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LES TORRENTS

9H. Crues et pentes. — Les torrents des Hautes-Alpes, dit M. Surell, coulent dans des vallées très courtes qui morcellent les montagnes en contre-forts. Leurs crues, presque toujours subites, ont peu de durée.

Dans les Hautes-Alpes, la plupart des torrents ne tarissent jamais; plusieurs même ont toujours un volume d'eau si considérable que dans d'autres pays, sur des pentes moins fortes, on les assimilerait aux rivières.

599. E«e iNissin de réception. — Un torrent comprend toujom^s dans son cours quelque large bassin, taillé dans les croupes des montagnes, qui accumule dans le même lit toute la masse d'eau répandue sur une grande région. Ce bassin de réception est un vaste entonnoir accidenté, avec un goulot dans le fond qui se prolonge sous forme de gorge encaissée dans les flancs des montagnes. Cette gorge est tantôt courte, tantôt longue (parfois près d'un myriamètre) ; les eaux y reçoivent de nouvelles matières provenant des berges qu'el)es attaquent par le pied et que déchirent des ravins transversaux. La neige s'amoncelle dans la tranchée; « si les chaleurs du printemps arrivent sans préparation, elles fondent en peu de jours la masse d'eau accumulée pendant de

longs mois. Ainsi s'explique une des causes principales de la violence de certaines crues. » (Surcll.)

30. Lie «Minai d'éconlement. — Enlre les parties très affouillées et celles qui se remblayent franchement, il y a un espace intermédiaire où les arrivages et les sorties de matériaux peuvent se compenser ; c'est ce que M. Surell désigne sous le nom de canal d'écoulement. Dans le cas supposé ce canal est compris entre des berges bien dessinées. Il ne faut pas croire que ces conditions se réalisent souvent d'une manière absolue. Les arrivages et les départs sont généralement inégaux, l'un dominant l'autre alternativement; quand l'égalité existe, diverses circonstances peuvent la faire cesser: des désordres plus grands dans le bassin de réception, ou au contraire une amélioration de la situation antérieure.

31. Le cône de déjection. — Vient ensuite le cône de déjectioUy où les dépôts s'entassent en un monticule, accolé à la montagne comme un contrefort. L'inclinaison du cône varie avec la nature des dépôts; elle n'est jamais inférieure à deux centimètres par mètre et rarement supérieure à huit; elle diminue à mesure qu'on descend vers l'aval. Voici le nivellement en long du torrent de Boscodon, d'après Surcll.

Profil en long d'un torrent des Hautes-Alpes.

Il suffit du moindre bloc, au sommet de l'éventail, pour dévier les eaux. Le lit se creuse et se détruit à chaque crue. Quand une rivière se trouve plus près que la distance nécessaire pour la pente d'équilibre, entre la puissance des eaux d'orages et la résistance des matières, cette pente limite ne peut se former; il en résulte de grands désordres dans la rivière, si elle est impuissante à entraîner les dépôts à mesure qu'ils arrivent.

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