qu^à celui des autres fonctionnaires , qui prennent part , dans Fintérét du trésor, à la surveillance de ce
canal.
T Parmi les ouvrages d'art, d'une utilité spéciale^ on ne doit point oublier les hydromètres , qui sont au nombre de huit. Les anciens sont formés de tiges ou plaques de fer scellées dans une forte dalle, et graduées en mesures milanaises. Dans les nouveaux hydromèlres » l'échelle de graduation est tracée sur une
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plaque de marbre blanc , enchâssé dans un pilier de granit , matériaux l'an et l'autre très-communs dans la localité. Ce sont des guides indispensables pour mettre les préposés à môme de bien régler la hauteur et la distribution des eaux; ce qui est pour eux une occupation continuelle.
8"* Le fond du canal est généralement établi sur le terrain naturel ; néanmoins , du pont de Castelletto à celui de Mantegna , il existe 96 portions de radier, ou pavé en cailloutages* destiné à prévenir les corrosions ; et, en aval de ce dernier pont, le fond est en* tièrement recouvert d'un semblable radier. Les revêtements , pour la défeqse des berges , sont construits, soit à sec, soit à mortier, en blocs ou dalles, briques ou cailloux ; leur longueur totale, sur les deux rives, est de 62.1 4 3 mètres. Devant ces revêtements ou perrés , il existe des files de pieux , avec ou sans moises horizontales, pour les préserver du choc des bateaux, et pour les consolider contre la poussée des terres. Depuis 4 8i8, l'administration a augmenté la longueur des revêtements d'à peu près 2.000 mètres, dans divers endroits où les berges laissées à nu avaient à souffrir, tant par le fait des eaux que par celui de la navigation.
ikn»velltaiice, cnti«etlen ei enriisei». — Outre les ingénieurs, et employés secondaires, faisant des tournées sur le canal , il est afecté à sa surveillance permanente, six gardes, dont les fonctions sont analogues à celles des mêmes agents sur les cauaux de
1 44 LOHBÀRDIB.
navigation. Ils ont, de plus, la sarveillance et la po* lice immédiate des bouches de prise d'eau ; et doivent veiller à ce qu'il n'y soit apporté, par les usagers, ni par qui que ce soit , aucun changement pouvant en altérer le débit. Le premier et le dernier garde sont particulièrement chargés de veiller à ce qu'aucun des bateaux qui entrent dans le canal , soit en descendant, soit en remontant, n'excède les dimensions prescrites, savoir : 0",75 de tirant d'eau, 4'',75 de largeur et 1",20 de hauteur pour le chargement. Le premier garde règle, en outre, d'après l'inspection des bydromètres et la manœuvre des déchargeoirs, l'introduction du volume d'eau constant qui doit alimenter le canal. Les fonctions de ce garde n* 1 étant les plus importantes, la longueur de sa section n'est que de 3.300 mètres, tandis qu'elle est 7 à 8 kilomètres pour les cinq autres.
Ijes dépenses d'entretien et de réparations ordi-* naires du canal, y compris les ouvrages d'art, et notamment ceux de la prise d'eau, sont affermées par baux de neuf ans. Le montant du bail , qui a fini en 1851 , était de 52.900 livres ou de 40.733 francs.
Quant aux curages, on pourrait croire que le Naviglio-Grande doit en être à peu près exempt. Car à la vue de ces eaux si limpides, qui, provenant des neiges des Alpes, sont encore épurées par leur séjour dans le lac Majeur, comment présumer qu'elles forment des dépôts et atterrissements dans un lit où elles coulent généralement avec beaucoup de vitesse? C'est cependant ce qui a lieu ; et la coûteuse opéra-
iion du curage se roDOuvelle deux fois chaque aunée. Le principal chômage, qui a lieu au printemps , dure environ un mois; le pins court a lieu en automne et ne dure que huit jours. II est vrai de dire que le/aucardement des herbages, qui tendent à encombrer rapidement le lit du canal , contribue à la nécessité de ces chômages , au moins autant que Tenlèvement des . graviers et du limon qui s*y amassent. Ces dépôts se forment néanmoins avec assez d'abondance, et surtout, d'une manière irrégulière, sur certains points. Mais aussi toutes les eaux du Naviglio-Grande ne viennent pas du lac Majeur ; Tintroduction de celles de rOlone, qu'il reçoit à son extrémité inférieure, sous les murs de Milan , est la principale cause des grands envasements auxquels il est exposé et qui lui sont extrêmement nuisibles. A diverses reprises on s'est occupé sérieusement de remédier à un si grand inconvénient, en dirigeant cette rivière torrentielle sous le Grand-Canal, pour la faire aboutir directement dans quelqu'un de ses canaux de décharge ; mais ce changement, qui serait trop coûteux, rencontreraitT en outre une foule d'oppositions, aujourd'hui que toutes les eaux sont utilisées, dans leur situation actuelle, aux abords de Milan.
