‹ Hydraulique agricoleChapitre 52 sur 92 · CANAL DE LA VAHTESANA · texte numérisé non relu

CANAL DE LA VAHTESANA

du grand barrage. D*aalres repères invariables font aussi fonction de régulateurs sur plusieurs points du naviglio, notamment à Vaprio, à Vimodrone, aucon* fluent du Lambro , et à Taqueduc de Saint-Marc à l^entrée de Milan.

C'est surtout ce dernier repère dont l'obselration est imporlanle, parce que, d'après la manœuvre con-» venable des vannes du déchargeoir qui en est voisin, il sert à régler le niveau d*eau du canal intérieur dé manière à y entretenir le volume que réclament la dépense régulière des bouches et le service de la navigation ; sans néanmoins produire d'exhaussementd notables, vu le grand nombre de maisons, fabriques el usines, qui ont leur rez-de-chaussée presque aussi bas que le niveau normal des eaux.

Le voisinage du confluent des eaux torrentielles du Lambro et du Seveso, rend cette surveillance de rhydromètre de Saint*Marc encore bien plus importante. On doit' incessamment établir encore quatre nouveaux hydromètres, du modèle uniforme adopté par l'administration, c'est-à dire formés d*une plaque de granit dô 4 •,60 de longueur sur 0",eO de lar-geur deO'°,SO d'épaisseur, dans laquelle est encastrée une plaque de marbre blanc de dimensions moindres, portant l'échelle de graduation, en mesures mila^ naises. (Pi. XVI, fig. 6 et 7.)

Les ouvrages d'art existant sur le canal intérieur sont les suivants : 1"* 17 ponts en maçonneries de briques et de pierres de taille; à l'exception d'un seul qui a deux voûtes, ils sont tous à une seulç

arche de même largeur'qae celle du canal, qui varie de 9 mètres à 1 0*,80 ; %^ trois maisons et magasins appartenant à Tadministration, avec des terrains aux abords, dont la jouissance est laissée aux gardes, sauf le temps où ils peuvent être réclamés comme chantiers ou lieu de dépôt, pour les produits du curage; 3* cinq éclusas à sas ayant depuis 0'',75 jus« qu'à 1*,80 de chute; leurs longueurs varient également depuis 31 *,50 jusqu'à 36"*,30, et leurs largeurs depuis S"*, 45 jusqu'à 7 mètres; i"" trois déchargeoirs de chacun deux vannes ; ils sont très-anciens ; celui qui est située près de Téglise Sainte-Apollinaire, et qui donne naissance à la Vettabia, remonte à Tannée 1 1 69 , et fut réclamé par les habitants de la ville comme moyen d'écoulement pour ses égouts. Dans le chapitre qui précède, j'ai dit pourquoi ce canal de décharge pouvait être regardé comme la première source des irrigations du Milanais.

Sarreillanee, entretien et enrage. — Indépendamment des ingénieurs et des employés sous leurs ordres, la surveillanc^imméxliate du canal est confiée à huit gardes, qui sont logés , comme sur les autres canaux, dans des maisons appartenant à l'admi* nistration. Les longueurs de leurs stations varient de 3.200 à 1 0.000 mètres. Les deux gardes dont les fonctions ont le plus d'importance, sont celui qui surveille à Concesa la prise d'eau proprement dite, ainsi que les travaux d'art qui l'avoisinent, et celui qui règle, auxpertesde Milan , l'alimentation du canal intérieur.

CANAL DE LA 9IARTESA!<A. St7

Tons les ouvrages dont il vient d*être parlé dans le paragraphe précédent, sont à la charge de TÉtat, à l'exception des murs de revêtement du canal intérieur, qui, étant considérés comme murs de soutènement des propriétés riveraines, sont à la charge de la ville ou des particuliers.

Les chômages du canal de la Martesana, et, par conséquent, ceux du canal intérieur, qui n'est que son prolongement, ont lieu deux fois par an ; le premier dure dix-sept jours, et a lieu en avril, et le second, qui dure cinq jours, a lieu en septembre. Pendant le chômage principal, qui est celui du printemps, le naviglio doit être complètement mis à sec, et, par conséquent, complètement évacué par les bateaux. Des avis publiés par l'administration, dans le courant de mars de chaque année, renouvellent aux propriétaires, bateliers, et autres intéressés, l'obligation de se mettre en règle sur ce point*

Le deuxième chômage, celui de septembre, n'est nécessité que par l'obligation d'enlever les boues et graviers que déposent la Lambro et le Seveso, par suite de leur communauté avec le canal. On profite, il est vrai, de ce chômage supplémentaire pour exécuter, une seconde fois et très-utilement, Je faucardément des herbes, qui croissent avec beaucoup de rapidité.

