TERRITOIRE DE PONDICHÉRY
elles par de vastes baies devant lesquelles sont tendues des nattes en vétyver que l'on arrose fréquemment pendant la saison chaude, ce qui contribue à rafraîchir l'air et à l'embaumer.
Des pankas constamment agités contribuent également à renouveler l'air dans les pièces, même pendant la nuit. Dans certaines maisons, on en place au-dessus des lits.
Les logements occupés par les Topas et par la partie malheureuse
Fig. 54. — Puits de Mouttrépaléom, qui alimente une partie de la ville de Pondichéry.
de la population blanche ne présentent pas le même confort; ils sont en général petits, surpeuplés, bas d'étage, couverts en tuiles, n'ayant souvent pour tout plancher que le sol.
La ville noire ou indienne, d'une superficie de 1509 682 mètres carrés, en forme de demi-cercle, est circonscrite à l’est par le canal et, dans les autres sens, par une ceinture de beaux boulevards se rejoignant à ceux de la ville blanche et formant, sur une longueur d’environ 6 kilomètres, une promenade très fréquentée. Il existe quelques grandes et belles rues plantées de cocotiers ; les autres sont étroites, sablonneuses, défoncées et parsemées de crevasses où se forment des flaques d’eau croupissante pendant la saison des pluies. Un petit canal traverse la ville noire de l’ouest à l’est, à peu près dans son
centre, en recueille les eaux pluviales et les déverse dans le grand canal. On y rencontre quelques maisons en briques à un étage, bâties à la française ; mais. le plus grand nombre sont en terre, basses, étroites, avec véranda extérieure sous laquelle les: indigènes se reposent le soir sur une natte étendue sur le sol. Quant aux paillotes, elles sont en argile, avec toitures en paille ou en feuilles de palmiers reposant sur une charpente en bambou.
EAU D'ALIMENTATION. — L'eau consommée à Pondichéry provient de sources très différentes : 1° du puits de Mouttrépaléom (fig. 54) creusé à 3 mètres de l'étang du même nom, situé à 6 kilomètres de la ville ; 2° de puits forés jusqu'à la nappe aquifère superficielle ; 3° de puits artésiens ; 4 d’étangs ou de mares.
L'eau des puits ordinaires, des étangs et des mares a été reconnue nuisible à la santé publique. Quant à l'eau de Moutirépaléom, amenée en ville par une canalisation en maçonnerie construite en 1863, et que l’on remplace actuellement par une conduite en fonte, elle est suspecte, sinon dangereuse (Henry). Ce puits paraît, en effet, alimenté par la même nappe d’eau que l'étang dont il est si rapproché et dans lequel se baignent tous les habitants de la région, ainsi que des troupeaux de buffles et de bœufs.
De toutes les eaux que l'on boit à Pondichéry, l’eau des puits artésiens est seule de bonne qualité; mais la nappe jaillissante ne se rencontre que dans la partie sud de la ville, et jusqu'ici le nombre de ces puits mis à la disposition des habitants est très limité. La nappe artésienne, n'étant pas, paraît-il, susceptible de fournir à la ville la quantité d'eau nécessaire, l'administration vient de sé décider à contracter un emprunt pour l’adduction d'une eau potable.
SOL. — Le sol de Pondichéry est presque entièrement formé de couches de sable et de dépôts alluvionnaires apportés par les 8 cours d’eau qui sillonnent ce territoire. Les plus importants sont les rivières de Gingy ou Ariankoupom et de Ponnéar, qui prennent leur source à 10 myriamètres dans l’intérieur. Outre ces cours d’eau, il existe 9 canaux de dérivation, 5 barrages, 59 étangs, 202 sources environ, 12 puits artésiens, 53 réservoirs servant aux irrigations.
Pendant la saison sèche, la rivière de Gingy, sans communication avec la mer, donne naissance, en se répandant sur le sol, à des marais insalubres.
En résumé, l'établissement de Pondichéry n'est qu'un vaste delta bordé de canaux, d'étangs et de lagunes.