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L. Wijhrar Se

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Dans toute cette partie peu perméable les eaux de ruissellement sont très abondantes. Les ruisseaux y prenant naissance ne sont pas issus de sources mais d'étangs qui récoltent les eaux et forment des réservoirs superficiels, tandis que les sources s'alimentent à des réservoirs souterrains.

Tant que les eaux de ces ruisseaux circulent à travers la craie glauconieuse ou le limon des plateaux elles sont très peu absorbées par le sol (1), mais aussitôt que le limon fait défaut l'absorption commence (d'après M. Janet).

Or à la base de cette zone absorbante se trouve une série de sources que la Ville de Paris a captées pour la plupart. On peut les grouper en deux parties : 1*» celle de Rueil prise par la Ville de Paris, 2© celle de Verneuil. Le vaste périmètre à l'amont est sillonné par une série de petits ruisseaux assez bien répartis qui pei mettent un assez grand nombre d'expériences à la fluorescéine (fig. 67, p. 142 et 143).

En allant de gauche à droite il y a d'abord l'Avre, la rivière principale, puis le Ruth, le Saint-Nicole, le ru de Saint-Maurice, celui de Mousson villiers, le ru de Belloy, le ru du Buternay, le ru de Sorel, le ru du Lamblore.

Sur chacune des pertes de ces ruisseaux des expériences ont été faites. L'engouffrement des eaux se produit soit par des lits absorbants, soit par des bétoires.

L'Avre peut se perdre depuis Ghennebrun jusqu'à La Lambergerie et Verneuil.

Les expériences, faites à Ghennebrun et à la Lambergerie, colorèrent les sources de Verneuil et celles de Rueil à l'exception de la source du Breuil et de la Valette. A noter en passant que les bétoires de la Lambergerie forment sources par les années humides. Ge sont des bétoires sources qui jouent l'un ou l'autre rôle selon que le niveau piézométrique de la nappe est plus

(1) On rencontre quelques petites sources dans la craie glauconieuse, dont les eaux circulent dans la partie supérieure du sol formée de craie remaniée.

bas ou plus haut que le sol. C'est un bétoire dans le premier cas, une source dans le second cas.

La rivière de Saint-Maurice se perd dans les environsr de la Blottière. Plusieurs effondrements ont été recomblés, mais presque tous les ans il s'en forme d'autres.

Une expérience faite au bétoire d'Astel a montré quetoutes les sources de Rueil et de Verneuil étaient colorées.

Entre l'Avre et cette rivière on a pu faire deux expériences, Tune sur le Ruth qui a toujours donné des résultats^ négatifs quoique l'absorption fût très nette, l'autre^ au Sainte-Nicole, qui a donné des résultats positifs aux sources de Verneuil et de Rueil, sauf toujours à celle du Breuil. Lors de ces expériences, ce sont les sources: Érigny et Foisys qui furent les plus colorées des sources de Rueil. Celles de Verneuil étaient colorées comme celle d'Érigny. Or l'intensité de la coloration mesure la facilité de la communication avec les points expérimentés, d'où on peut conclure que cette partie du périmètre voisin de l'Avre communique surtout avec le& sources d'Érigny et Foisys et avec les sources de VerneuiL

En se reportant plus à droite, une expérience fut faite en aval de Moussonvilliers, aux bétorres du Souci. La fluorescéine fut retrouvée aux différentes sources de Verneuil et de Rueil, sauf à celle du Breuil. Les sources les plus colorées furent celles du Nouvet.

Le ruisseau de la Gohière, qui prend naissance dans les étangs de la Gohière, vient se perdre en aval des Demaines et arrive jusqu'à Bois-Massot. Une expérience tentée en ce point fut négative. 11 y a lieu de se demander si du Ruth ne part pas une diaclase très profonde passant par Bois-iMassot qui aurait son débouché dans une région bien plus en aval de Rueil.

Le ruisseau de Bulernay, qui vient de la forêt de la Ferté-Vidame, commence à disparaître dans le sol au moment de quitter la Chapelle-Fortin. Une expérience DiÉNEHT. — Hydrologie agricole. 9

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tentée à Rohairea permis décolorer toutes les sources de Rueil mais surtout le groupe du Nouvel. Les sources de Verneuil et du Breuii furent indemmes.

Une deuxième expérience tentée à Boissy-le-Sec ne permit de colorer que le groupe du Nouvet et de Rivière à l'exclusion des autres sources.

Une troisième expérience tentée au bétoire du Vauxfienard donna le même résultat, ainsi qu'en opérant sur le ru de Sorel au bétoire de Sorel. Sur le ru du Lamblore, au bétoire du Haut-Chevrier, et au Boullay Saint- Clair, les eaux réapparaissent aux sources Rivière Trou d'eau, Launay,Trois-Mulets, et à certaines époques à Foisy s.

