MÉTÉOROLOGIE
insulaire, d'où rayonnent des contreforts vers le bord de la mer, séparant des vallées étroites aux torrents nombreux, à végétation abondante.
GÉOLOGIE. — Ces terrains volcaniques sont environnés de madrépores. Aussi le sol, sur un squelette de basalte, est-il formé de brèches volcaniques, de couches de lave poreuse, mêlées elles-mêmes le long de la côte à des débris de coraux. Il se forme ainsi un sable blanc corallin sur les plages et, dans l'intérieur, un sable noir volcanique.
La zone généralement habitée est cette bande étroite de terre qui longe la mer et peut acquérir 3 kilomètres de largeur. Elle est marécageuse, et l'innocuité relative de ces maraïs a étonné longtemps les Européens : ces îles ne connaissent pas le paludisme, si ce n'est par ses cas d'importation. Le sous-sol est très poreux. L'absence d'Anopheles expliquerait mieux la salubrité des îles de la Société.
Quelques sources d’eau ferrugineuse, dont la température varie de 21 à 22°, sont répandues dans l'île. Les sources chaudes font défaut (1).
MÉTÉOROLOGIE. — Deux saisons, dont l'arrivée se fait par périodes de transition : l’une sèche et tempérée, de mai à septembre, l'autre pluvieuse et chaude, d'octobre à avril.
La température moyenne de l’année est de 24°,79. En août elle descend à 17°,41, en avril elle remonte à 29°,28. Les minima de l’année sont à Papeete, le chef-lieu, de 14°, les maxima de 35°. A l'embouchure des rivières, les habitants ressentent de brusques variations de température la nuit : alors descend des hauts sommets du centre une brise fraîche, le Aupe, qui est surtout dangereuse pour les individus en incubation de tuberculose et de dysenterie. La température peut ainsi descendre rapidement à 13° à cinq heures du matin, alors qu’à la même heure, en d’autres points de l’île, elle est de 21°.
Les vents d'est passant au nord-est ou au sud-est sont les vents régnants. Pendant l'hivernage soufflent des vents d'ouest. Les ouragans sont rares. - ;
La tension de la vapeur d’eau et l'humidité relative sont très élevées : pour la vapeur d’eau, on note 17"*,85 comme minima de l'année et 21,96 comme maxima. La moyenne est de 20,84. L'état hygrométrique varie entre 79,70 et 89,05, avec des moyennes de 84,93. D'après Dutroulau, les chiffres extrêmes de l'humidité varient entre 70,8 et 99,6. La région la plus sèche est celle de Papeete et ses environs. Les différences d'humidilé suivant les lieux rendent la végétation Lrès variée.
Les inondations sont fréquentes, interrompant souvent les com-
(1) H. Rey, Contributions à l'étude de la géographie médicale. Arch. de médecine navale, t. IV, p. 195, 1865.
munications pendant l'hivernage. Le baromètre varie entre 756 et 761%%,46. La hauteur moyenne de l'année est de 758"",64.
La flore tahitienne est plus australe que tropicale. La faune est pauvre; les oiseaux sont rares. Il n'y existe pas de serpents terrestres. Mais les insectes abondent, les Culicides entre autres.
ANTHROPOLOGIE. —LeTahitien est considéré comme le type de la race polynésienne. Ce’sont les plus beaux parmi les Canaques; la taille est élevée, le teint cuivré; les cheveux, d’un beau noir, sont rarement crépus. Le squelette offre une conformation parfaite ; mais, après l’âge de la puberté, l'obésité survient rapidement, surtout chez les femmes, et déforme le visage.
La nourriture de l’indigène est surtout végétale : le fruit de l'arbre à pain sert à préparer la popoï, pâte qu'on enferme entre des feuilles de bananier et qu'on laisse fermenter dans la terre, où elle prend souvent une saveur aigrelette; les bananes, le taro, l'igname, l’arrowroot, la volaille et le porc constituent les aliments les plus communs.
On s’enivre encore avec la liqueur du kawa-kawa (Piper methyslicum), mâché par des jeunes filles dans le cercle de la famille ; mais les alcools d'importalion sont venus prendre la plus grande place dans la vie indigène.
Les excès vénériens sont très répandus dans toutes les îles d: l'archipel : aussi les indigènes ont-ils presque tous des écoulements ou des accidents syphilitiques qui viennent parfois par poussées épidémiques.
POPULATION. — La population indigène, qui avait semblé s’accroître au début de l'occupation, se maintient à peine à son niveau primitif.
On comptait autrefois :
ee
DAME Re 8082 hab, 7169 hab. 9086 hab.
Moonrcas CLéP eee 1372 — 1114 — 1261 —
Ces chiffres ont peu varié depuis. La population européenne a augmenté très lentement. Sur 7642 Tahiliens, en 1864, il y avait 9950 Français, plus 500 hommes de la garnison et de la station navale. Papeete, le chef-lieu, comptait alors 2000 habitants environ. Actuellement on y trouve environ 1600 Européens et 450 Chinois.
.D'après le D' Lemoine, la natalité et la mortalité se répartissent ainsi pendant les années 1897, 1898, 1899 :