‹ hygiene colonialeChapitre 165 sur 251 · partie exclusivement habitée par les natifs, appelée ville noire · texte numérisé non relu

partie exclusivement habitée par les natifs, appelée ville noire

Dans la ville blanche, percée de rues assez larges, bien entretenues, les maisons isolées les unes des autres par les jardins qui les entourent, sont à rez-de-chaussées surélevés. Dans la ville noire, la plus grande partie de la population est logée dans des cases en terre ou en bambou, rapprochées les unes des autres et enfouies au milieu de masses de buissons, de palmiers, de bananiers et de bambous. Les voies de communication consistent en ruelles et en sentiers resserrés et tortueux. Des détritus de toutes sortes sont jetés au premier endroit venu, autour des maisons ou dans les étangs; de plus, des trous creusés en terre servent de dépotoirs. Les corbeaux sont, avec les milans et les vautours, les meilleurs agents de la voirie.

Les eaux d'alimentation consommées par les habitants proviennent de l'Hougly ou des étangs. Étant donnée leur provenance, il est inuüile d’insister sur leur non-potabilité. Les blancs traitent l’eau du fleuve par l’alunage et la filtration, mais les indigènes ne lui font subir aucune préparation. Tout récemment, une somme nécessaire a été votée pour doter la ville d'une eau potable.

On compte sur ce territoire plus de 1500 étangs grands ou petits, répartis dans les différents quartiers de la ville et constituant des mares croupissantes alimentées par les infiltrations de la nappe souterraine, soumise elle-même aux oscillations produites par les crues du Gange.

Le sol de Chandernagor est constitué par des atterrissements alluvionnaires lentement accumulés, à la suite des crues du fleuve. Audessous existe une couche d'argile plus ou moins compacte, contenant du sable et des traces d'oxyde de fer. En creusant plus profondément, on rencontre par ordre de superposition : du sable, une nappe d’eau, un agglomérat de grains siliceux et de gypse.

On peut dire, d’une manière générale, que le climat de nos établissements dans l'Inde, régi par les moussons, dont l'influence se fait plus particulièrement sentir aux bords de la mer, est salubre. Toutefois leur dissémination sur un vaste territoire entraîne forcément des différences trop grandes dans leur climatologie pour permettre d'en donner une vue d'ensemble.

L'année se divise en deux saisons principales : la saison sèche et la saison pluvieuse, variant de durée suivant les territoires.

Pondichéry. — À Pondichéry, la saison sèche dure du 1‘ janvier au 15 octobre environ; la température oscille en ce moment, pendant le-jour, entre 319% et 42° C: et, pendant la nuit, entre 27° et 29°. La saison relativement fraîche comprend les autres mois,

pendant lesquels la température varie de 25° à 32° pendant le jour et de 13 à 20° pendant la nuit. Cette saison est la plus humide, les vents qui soufflent du nord-est et du sud-sud-est passant sur la mer et entrainant avec eux une certaine quantité de vapeur d’eau, tandis que, dans la saison chaude, les vents d'ouest provenant de l'intérieur des terres sont desséchés par leur passage sur le sol échauffé par un soleil ardent.

L'humidité relative arrive en octobre à 80°,56, augmente en décembre, où elle atteint son maximum 84°,29, descend un peu en janvier et février, tout en se maintenant à 81°; tombe à 79° en mars pour remonter à 83° en avril, puis redescend en mai, juin, Juillet, pour se relever ensuite. La tension de la vapeur d’eau suit généralement une progression inverse; elle augmente quand l'humidité diminue et vice versä. Il y a cependant des exceptions à cette règle.

Karikal. — La température et les saisons de Karikal sont sensiblement les mêmes que celles de Pondichéry.

Chandernagor. — Le climat de Chandernagor, en raison du grand nombre de bois et d’étangs qui entourent la ville, est un peu plus frais que celui des pays environnants ; la température y présente de plus grands écarts que dans nos autres établissements. Elle s'abaisse parfois en janvier à 8° et 7° C. et monte en mai jusqu'à 43°; la moyenne est de 22°, d'octobre à mars. On n'y connaît également que deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies.

L'humidité est très grande du 15 juillet au 15 octobre. Les nuits comparées aux jours sont souvent très humides; il arrive fréquemment qu'à certains jours l'hygromètre marque de 75° à 80° à midi et de 75° à 98° pendant la nuit.

Mahé. — Le climat de Mahé est sain, mais excessivement humide pendant la mousson de sud-ouest et surtout pendant la période des grandes pluies. La température y est plus fraîche et plus régulière que dans nos autres comptoirs ; elle varie de 22° à 26° en janvier, février et mars; de 25° à 30° d'avril à septembre, et de 23° à 27° en octobre. En résumé, la température moyenne de l’année est de 24° à 25° C. environ. Les mois de novembre et de décembre sont les plus frais.

Yanaon. — Le climat de Yanaon, relativement salubre, participe en quelque sorte des climats de Chandernagor et de Pondichéry. La température oscille entre 20° et 26° de novembre à janvier, entre 36° et 42° de mai à juin, entre 28° et 34° de juillet à octobre.

PLUIES. — Pondichéry. — Les pluies, en général rares à Pondichéry, ne tombent avec quelque fréquence qu'en juillet et août, puis en octobre, décembre et janvier. La quantité moyenne annuelle d'eau tombée est de 0,675. Les pluies sont loin d'être périodiques pour des causes inexpliquées jusqu'ici; leur apparition avance ou

Page 1