TERRITOIRE DE MAHÉ
Le territoire de Mahé, sur la côte de Malabar, se trouve dans la province de Calicut, à 416 kilomètres à l’ouest de Pondichéry. La superficie totale de ce comptoir, qui compte 9359 habitants, est de 59 000 hectares. Il est borné d'un côté par la mer et par un petit cours d’eau appelé rivière de Mahé, de l'autre par une bande de collines calcaires de hauteur moyenne.
La petite ville de Mahé, bâtie sur la rive gauche de la rivière du
même nom, est enfouie dans un véritable nid de verdure. Les rues et les chemins sont généralement assez larges; il existe cependant un grand nombre de petites ruelles dont quelques-unes, encaissées entre les murs de terre qui les bordent, ne peuvent laisser passer de front qu'un piéton. Les rues sont propres et balayées chaque jour; un nombre considérable de corbeaux voraces se chargent d’ailleurs de purger la voirie des moindres immondices.
La plupart des maisons habitées par les Européens, les créoles et par quelques indigènes aisés de Loutes castes, sont à étage, assez spacieuses, largement aérées et bien éclairées par des ouvertures en nombre suffisant. Blanchies à la chaux à l'intérieur et à l'extérieur, ce qui leur donne un bon aspect, elles sont couvertes en chaume ou en tuiles et parquetées en planches. Le plancher est souvent remplacé par un mélange de chaux et de sable ou de terre associée au résidu solide des étables à bœufs.
La population indigène est mal logée dans des maisons couvertes en feuillages, basses, construites en pierres ou en torchis, ne laissant pénétrer ni air ni lumière, quoique espacées les unes des autres, à cause de la végétation luxuriante qui les entoure. Cette végétation a en outre l'inconvénient d'entretenir autour d'elles une humidité d'autant plus grande que, pendant toute la durée de la mousson de sud-ouest, qui balaye la côte Malabar, les pluies sont presque continuelles à Mahé.
Ce coin de territoire est alimenté en eau par de nombreux puits forés à une assez grande profondeur et protégés par un bon mur de revêtement en pierres et une margelle de 1 mètre de hauteur. Quelques-uns d’entre eux tarissent à la fin d'avril et en mai, après les grandes sécheresses de plusieurs mois; tous fournissent une eau de bonne qualité, fraîche et d'un goût agréable (Chanot).
Le sol, rouge et argileux dans son ensemble, laisse cependant filtrer l'eau assez rapidement et fait vite disparaître toute trace d'humidité lorsqu'il n’est pas trop tassé.