‹ Hydraulique fluvialeChapitre 140 sur 152 · I. RESERVOIRS D'EMMAGASINEMENT DES CRUES · texte numérisé non relu

I. RESERVOIRS D'EMMAGASINEMENT DES CRUES

sont pas séparés des localités à défendre dans la vallée d'un grand fleuve par plusieurs affluents, dont Finfluence peut rendre insignifiante celle du barrage.

III. Essayons d'examiner à quelles conditions générales les retenues doivent satisfaire pour ne pas être nuisibles.

A la réunion de deux cours d'eau il arrive prévue toujours^ dans une inondation causée par une pluie générale, que le maximum de celui qui a le bassin le moins vaste et surtout dont le développement est le plus court, précède le maximum de Tautre*. Nous appellerons affluent celui dont la crue est en avance, et cours d'eau principal celui dont la crue est en retard. Pour nous rendre compte de l'eiFet que produirait au confluent des deux cours d'eau un barrage construit sur l'un deux, nous dessinerons la courbe des débits de l'affluent de haut en bas et celle du cours d'eau principal de bas en haut, ainsi que le montre la figure 2. Le débit en aval du confluent étant égal à chaque instant à la somme des débits des deux cours d'eau, on voit de suite que c'est au moment 'où l'on peut mettre les deux courbes en contact (en faisant marcher parallèlement aux ordonnées l'une des figures) que le débit maximum a lieu. Le moment de ce maximum suit celui de l'affluent et précède celui du cours d'eau principal. Sauf le cas exceptionnel d'une coïncidence parfaite, le débit maximum en aval d'un confluent se compose donc toujours d'un débit décroissant de l'affluent et d'un débit croissant du cours d'eau principal.

Pour qu'une retenue faite sur l'affluent abaisse le débit maximum en aval du confluent, il faut qu'elle diminue ses débits dans la première partie de sa période de décrue. Pour qu'une retenue faite sur le cours d'eau principal soit utile, il faut qu'elle diminue, comme cela a naturellement lieu, le débit de la période de crue.

A la seule inspection de la figure 2, on voit que si, par un barrage à ouverture permanente, qui augmente nécessairement les débits postérieui^s au maximum du volume retenu, on modifiait la courbe des débits suivant NC'D', il fau&rait remonter la nouvelle courbe pour l'amener au contact avec celle du cours d'eau principal; de sorte que le débit maximum au confluent serait augmenté en même temps que le moment en serait généralement retardé. Pour que la retenue n'augmente pas le débit maximum en aval du confluent, il faut donc que la nouvelle courbe ne coupe pas celle du cours d*eau principal, et pour qu'on soit certain du résultat, il faut que le nouveau débit maximum de l'afîluent soit plus petit que BT. Il faudrait par exemple que la nouvelle courbe des débits fùtNCD''. Gela revient à dire que, pour que le barrage de l'affluent soit

I. Les débits roaxima de tous les grands affluents du Rhône ont eu lieu en 1856,. à leurs embouchures, avant celui du Rhône supérieur, à Texception de la Saône, qui a atteint son maximum cinq jours après le Rhône. En 1840, les choses se sont passées de même*

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sûrement utile, en aval du conlluent, il faut modifier sa crue de manière qu'elle n*ait plus d'avance sensible sur celle de la rivière principale.

Si Ton désigne par Q^ le débit maximum du cours d'eau principal en amont du confluent, par Q^ le débit maximum en aval, par Q^ le débit maximum de l'affluent, on voit que pour remplir cette condition le nouveau débit maximum Q'^ de l'affluent doit être plus petit que (QP-RB) ou que Q^ — Q^. La diminution du débit maximum de Taffluent devra donc satisfaire à l'inégalité.

Il en résulte que, dans un grand affluent, dont les crues précéderaient de beaucoup celles du cours d'eau principal, il faudrait que les retenues fussent très puissantes pour ne pas être dommageables immédiatement en aval du confluent.

Ces retenues pourraient néanmoins faire du bien dans les i*égions situées à une certaine distance en aval. En efliet, si pendant le maximum de la crue dans ces régions, l'influence de l'affluent se fait sentir par un débit antérieur au moment où la nouvelle courbe des débits de l'adluent coupe la courbe ancienne, cette influence serait évidemment amoindrie, puisque les débits antérieurs à ce moment seraient réduits.

On peut donc dire que si, sur un affluent, on fait une retenue insutlisante pour réduire son débit maximum jde la quantité représentée par (Qm it Q« — Q») cette retenue commencera par faire du mal sur une certaine longueur, mais que si le bassin est très étendu, elle finira par faire du bien.

Des barrages pleins qui ne se videraient pas naturellement ne jwurraient jamais être dommageables pour la région située en aval du confluent, parce qu'ils retiennent jusqu'à la fin de la crue l'eau emmagasinée dans le réservoir et ne débitent à aucun moment plus que le débit entrant dans le réservoir. Mais sur des cours d'eau considérables ils exigeraient des réservoirs énormes pour agir jusqu'après le moment de leur débit maximum. Abstraction faite de l'inconvénient du comblement desi réservoirs, les barrages pleins ne sont convenables que sur de petits cours d'eau et surtout sur ceux très éloignés des localités à défendre, parce que ce sont seulement les débits du commencement des crues de ces cours d'eau éloignés, qui s'y font sentir aux environs du maximum ; ils ont pour efiet de soustraire d'une manière absolue un certain volume à l'inondation, et s'ils ne font pas grand bien, à cause de l'insulTisance des retenues, ils ne peuvent jamais faire de mal. Cependant il arriverait encore souvent, lorsqu'il se produit plusieurs crues successives, que les retenues n'auraient pas été vidées à temps pour fonctionner à nouveau^ ou le seraient mal à propos.

Supposons maintenant que la courbe des débits de l'affluent reste la même et qu'on fasse un barrage sur le cours d'eau principal (fig. 2 bis).

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