‹ Hydrologie agricoleChapitre 23 sur 67 · DEUXIÈME EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME EXPÉRIENCE

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Nota. — Dans chaque expérier

ice, les tei

nps sont comptés à partir du

moment où la fluorescéine a été

versée da

ns le bétoire, la distance au

bétoire étant de 8k>",6.

Au bout de deux cents heures on recommença une autre expérience, en jetant 2''8^,5 de fluorescéine dissoute dans une eau contenant environ 10 p. 100 de sel marin.

158 HYDROLOGIE SPÉCIALE.

La dose de sel employée était de 100 kilog. Nous désirions faire ainsi une solution plus lourde que celle employée dans Texpérience et nous espérions, grâce à cette augmentation de densité, que la lluorescéine descendrait plus profondément dans le sol. S'il y avait plusieurs chemins différents, elle pourrait aller ressortir à d'autres sources, d'où diminution de coloration sur la précédente expérience. Au bout de quatre-vingt-sept heures nous retrouvâmes aux sources captées la coloration avec une forte atténuation de coloration (1/5 environ).

Comme la vitesse avait diminué entre les deux expériences, et doutant non sans raison de l'influence du sel, nous nous sommes proposé de recommencer au même bétoire une troisième expérience, deux cents heures plus tard, en employant 2i'e^,500 de lluorescéine sans ses marin. Cette fois l'expérience fut négative et l'expérience, recommencée huit jours après avec une dose double de matière colorante redonna, pour la deuxième fois, un résultat négatif. Dans l'espace de quinze jours l'abaissement de la nappe fut suffisant pour transformer les conditions d'expérience et rendre négative une expérience positive peu de temps auparavant. Quant au sel marin, son influence fut douteuse.

Les expériences doivent donc être faites en saison sèche et en saison humide, de façon à connaître ainsi les différences de directions des diaclases souterraines.

Les variations de régime tiennent encore, ainsi que nous l'avons déjà signalé, à des effondrements souterrains, à l'ouverture de nouveaux canaux qui drainent les eaux plus facilement vers d'autres sources; et enfin aux tremblements de terre.

On admet que le moindre travail hydrologique (forage, construction d'un puits) peut faire varier le régime hydrologique d'une région. On ne doit donc pas négliger de connaître, par la suite, tous les faits de ce genre qui peuvent subvenir sur le périmètre d'alimentation.

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Sixième prinope. — Les diaclases forment des réseaux COMPLIQUÉS. — Nous avons supposé précédemment que les diaclases qui transportent les eaux d'un point vers une source sont uniques. Les expériences avec la fluorescéine ont montré qu'il y a souvent plusieurs diaclases avec des vitesses différentes qui transportent l'eau d'un même point vers une même source. Ainsi, à l'Yonne, M. Le Couppey de Laforest a obtenu dans une même expérience plusieurs colorations successives à la même source. Dans l'expérience deCourson, par exemple, la fluorescéine est arrivée à deux moments séparés par un intervalle de plusieurs heures. La première fois avec une vitesse horaire de 76 et 79 mètres, la deuxième fois avec une vitesse de 58 et 59 mètres.

Dans nos expériences successives faites au bétoire du Haut-Chevrier, en mesurant pour chaque prise l'intensité de la coloration, nous avons eu chaque fois une double coloration. M. Fournier, faisant des expériences dans le Jura, avait trouvé avant nous des doubles arrivées de matières colorantes.

Ceci montre donc bien que la fluorescéine et, par conséquent, les eaux souterraines, suivent plusieurs chemins. En possession de ces différents principes, nous pouvons étudier avec fruit les autres procédés pour déterminer approximativement un périmètre.

Emploi de la résistivité électrique et de Tanalyse chimique pour déterminer Porigine de Peau et les périmètres d'alimentation. — Les expériences à la fluorescéine sont longues et coûteuses; elles ne peuvent être employées par tout le monde et ne sont guère à la portée que des agglomérations pouvant s'astreindre à quelques frais.