Lors des travaux de curage et de faucardement qui s'exécutent pendant la mise à sec du Naviglio- Grande, aux époques que je viens dMndiquer, il doit être entièrement évacué par les bateaux , pour lesquels des gares, bassins, ou autres espaces convenables, sont réservés à cet effet.
146 LOMBÀKDIB.
La mise à sec, par le détournement des eaux, s'effectue au'moyen d^un batardeau, ou barrage temporaire, formé de chevalets , pieux , fascines et toiles, représenté PI. XXYIII, et sur la construction duquel je donne, plus loin, les détails nécessaires. Ordinairement le batardeau s'établit à Nonate, où il n'occupe qu'une petite largeur; mais de temps en temps il est nécessaire de le construire à l'embouchure méme^ du canal , où il devient très- coûteux. Cette mise à sec générale a eu lien en 1842.
En 1780, pour la conservation des pentes du canal, aux époques des enrages, on y avait établi, de distance en distance, des repères, qui consistaient en pieux de chêne, avec frettes et sabots en fer^ battus au mouton, jusqu'au niveau du fond; mais ces pieux, qui n'étaient pas d'un usage commode pour cette destination, ont été en grande partie remplacés par des seuils en pierre, qui remplissent bien mieux leur but.
Portée d'eaa, Irrlsationui , prîiL de Tarro-
aa^e, ete. — La portée d'eau du Grand-Canal, mesurée sur le débit^des bouches, qui sont en grande partie réglées, est, selon la dernière statistique de l'administration, de 45"%150 (1); mais ce volume d'eau comprend 104 onces destinées pour le canal de Berguardo, et 1 4SI onces pour celui de Pavie ; restent donc 829 onces, qui sont distribuées entre les bouches
(1) 1.075 onces milaDaJ ses.
IVÀVlGUO-GRAlfDE. 147
du Naviglio-Grande pour le service des irrigations et pour quelques usiues.
Un jaugeage direct du canal fut fait, vers son origine, à Tornaveuto, les eaux étant à leur niveau normal; cette opération donna un produit équivalent à SI^SÎS, ou 1.177 onces, au lieu de 1.075 qui sont efiTecti veinent dépensées par les bouches ; il y aurait donc, d'après cela, une différence de 1 02 onces ou de 4*% 488 par seconde, qui doit être attribuée à l'évaporation, aux filtrations et autres pertes d'eau, mais aussi à un excédant de débit de plusieui*s bouches qui sont restées sans régulateur. Un autre jaugeage direct a donné pour résultat 1.182 onces, ou 58"^,098, ce qui diflère moins du débit effectif.
Dans les années où les basses eaux, qui ont toujours lieu en hiver, se prolongent trop avant dans le printemps, c'est-à-dire au delà de Touverture des irrigations d'été, on est dans Tusage d^établir, sur le glacis du grand barrage de la Paladella, une hausse mc^ile destinée à parer à cet inconvénient. Cette hausse régulatrice règne, soit sur une partie, soit sur la totalité de sa longueur; on Penlève aussitôt que les eaux ont repris leur niveau moyen, ce qui arrive ordinairement, au plus tard, avec les fontes de neige de la fin d'avril, mais on a vu tes basses eaux se prolonger exceptionnellement jusque dans le mois de mai«
En 1812, l'exhaussement temporaire a été maintenu jusqu'au 1 9 de ce même mois. En 1 821 , les basses eaux commencèrent au 1 0 septembre et se
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maintinrent sdns interruption pendant cinq mois consécutifs, jusqu'au 11 février suivant; période pendant laquelle la pénurie fut si grande, pour les irrigations d'hiver, qu'elle exigea non-seulement la présence de la rehausse sur toute la longueur de la Paladella , mais encore la fermeture complète de ta Bouche-de-Pavie , moyen extraordinaire auquel on n'avait eu recours qu'une fois, en 1817.