La mise à sec ordinaire du naviglio s'exécute sans frais, avec beaucoup de facilité, au pont dei Pedoni, près Goncesa, au moyen d'une paire de portes qui barrent l'arche gauche, et de deux vannes qui ferment

SIS LOHBARDIS.

Tarche droite. Mais comme, tous les huit ou dix ans, il devient nécessaire d'effectuer également celte mise à sec entre la prise d*ean et le pont susdit, ou entre Trezzo et Concesa, elle s'obtient au moyen du batar* deau de chômage, usité actuellement sur tous les canaux du pays, et dont ladescription se trouve donnée plus loin. Ce batardeau, lorsqu'il est placé à Tem* bouchure du canal, dans TAdda, a 16 mètres de longueur et S", 40 de hauteur; les frais que réclament sa pose et son enlèvement ne sont que de 350 livres d'Autriche ou de 270 francs. Pendant le chômage du printemps, qui est destiné principalement au net* toyage du canal intérieur, on établit un deuxième barrage temporaire à Taqueduc Saint-Marc , près la porte neuve de Milan , afin d'obliger les eaux du Se* veso et du Lambro à s'écouler par le déchargeoir du Redefosso.

Depuis plusieurs années, il est question de remplacer les barrages temporaires, qui se placent en ces deux points, par des portes busquées dont la manoeuvre serait beaucoup plus prompte. Les curages du canal intérieur s'exécutaient d'abord par sa mise à sec et par le dépôt des boues sur les bords. Ces boues, provenant en grande partie des égouts de la ville et se composant des immondices tant des maisons particulières que des établissements publics, hôpitaux, boucheries, etc., répandaient une odeur fétide et des miasmes auxquels on attribua plusieurs fois les maladies épidémiques qui vinrent affliger la ville. De plus, leur enlèvement à l'état presque li«

CANAL m LA MAETBSANA. 219

quidese faisaitavec difficulté, d'une manière à la fois dégoûtante et coûteuse, de sorte que l'opération était mauvaise, de quelque manière qu'on la considérât.

Depuis longtemps ce mode a été abandonné, et actuellement le curage dû Naviglio-Interno s'exé* cute, d'une manière beaucoup plus habile, par la QMmœuvre de rabots tratnés par des chevaux, et par l'emploi des chasses, que l'on se procure en ouvrant, comme il convient, les portes d'écluses en amont et les déchargeoirs en aval. Les frais de cette opération qui se fait en hiver, et qui est infiniment moins coûteuse que l'ancienne méthode, continuent d'être supportés, moitié par les riverains, moitié par les propriétaires des égouts, ayant leur débouché dans le canal. Le même système avantageux de curage, au moyen des chasses d'eau, se pratique aujourd'hui pour le nettoyage des égouts de la ville par le seul emploi d'une bouche de 6 onces (252"^), réservée à cet effet sur le canal de la Martesana.

Pour rendre moins fréquents et moins considé-* râbles les curages du Naviglio-Interno, et ceux de la partie inférieure du canal Martesana, il avait été question, depuis très-longtemps, de faire cesser leur principale cause, en opérant le passage du Lambro au moyen d'un pont-canal, comme cela existe sur le torrent de la Molgora.

Vers le milieu du xvi* siècle, un projet avait même été rédigé à cet effet; et la dépense, qui était évaluée à uu chiffre assez bas, devait être supportée, les deux tiers par le gouvernement, et l'autre tiers par les

220 LOHBAEDIB,

particuliers. Mais il s'éleva des doutes sur la bonté du projet qui fut iadéfiniment ajourné ; de sorte que le Lambro continue de déposer dans le canal, à chacune de ses crues, de grandes masses de graviers; inconvénient auquel les déchargeoirs, construits en 4588, ne remédient que très-imparfaitement.

Les curages sont donc ici une opération des plus importantes, surtout dans Tintérieur de Milan. L'exécution de ces curages, ainsi que Tentretien des ou* vrages d'art à la charge de TÉtat, sont adjugés à un entrepreneur, moyennant la somme annuelle de 24.237 francs.

M^dellAtton, portée d'eau, |iriiL de 1'

i, etc. — Je ne dirai que très-peu de mots sur la modellation des bouches du canal de la Martesana ; cette opération y a subi à peu près les mêmes difficultés que sur les autres canaux du Milanais, et a cependant fini par se réaliser, d'une manière assez complète.

Vers la fin du xvi* siècle, le nombre des bouches était de 60, non compris les deux principales, des*tinées, l'une pour le service de la ville, l'autre pour le château de Milan. A cette époque, la navigation se trouvant fréquemment gênée, ou même interrompue, notamment sur le canal intérieur, des restrictions furent alors imposées à la dépense des eaux; des règlements sévères prescrivirent, sans distinction, la fermeture des bouches, pendant deux jours de la semaine; mais ces précautions furent inuffisantes, et

Page 1