Les particuliers, les usiniers surtout, qui veulent avoir beaucoup d'eau, évitent de s'engager dans une telle voie, et tout au moins si des expériences de ce genre leur

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sont nécessaires, ils cherchent à en restreindre de beaucoup le nombre.

D'autre part, nous avons vu que ces expériences avec la fluorescéine domandentla réalisation d'un certain nombre de conditions dont la principale est la facilité de se procurer un certain volume d'eau qu'il ne faut généralement prendre dans la nappe où on veut envoyer la fluorescéine que dans le cas où, avec des réservoirs, on puisse créer, avant toute expérience, une réserve préalable. Ces conditions viennent alors augmenter encore le prix de ces expériences, et c'est également pour ce motif que les agglomérations urbaines cherchent à ne les tenter que dans les régions où il est à présumer qu'elles réussiront.

Dans le but de répondre à ces conditions, nous avons cherché un moyen rapide, peu coûteux, permettant de se faire une idée assez exacte et approximative d'un périmètre d'alimentation. Cette méthode est basée sur l'emploi de la conductibilité électrique des eaux, conductibilité électrique qui mesure, comme on sait, le degré de minéralisation d'une eau. Notre méthode de détermination d'un périmètre d'alimentation par la conductibilité électrique n'étant décrite nulle part, nous sommes obligé d'entrer dans quelques détails.

On sait, en physique, que dans l'eau pure, l'eau distillée d'une façon spéciale dans des appareils également spéciaux (en or ou en platine), le courant électrique ne peut passer, ou s'il y passe c'est avec une intensité si faible qu'on peut l'attribuer à des traces d'impureté que malgré les appareils employés, on ne peut éliminer.

Qu'on vienne à dissoudre dans cette eau une petite quantité d'un sel quelconque, du sel marin par exemple, aussitôt on verra l'intensité du courant augmenter. Les molécules de sel dissous conduisent le courant électrique. Plus il y a de substance saline, plus le courant électrique passe avec facilité.

On désigne sous le nom de conductibilité électrique

Fin verse de la résistivité électrique de Feau. La résislivité

électrique spécifique d'une eau (qu'on désigne par p) est la

résistance qu'oppose au courant électrique un volume

d'eau ayant 1 centimètre carré de section et 1 centimètre

d'épaisseur. La conductibilité est donc désignée par la

fraction -. Pour déterminer la résistivité électrique d'une

eau on possède un appareil excessivement commode et rapide, celui de Kohlrausch (fig. 61).

Boîtt de

Fig. 61. — Appareil de Kohlrausch.

Sur une règle graduée en millimètres est tendu un fil de platine de 0™",2 de diamètre. La longueur du fil est de 1 mètre. Les extrémités de ce fil sont en relation avec une bobine de Ruhmkorff d'une part, et d'autre part avec un autre circuit composé d'une cuve, dans laquelle on mettra l'eau, et d'une boîte de résistances. Enfin entre la cuve et la boîte de résistances part un fil par lequel le courant vient actionner un téléphone. Le courant électrique alternatif fourni parla bobine de Ruhmkorff arrive à

162 HYDROLOGIE SPÉCIALE.

rextrémité du fil. Là il se divise en deux parties, l'une

parcourant le lil de platine, l'autre se dirigeant à travers

la cuve et la boîte de résistances. Le téléphone qui est

installé en pont recevra une partie du courant alternatif

tant que le potentiel en D et en C ne sera pas égal. En

déplaçant le curseur mobile G tout le long du fil on

arrive à trouver un point G pour lequel le téléphone ne

donne plus de son. La théorie indique que cette position

du curseur G dépend de la résistance de la cuve et de celle

de la boîte à résistances.

Si on désigne par Û la résistance de Feau dans la cuve,

R la résistance de la boîte à résistances, la théorie (1 )

montre que

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