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Tel est le résumé des mouvements organiques et fonctionnels provoqués sous l'impressionnabilité ou les modifications des facultés vitales radicales que nous avons reconnues. Cette manière de voir est la conséquence d'une expérience comparée, discutée et appliquée comme on l'a vu. C'est maintenant à l'observation plus multipliée encore à la comparer de nouveau. Mais c'est avec confiance que je la livre à mes confrères, parce que ce n'est qu'au moyen de pareils principes que j'ai pu accorder l'expérience générale et traditionnelle avec la pratique de tous les jours.
Toutefois, on dira sans doute qu'il ne résulte guère de nos recherches que ce fait : que toutes les maladies doivent se réduire à deux classes, les sthéniques et les asthéniques; ou mieux, ce qui serait cependant différent, en maladies avec prédominance ou abaissement organo-plastique. Mais ainsi, ajoutera-t-on, nous n'effaçons pas moins beaucoup de travaux qui s'étaient efforcés de reconnaître , au contraire , la nature des maladies, pour en mieux combattre les radicules originelles.
Nous n'effaçons rien ! L'étude de la nature des maladies est toujours une question importante, utile même, en ce sens que, si elle ne peut espérer de faire trouver le remède qui attaque directement l'essence de cette même nature , elle pourrait faire comprendre plus parfaitement que telles maladies, ayant des formes, une marche, des caractères analogues, similaires, devront être attaquées d'une manière spéciale par tels adjuvants diététiques ou hygiéniques. Donc, de telles études n'indiqueraient-elles que la durée d'un traitement, qu'elles seraient encore fort utiles.
D'ailleurs, serait-ce notre faute si, de nos travaux, du rapprochement des faits, et surtout des conséquences de l'hydrothérapie générale, il en résulte un nivellement de toutes les individualités morbides sous les puissances organo-plastiques? Est-ce que toutes les maladies qui naissent sous le désaccord de nos organes et de nos fonctions peuvent guérir autrement que par l'harmonie rétablie dans ces mêmes organes et ces mêmes fonctions? Est-ce nous, au reste, ou les
faits qui avons expliqué, qu'avec un même moyen, suivant la direction imprimée à l'organisme, nous pouvons guérir la plupart des maladies ?
L'hydrothérapie a donc donné le plus éclatant témoignage à la doctrine d'Hippocrate, et s'il reste encore de la médecine empirique quelques moyens utiles, c'est qu'ils se rattachent aux grands principes que nous avons posés, c'est-à-dire que ces moyens atteignent une des facultés ou fonctions résultantes que nous avons distinguées comme prédominantes, et regardées comme forces médicatrices.
C'est ainsi que la saignée, les purgatifs, les vomitifs, les narcotiques ou ébriétifs seront toujours utiles, sinon indispensables ; car il est des conditions pathologiques où il faut soustraire tout à coup, sur-le-champ, des matériaux à la nutrition, où il faut calmer aussitôt une douleur troublant l'harmonie du fluide sensitif. L'observation d'une maladie livrée à la nature nous en montre la nécessité, puisque nous voyons et des hémorrhagies critiques, et des vomissements, et la diarrhée, de même que nous observons les bienfaits du sommeil.
L'hydrothérapie, quoique pouvant atteindre chacune des fonctions capitales de l'organisme, peut ne pas y arriver assez tôt ou assez puissamment, et ne saurait ainsi prétendre à un règne exclusif; mais, à son tour, elle est évidemment indispensable et comptera surtout dans les fastes de l'époque, comme étant venue fournir les dernières preuves à la médecine hippocratique, en fusionnant le vitalisme etl'organieismc, d'autant que le consensus unus d'Hippocrate embrasse ces deux choses à la fois.
Nous espérons qu'il restera principalement de nos travaux que, tandis que, jusqu'ici, l'essence morbide nous a été inconnue; (jue, parmi tant d'efforts, il ne nous a jamais été donné de l'atteindre directement par nos remèdes, nous avons montré qu'on y parvenait plus sûrement en attaquant, par les mouvements organiques imprimés à la suite des facultés médicatrices impressionnées, certaines de nos conditions organo-plastiques, avec lesquelles s'allie toujours cette essence morbide originelle.
Dans cette voie qui, nous en sommes convaincu de la manière la plus intime, est celle de la vérité la plus générale, la mieux démontrée par la science, la mieux étayée par la tradition, la mieux expliquée par la pratique journalière , nous sommes allé plus loin : nous avons montré , autant que les progrès de la physiologie pouvaient nous le permettre, quels étaient les mouvements organiques, les modifications fonctionnelles, plastiques, qu'il fallait particulièrement solliciter dans telle condition pathologique.
Maintenant, sans doute, pour faire de notre ouvrage une doctrine générale de médecine, il faudrait tracer, d'après la nature des maladies, les modes plus ou moins spéciaux d'hygiène, de diététique et de thérapeutique, par lesquels on pourrait plus particulièrement atteindre le but désiré ; mais, dans ce cas, il faudrait des volumes , et , outre que nos faibles moyens intellectuels y succomberaient, la vie d'un homme serait manifestement trop courte. A peine si le concours des générations, qui entreront dans cette voie, pourrait y suffire , en s' aidant de toutes les conquêtes nouvelles de la science.
Ce qui nous console, néanmoins, c'est que, convaincu parfaitement que nous avons pris nos points d'appui les plus solides dans le passé le plus respecté, nous croyons être engagé dans le sillon qu'ouvre l'avenir le plus fructueux.
Ce qui nous fait espérer, c'est que ce n'est pas un système que nous avons élevé, mais une synthèse naturelle de nécessité, pouvant non-seulement nous faire comprendre tous les rapports des phénomènes pathologiques et thérapeutiques dans leurs correspondances physiologiques, mais nous donner encore les moyens de diriger notre pratique, qui, tout en ayant besoin de s'adresser à cette individualité, la vie, ne pouvait l'atteindre dans son insaisissable unité. Maintenant, au contraire, que nous l'avons décomposée en éléments les plus nécessaires, en ceux qui sont indispensables pour la concevoir, mais qui, pour nous, sont compréhensibles à notre intelligence et susceptibles d'être atteints par nos moyens modificateurs, le problème devrait sinon être résolu, du moins
RÉSUMÉ CONCLUANT. i19
être sur la voie qui doit faire espérer de le résoudre, dans les limites cependant de la puissance humaine.
Toutefois , comme nous ne sommes parvenu à ces principes de doctrine que par la pratique, comme la théorie que nous nous sommes efforcé d'exprimer, n'est enfin que pour venir en aide à cette même pratique, dans le but de faciliter de toute manière le praticien, nous ferons suivre ici deux tables. L'une donnera particulièrement les faits généraux, l'ensemble des déductions; l'autre classera uniquement les faits cliniques qui nous ont servi de matériaux primitifs. De cette manière, le lecteur qui voudra consulter la théorie ou la pratique le pourra plus facilement; tandis qu'en les comparant toutes deux, il pourra mieux apprécier l'une par l'autre, et se convaincre qu'elles naissent réciproquement l'une de l'autre.
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