De l'exposé que nous venons de faire, nous voyons que le périmètre des sources de l'Avre (Rueil et Verneuil) peut se diviser en trois zones alimentant chacune des groupes de sources assez nettement déterminées. L» sonede droite (!'• zone) atteint les sources basses. La cône du milieu (2* zone) alimente surtout la zone des sources du milieu; enfin la zone de gauche, troisième zone, la plus importante, correspond bien avec toutes les sources mais principalement avec les sources les plus à gauche, sources Érigny et Foisys.

Cette régularité dans la disposition des zones se retrouve encore dans d'autres régions crayeuses, à la Vanne, par exemple.

Dans les terrains du Jurassique, M . Le Couppey, étudiant les sources de l'Yonne et de la Cure en amont de Cravant (1), a fait plusieurs expériences à la fluorescéine qui confirment également ce que nous avons trouvé aux sources de l'Avre. Ainsi :

L'expérience faite à Fontenay-sous-Fouronnes colore toutes les sources de l'Yonne sauf celle du lavoir deTrucy.

L'expérience de Courson colore les sources de Grosse- Pierre et du Crisenon.

(1) Voir carte d'Êtat-Major, feuille d'Auxerre.

A l'expérience de Petit-Bannyles sources attientespour celles du Bief de Saint-Romain et des Trois-Moulins.

Enfin à Fexpérience de Vellery les sources atteintes sont celles de la précédente expérience, excepté Saint- Romain, plus celle de Gulène (fig. 58).

A la Dhuys, dans le calcaire de Ghampigny (terrain tertiaire), la répartition régulière du périmètre des eaux se retrouve encore. Toute lazone de gauche du périmètre alimente surtout la source de Champy et un peu celle de Pargny-sur-Dhuys. Au centre, M. Le Couppey colora la source de Pargny, et l'expérience faite aux bétoires de Rougefosse donna un résultat négatif; mais, sur la partie droite du périmètre, la sourcede Pargny ne fut pas colorée; la conduite de 15 millimètres, amenant des eaux d'une émergence située à droite de la source de Pargny, le fut.

Devant ces résultats obtenus dans des terrains aussi différents comme âge, mais tous calcaires, nous pouvons admettre que ce deuxième principe est très général.

Troisième principe. — Les diaclases qui se coupent en projection horizontale dans un même gisement géologique s'anastomosent entre elles (1).

Fig. 58. — Schéma représentant deux diaclases se coupant en projection horizontale.

Les expériences à la fluorescéine ont montré cet autre principe, très utile à connaître quand on veut déterminer

(1) Nous admettons une exception à ce principe, quand une des diaclases est bien plus profonde que l'autre. On voit très bien dans ce cas comment l'eau de la diaclase supérieure peut gagner la diaclase inférieure, tandis que la récipi'oqueest plus difficile à s'imaginer. Les résultats que nous avous obte. nus jusqu'ici ne nous ont pas encore permis de constater cette exception très vraisemblable.

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le périmètre d'alimentation d'une source ou même d'un puits. Une figure schématique (fig. 59) le fera mieux comprendre. Supposons une expérience faite en A et ayant démontré que les eaux partant de ce point se dirigent vers la source S. Par la pensée nous supposerons une diaclase AS.

Faisons une expérience en A'. Si les eaux partant de A atteignent la source S', elles atteindront également la source S, parce que la diaclase AS' coupe en B la diaclase AS.

Déjà M. Martel, dans ses explorations spéléologiques, a trouvé la communication de deux diaclases sises à deux niveaux différents.

Les travaux de MM. Schardt et Foumier ont montré également que très souvent il y a anastomose des fissures qui se coupent.

Cependant M. Martel (i) cite des exemples de veine d'eau courante profonde passant, sans aucune communication, sous leur ancien lit. Ce n'est pas une objection au précédent principe, parce que la partie supérieure du sol n'est pas de même horizon géologique que le sous-sol.

Dans la caverne de Goudenans-les-Montby le courant souterrain se bifurque en deux branches, dont l'une repasse en dessous de la galerie principale, et sans aucune relation entrq elles au point de croisement. Ces deux branches cependant ne sont pas indépendantes à proprement parler, du moment qu'elles sont issues du même ourant. Cet exemple montre qu'il ne faut donc pas prendre au sens exclusif l'énoncé de notre troisième principe, et la relation entre deux diaclases qui se coupent peut se faire soit à l'aval, soit à l'amont de B ; ce qu'il importe, c'est qu'elle se fasse en un point donné.

Ce principe est presque une conséquence du deuxième principe qui n'admet pas l'enchevêtrement des zones. Il

(1). E. A. Martel, le Sol et l'Eau. — Brodardbl, Traité d'hygiène, (p. 106), fasc. 2.

convient de faire remarquer, avant de passer à sa démonstration, que ce troisième principe n'est plus applicable si, dans le terrain sédimentaire, on peut considérer deux zones distinctes en profondeur qui, bien que formées par des calcaires, sont séparées par une couche imperméable, comme le town de la craie du nord. Mais, dans tous les autres terrains sédimentaires, nous n'avons pas, jusqu'ici, trouvé d'exception.

Ainsi reprenons la figure 57 relative aux sources de FAvre. Les résultats des expériences nombreuses que

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