‹ hygiene colonialeChapitre 216 sur 251 · PES · texte numérisé non relu

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Cette gravilé s'explique par l'abondance extraordinaire des puces dans celle région, par l'indifférence des Canaques qui ne se soumettent pas rapidement aux injections de sérum et aussi par l'habitude qu'ont les indigènes de veiller les morts et de faire auprès d'eux des fêtes funéraires qui provoquent des rassemblements el facilitent la contagion. Le traitement par le sérum a donné de bons résultats dans la population civile à Nouméa, où il était employé, dès le début de l'infection, en injections intraveineuses, avant le troisième jour de la maladie.

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Situées à 80 milles de la Grande-Terre, les îles Loyauté en sont les principales dépendances. De formation madréporique, elles sont constituées par des plateaux dont le plus élevé est à Maré, où l’on ne dépasse pas 100 mètres d'altitude.

Lifou, la plus grande et la plus peuplée, possède environ 6 000 habitants; on en compte environ 3000 à Maré et un millier à Ouvéa, qui n'est qu'une longue plage aux nombreux cocotiers.

Plus intelligents et plus laborieux que les Néo-Calédoniens, les Loyaltiens dominaient jadis la côle est de la Grande Ile, vers laquelle les vents alizés poussaient leurs cotres et où l’on retrouve des vestiges de leur influence. Excellents marins, ils font en outre le commerce du coprah, la pêche de la biche de mer (holothurie très appréciée des Chinois). Leurs terres font partie des réserves indigènes : aucun Européen n'y possède, ce qui a préservé jusqu'ici les habitants du contact du bagne. De plus, l'alcoolisme est peu répandu : un arrêlé du gouverneur y interdit la vente des alcools. Un grand nombre d'indigènes se sont constitués en sociétés de tempérance.

Aussi les Loyauté sont-elles aujourd'hui des îles paisibles : délivrées des guerres et de l'anthropophagie, les populations cullivent leurs ignames el leurs taros ; aux mois chauds de l’année, elles gagnent les plages sablonneuses, où elles vivent de pêche et de coquillages; de nombreux cotres apportent au marché de Nouméa leurs oranges el leurs légumes.

Les jeunes gens fréquentent les écoles jusqu'à seize et dix-huit ans et deviennent une main-d'œuvre recherchée sur la Grande-Terre. Un certain nombre de logis sont en pierre, entourés de vérandas. En l'absence de rivières, on récolte l'eau de pluie dans des citernes recouvertes de larges tôles en position déclive.

Malheureusement, le tonga, la lèpre et la tuberculose sont très répandus dans ces îles, à Maré principalement, où la population semble diminuer très vite depuis quelques années.

On compte environ 190 lépreux à l'heure actuelle, répartis de la façon suivante : |

ARCHIPEL DE LA SOCIÉTÉ. 1 2507 NO CES RTS TER en A PR do Liane LE à 150 environ. BCE PRE AP Re ER ER ES : 30 — OC Re ie à Ses 10 —

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Comme en Nouvelle-Calédonie, la lèpre tuberculeuse est la plus répandue. La mortalité est considérable; la maladie se prolonge rarement au delà de quatre à cinq ans (1).

Les lépreux sont isolés sur l'ilot de Doudoune, à proximité de Lifou et de Maré, mais cette mesure ne saurait être efficace que si elle est complétée par des enquêtes suecessives. La présence d'un médecin aux Loyauté permettrait seule d'assurer l'isolement rigoureux de tous les malades. Le médecin aurait d'ailleurs un rôle très important à remplir : par sa propre autorité morale, par ses conseils, il habituerait peu à peu l'indigène à la propreté, à la notion de contagiosité ; il aurait à lutter contre l'usage des pratiques abortlives et pourrait, en outre, introduire la vaccine aux Loyauté. Avec un simple cotre, ses déplacements seraient faciles entre les îles, grâce aux alizés, et des tournées fréquentes permettraient d'assurer le service médical et l'isolement des lépreux.

Plus robustes et plus intelligents que les Néo-Calédoniens, les Loyaltiens pourraient être ainsi préservés plus facilement d'unerapide disparition.

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