Un inconvénient plus grand encore eut lieu dans Tété de 1832; non plus par ce motif, mais par l'absence de la crue régulière des eaux d'été ; car à l'époque où celte crue devait atteindre son maximum, on n'eut, pour le service des irrigations, si abondantes en cette saison, qu'une eau moyenne, de beaucoup insuffisante; ce qui causa un préjudice notable à Tagriculture; c^est, du reste, le seul cas qu'on puisse citer de ce phénomène.
D'après une vérification des bouches du Grand - Canal, faite en 1 694 par l'ingénieur Pessina, leur débit total fut évalué, à cette époque, à 79i onces. Le vérification faite en 1785 par l'ingénieur Ferrari, donna pour résultat 8i4 onces, mais. divers changements faits pour augmenter la portée d'eau du canal, notamment en faveur de l'ouverture de celui dePavie, ont modifié cet ancien état de choses. Actuellement le nombre des bouches du Naviglio-Grande est de 1 20, dont 116 sur la rive droite et 4 sur la rive gauche. La première est la Bocca-Ceriano, de 1 once 1/3 ; la dernière est formée par le déchargeoir du Réêidu^ sous les murs de Milan. Il est composé de 10 vannes de
IUTIOLIO-SEâIIDK. ^ lU
0~,87 de largeur, dont l'oDe-BOt It la dérivation de 3S onces continaes, qui forment la portée d'eau du canal de'ce nom. En mettant à part les grandes bouches alimentaires des canaux de Bereguardo et de Paviê, dont la dotation est pins grandes bouches du N du Ticinello, de 36 onces c de 31 oncee, la Bocca-Visc mi les plue petites, on peul
Corona, de chacune i once d'eau d'été, etc. La portée moyenne de tontes ces bouches est de 7 à 8 oices; il y en a 22, qai sont assujetties à rendre les colatures dans le canal.
Il n'y a pins d'eau disponible sur le navigtio; car les irrigations d'été absorbent toute celle qu'il peut distribuer en cette saison ; et depuis la construction du canal de Pavie, les 60 à 70 onces qui y restaient disponibles, en hiver, sont maintenant utilisées sur ce dernier canal.
Les 839 onces d'eau du Naviglio-Grande, subviennent en été à l'irrigation de 31.600 hectares de terres cultivées en prairies, perpétuelles et à rotation ; ce qui représente sensiblement 38 hectares par once, ou un peu moins d'un hectare pour l'écoulement continu d'un litre par seconde. En hiver, il distribue environ 660 onces, qui entretiennent 660 hectares de marcitei soit iS litres par hectare.
Outre les irrigations, qui s'étendent à de grandes distances du canal, dans les provinces de Milan et de I^vie, les méihes eaux mettent encore en mouvement
1 50 LOniMUI.
1 60 tournants defnoalias à blé et une vingtaine d'aaires usines.
Le prix de l'eau du Grand^Canal a totyours été à un taux plus élevé, dans la partie voisine de Milan, iftie lopérieure. Avant 1787, les prix, n d'une once d'eau d'été, variaient ainsi 'origine du canal à Bnffalora, 300 livres tlà au pont deVenezia, 400 livres; delà livres. En 1787, une demande considérable 8t monter ces redevances anx chiffres suivants : de l'origine du canal à GagteileUo, 500 livres mil.; de là à Gaggiano, 600 livres ; de là à Milan, 700 livres; et ensuite 800 livres, ou 616 Traocs.
Sous le précédent gonvememmt, un décret du vice-roi, en date du 21 novembre 1822, a établi, ainsi qu'il suit, d'une manière uniforme, les mtninui qui servent de bases aux adjudications, tant poar la vente que ponr la location des eaux, sar le Grand- Canal, ainsi que sur ceux de Bereguardo et de Pavie, qui en dérivent :
Vente en capît&l d'une once d'eau (1). Location k perpétuité d'un once d'eau
* continue
Location d'une once d'eau d'été
Location temporaire de l'eau d'ëtè. . . .
˫u d'hiver
Location dans un rayon de 9 kil. de Milan
(1) L'OBcs miluuùM ttui de tS lltnt par Hcenda, la prix ccnMpoiidul