‹ Hydrologie médicaleChapitre 1 sur 10 · V. ADRIEN DELAHAYE ET ÉDITEURS · texte numérisé non relu

V. ADRIEN DELAHAYE ET ÉDITEURS

PLACB DE L'ÉCOLE-OE-ltlÎDECINB

yeux sur la table des eaux minérales par départements, qui termine l'ouvrage dont M. Gubler a écrit la préface, pour voir que les médecins les plus instruits, les spécialistes les plus estimés participent eux aussi, dans une certaine mesure, à l'ignorance de nos richesses minérales nationales. Le docteur Paul Labarthe, en effet, ne fait point figurer le dé^iartement de l'Eure parmi ceux qui renferment des sources dont la thérapeutique utilise les eaux ; MM. Durand-Fardel, le Bret, Lefort, Rotureau et autres auteurs estimés font la même omission. Tout le monde sait pourtant, non-seulement dans les arrondissements d'Évreux, des Andelys, de Bernay, de Louviers, de Pont-Audemer, mais encore dans les départements limitro^îhes d'Eure-et-Loir, de l'Orne, du Calvados, de Seine-et-Oise, de l'Oise et de la Seine-Inférieure, qu'il a existé de temps immémorial, à quelques kilomètres de ^onancourt, sur le territoire d'une commune, appelée aujourd'hui Mesnil-sur-V Estrée, portant autrefois le nom de la Magdeleine-sur-Eeudreville, une eau salutaire qui fut longtemps la propriété de moines établis dans le diocèse d'Evreux.

Cette eau a été examinée par l'Académie de médecine. Un rapport favorable du 15 juin 1867 l'a déclarée propre à être mise à profit dans la thérapeutique ; le 6 octobre de la même année une autorisation ministérielle en règle a suivi cette consécration ofiîcielle ; depuis cette époque l'eau du prieuré d'Heudreville continue à produire dans l'ombre les efîets inhérents à ses propriétés diurétiques et laxatives. C'est au grand sdeil que ces effets doivent apparaître ; tous les médecins doivent connaître la valeur curative d'une boisson naturelle, agréable, qui peut leur rendre des services en maintes circonstances ; — c'est pour cela que nous écrivons cette notice.

Le prieuré d'Heudreville, où se trouve la source dont nous nous occupons, date de plusieurs centaines d'années. Son origine remonte vers le milieu du douzième siècle.

En l'année 1113, un homme de bien que l'Église a canonisé, saint Bernard, vint de Ponthieu à Nogent-le-Rotrou ; une famille pieuse lui fit don d'un petit bois appelé Tiron, ou Tjron pour j bâtir un monastère qui fut en peu de temps rempli d'un grand nombre de religieux. « Saint Bernard y recevoit, dit Helyot^, tous ceux qui avoient un véritable désir de se convertir, et il voulait qu'on y exerçât toutes sortes d'arts, tant pour en bannir l'oisiveté (mère ordinaire de tous les vices) que pour lui procurer les choses nécessaires à la vie, qui n'y étaient pas en abondance dans les commencements. C'est pourquoi il y avoit des peintres, des sculpteurs, des menuisiers, des serruriers, des maçons, des vignerons et des laboureurs, qui obéissoient au commandement d'un ancien, et tout leur profit se mettoit en commun pour l'entretien des religieux. Ce qui étant joint à tous les exercices de piété et de mortification, qui sont l'âme et le fondement de la vie religieuse, le saint fondateur fut regardé comme le restaurateur de l'ordre de saint Benoît, dont il faisoit revivre le premier esprit ; de sorte que sa congrégation (qui conserva le nom du premier monastère qu'elle posséda) fut regardée comme une excellente réforme de cet

< . Ce mot est orthographié TYRRON dans uiio copie d'Aveu do 1784, faite par Jean-François Cleray Du Menil h messire Jean-François Ahdias Dcvillevielle, prieur (( tituUairo et coininaudatairo du noble prieuré do Saint-Martind'Heudrevillo. »

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