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LES COMORES

c'est là qu'on a établi l'hôpital, la plupart des services administratifs et les logements de la plupart des fonctionnaires.

Il n'y a pas de troupes.

À Mayotte, les moustiques abondent, et parmi euxles anophèles. Le paludisme est fréquent et grave chez les Européens et les créoles de la grande terre. La bilieuse hématurique s'observe communément. Le paludisme paraît peu atteindre les indigènes ; cependant le D'Blin aurait constaté quelques cas de bilieuse hématurique chez eux.

Si le paludisme est la grande maladie des Européens, la /ilariose est celle des indigènes. Elle est extraordinairement répandue parmi eux. Peut-être le tiers, sûrement le quart de la population créole et indigène en est atteint. Elle revêt toutes les formes : hydrocèle, chyleuse avec vaginalite chronique, tumeurs variqueuses de l’aine, éléphantiasis des bourses et des jambes, abcès lymphangitiques, orchite filarienne, accès de fièvre rappelant les accès paludéens, etc.

Après ces deux grandes endémies, les autres maladies n'ont qu'une importance secondaire. Ce sont:

La dysenterie amibienne, très rare, les abcès du foie exceptionnels.

Le béribért n'a jamais été observé que chez les Makoas, qui reçoivent de leurs engagistes une ration uniforme de riz provenant de Bombay. Le simple changement de régime a toujours eu pour effet de guérir ou du moins d'améliorer considérablement la maladie, toutes les fois qu’elle n'était pas trop avancée.

L'ankylostomiase, assez fréquente sur les propriétés sucrières, ne paraît pas exister dans les villages libres. Le nématode et son œuf sont exactement semblables à ceux d'Europe.

Il n'a jamais été observé de bilharziose.

La variole n’y est pas endémique, mais de temps en Lemps un cas est importé de l'extérieur. Comme les Mahorés musulmans sont absolument rebelles à la vaccine et que les Malgaches, sans refuser de se faire vacciner, y mettent tout au moins une assez grande négligence, il arrive qu'il se déclare alors une épidémie formidable. Huit cents indigènes périrent en 1898. Les Makoas, à qui leurs engagistes imposaient la vaccination, n'ont eu cette année-là qu'un seul cas, non suivi de décès.

Des cas de rougeole ont été importés. Ils se sont éleints sur place sans provoquer d'épidémie.

La grippe n'a jamais fait de ravages sérieux.

La peste n'a jamais paru à Mayotte, malgré les fréquents arrivages de boutres venant de Bombay, non plus que le choléra.

La diphlérie n'y existe pas. Il n'y a pas de rage. Le télanos est fréquent.

La {uberculose existe, mais ne revêt pas un caractère menaçant.

Cinquante à soixante /épreux sont internés dans l'ilot de M'Zam-

bourou On peut estimer que les lépreux libres dans l’ile atteignent un nombre au moins égal.

Les maladies de peau, à part la gale, sont rares. Les indigènes sont d’ailleurs d'une grande propreté.

La chique, qui n'existait pas en 1899, a été introduite dans les Comores par Mohéli, qui fut directement infecté par Madagascar.

Il est à présumer que la lèpre existe depuis longtemps aux Comores, les habitants de cet archipel étant en relations constantes, depuis des siècles, avec l'Arabie, la Perse, l'Inde et le continent africain.

Les indigènes connaissent la contagiosité de cette affection, aussi se sont-ils empressés de tout temps d'isoler les lépreux.

Il n'y a qu'une seule léproserie aux Comores, dans l’île de M'Zambourou, située au nord de Mayotte et séparée d'elle par un bras de mer de 4 milles environ.

Au dernier recensement, les lépreux internés étaient au nombre de 64, dont 53 hommes et 11 femmes.

Les Anjouanais font la chasse aux lépreux qui se sont isolés d’euxmêmes à Chicoundouni en face de l'ilot à la Selle, où ils ont fondé un petit village. Une vieille femme lépreuse les soigne au moyen de simples. Du fait de cet isolement, la contagion est assez restreinte, bien que les malades ne se rendent dans ce village que quand leur affection est déjà avancée.

On comptait 70 Iépreux à Anjouan à la fin de 1904.

La lèpre existe à Mohéli; elle tend à prendre d'autant plus d'extension que les malades ne sont pas isolés. Un point d'isolement avait été choisi dans la vallée de Déméani, mais les isolés n'y restaient pas.

Le nombre des lépreux connus était de 14 en 1904.

A la grande Comore, il ÿ aurait, d'après un recensement fait en 1904, 260 lépreux répandus un peu partout.

L'administration ne s'occupe que des lépreux internés à M'Zambourou. Ils sont ravitaillés tous les deux mois et reçoivent chacun 400 grammes de riz sec par Jour et 20 grammes de sel.

Depuis peu, du sucre a été ajouté à cette ration.

On leur fournit des instruments aratoires, des lignes de pêche et des hamecçons. Ils ont droit à deux vêtements par an.

Les naissances sont excessivement rares à la léproserie; les nouveau-nés sont dirigés sur Mayotte à la première occasion (A. Kermorgant).

Le pied de Madura n'a jamais été signalé.

Le pian existe, mais n'est pas fréquent.

Mème remarque pour les ulcères phagédéniques des pays chauds.

Les maladies vénériennes ne sont pas très répandues dans la population libre, mahoré et malgache, dont les mœurs sont bonnes.

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