‹ hygiene colonialeChapitre 242 sur 251 · HOSPITALISATION · texte numérisé non relu

HOSPITALISATION

humides, mal éclairées, qui sont utilisées en cas d'encombrement, ou pour le traitement des maladies de la peau.

Au premier élage, se trouvent deux salles de 18 lits chacune, spacieuses, largement aérées, une salle d'officiers comportant 4 lits, une salle de sous-officiers comportant lits, enfin la lingerie el une salle servant jadis de dortoir aux sœurs, et qui peut être aujourd'hui affectée aux malades.

Dans la cour, en arrière du bâtiment, existent deux baraquements en planches, dont l’un contient deux cabanons. L'autre, renfermant une dizaine de lits, est affecté à la diphtérie, qui autrefois sévissait cruellement parmi la population. Bien que de construction ancienne, l'hôpital de Saint-Pierre est encore en excellent état. Il répond amplement aux besoins de la population et des pêcheurs.

Comme autres établissements hospitaliers annexes, la colonie possède un lazaret à Savoyard et un lazarel à l'ile aux Vainqueurs. Le premier, à 2 kilomètres environ de la ville, contient une vingtaine de lits. Entretenu en très bon état, 1l est destiné à isoler les maladies contagieuses qui pourraient se déclarer dans l’intérieur de la ville.

Le second, très suffisant, très confortable même, est destiné à recevoir les contagieux provenant de la métropole. Il peut abriter 150 malades.

HOSPITALISATION. — Examinons maintenant dans quelles proportions l'armement métropolitain et l'armement local paient tribut à la maladie, en prenant comme exemples les années 1902 et 1903.

Comme l'établissent les statistiques médicales de ces deux années, le nombre des entrées à l'hôpital colonial a été considérable; c’est ainsi que de 374 en 1901 il s'est élevé à 442 en 1902, à 465 en 1903.

Sur les 442 entrées de 1902, 399 ont été fournies par la marine de commerce. De ces 399 entrées, 64 seulement ont été fournies par les 7500 hommes montant les navires armés en France, ce qui ferait 1 hospitalisation pour 117, ou 8,5 hospitalisations pour 1000. Les 339 autres entrées nous ont été données par les 3500 inscrits montant les goélettes Saint-Pierraises, augmentés des 500 graviers employés

aux habitations ; soit 1 hospitalisation pour 12, ou 83,7 pour 1 000.

Sur les 465 entrées de 1904, 420 ont été fournies par la marine de commerce. De ces 420 entrées, 92 seulement provenaient des 7500 hommes montant les navires armés en France, ce qui ferait 1 hospitalisation pour 82, ou 12,3 hospilalisations pour 1000. Les 3928 autres entrées provenaient des 3 300 inscrits montant les goélettes Saint-Pierraises, augmentés des 400 graviers employés aux habilations ; soit 1 hospitalisation pour 11 hommes, ou 88,5 pour 1000.

Ces chiffres, d'une exactitude rigoureuse en ce qui concerne la morbidité de l'hôpital colonial, ne sont cependant pas absolus par le fail qu'en 1903, comme en 1902, 150 marins environ ont été soignés dans une maison de santé particulière. En tenant compte de ces

150 malades, on verrait que le pourcentage morbide est encore supérieur à celui qui a été indiqué, sans que les proportions soient altérées en ce qui concerne les contingents de malades fournis par l'un et l’autre armements.

Ce qu'il faut retenir, c'est que pendant ces deux années les équipages des goélelles Saint-Pierraises ont donné 10 fois plus d'hospilalisations que les équipages des navires armés en France.

Ces chiffres sont d'une éloquence sinistre; etencore, est-il besoin de le dire, un certain nombre d’affections sont soignées en dehors des établissements hospitaliers, et dans le nombre il s'en trouve de graves, souvent de mortelles.

Le prix de 4 francs que coûte la journée d'hôpital effraie bon nombre d’armateurs peu fortunés ou, plus souvent, trop âpres au gain. Malheureusement, l'Inscriplion maritime semble désarmée en face de la loi sur la marine marchande, loi surannée et défectueuse, tout à l'avantage de l’armateur, el qui ne garantit pas au marin inscrit une assistance médicale effective.

Cette loi dit bien que l'armateur doit au marin inscrit les soins médicaux, mais sans spécifier que, si la maladie l'exige, ces soins doivent être donnés dans un établissement hospitalier. Toutes les portes de sortie sont, de ce fait, laissées ouvertes à l’armateur, qui peut opposer aux injonclions du commissaire de l'Inscriplion marilime et du médecin son prétendu droit de refuser lentrée à l'hôpital à l'inscrit, quel que soit l'état de ce dernier. C'est ainsi qu'en 1901 un armateur put faire sortir de l'hôpital, malgré l'opposiüon du chef du service de santé, un malade dont l'état élait déses-

péré. L'Inscription maritime estima que l’armateur était dans son droit.

Page 1