ÉPURATION BIOLOGIQUE
Le tout à la mer est un bon procédé, à la condition de conduire les ordures au loin. Siles matières ne sont pas lransportées à une grande distance, elles empoisonnent le point dela côle où elles se répandent. On connait l'exemple du vieux port de Marseille, de Toulon, d'Honfleur. Le va-et-vient des marées détermine un reflux des immondices et des détritus. À Rio-de-Janeiro, jusqu'en 1850, la mer, en se retirant, laissait à découvert une montagne de matières fécales, qui, sous l'influence du soleil, dégageaient une odeur nauséabonde et déterminaient la grande insalubrité de la ville.
Donc le tout à la mer exige le transport à de grandes distances.
Le {out à la lerre peut être empioyé pour les habitations, ou les groupements éloignés de la rivière ou de la mer. Il demande quelques précautions : le transport des matières doit se faire dans des caisses ou des vases bien fermés. C'est ainsi qu à la Réunion on enterre les matières fécales, mais le service est fait avec des tinettes mal fermées qui répandent sur tout le parcours les immondices. A Saïgon, où 1l existe bien un réseau d’égouts qui ne servent qu'à recevoir les eaux pluviales d'une partie de la ville, la vidange est faite par les maraichers chinois au moyen de baquets de hois. Là encore, le danger d'infection n'est pas écarté, car les immondices peuvent tomber sur le sol. Cette observalion s'applique même à quelques villes d'Europe où le service n’est pas fait avec des voitures étanches.
ÉPURATION BIOLOGIQUE. — « Il existe des procédés plus modernes, pour se débarrasser des immondices, procédés destinés à rendre le plus grand service aux colonies, et qu’on appelle des procédés d'épuration biologique.
« Les eaux d'égout, les eaux résiduaires industrielles contiennent deux grands groupes de substances : les substances ternaires (sucre, amidon, cellulose, acides organiques) et les substances quaternaires, qui comprennent toutes les matières azotées.
« Les anaérobies transforment les premières en éléments minéraux simples, acide carbonique, hydrogène, azote et formène; les secondes en produits amidés et ammoniacaux, qui, sous l’action des ferments nitriques, se transforment en nitrates. Une: eau d'égout est épurée lorsque toutes les matières organiques, ternaires ou quaternaires, qu'elle renferme ont subi ces désintégralions successives et sont devenues des substances minérales.
« Les expériences faites en Angleterre par Cameron, Dibdin, Scott- Moncrief, etc., ont précisément montré que la nature peut être puissamment aidée par les moyens artificiels qu'on peut adapter à un grand nombre de localités ou d’emplacements, alors qu'on ne trouve pas des terrains fillrants en quantité suffisante ; on peut choisir alors, pour la composition des filtres, des matériaux de nature et de porosité convenables : ce sont les lits baclériens artificiels. De plus, on a cher-
ché à fraclionner le travail des bactéries aérobies et celui des bac-
téries anaérobies. On arrive ainsi à la conception de Cameron : le bassin septique, où agissent les anaérobies; et à celle des lits de contact, de Dibdin, ou des filtres continus, où l’on fait travailler surtout les bactéries aérobies. »
Les procédés employés sont donc au nombre de trois :
a. Bassin septique. — La fosse septique qui est un bassin, couvert ou non, dans lequel l’eau à traiter coule lentement, de manière à y séjourner au moins vingt-quatre heures. Pendant ce temps, il se fait une fermentation anaérobique qui désintègre les matières organiques en dégageant des gaz; les hydrocarbures sont décomposés; les matières quaternaires azotées sont transformées en matières plus simples, partiellement liquéfiées et ainsi préparées pour l’action ultérieure des aérobies ou bactéries nitrifiantes.
b. Lits de contact. — Les lits de contact, préconisés par Didbin, sont des bassins étanches, remplis de matériaux poreux; la méthode d'épuration consiste en ce fait que l’eau, au lieu de filtrer régulièrement, est versée dans le bassin et, après un certain temps de séjour, est évacuée au moyen d'un drainage inférieur. Après quoi, on laisse le lit se reposer, puis l'on recommence. Ces lits sont souvent construits à deuxou trois étages, afin d'obtenir une épuration suffisante.
c. Filtres continus. — Enfin, le troisième système est la filtration continue.
Ces procédés sont ceux de l'avenir, aux colonies.