‹ Hygiène colonialeChapitre 11 sur 194 · I. — Races · texte numérisé non relu

I. — Races

' 10 Individus de races blanches. — Les individus de 'races méridionales. Espagnols, Portugais, Italiens, qui pa- G. Reynaud. Hygiène coloniale. lï. — i

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raissent avoir plus d’aptitude à coloniser les pays chauds, doivent cette supériorité d’abord à leur sobriété ordinaire et, secondairement, à une assuétude native à la chaleur. Mais cette supériorité, limitée à l’adaptation climatérique, disparaît devant les maladies. Elle s’efface en g'rande partie si les individus des autres races possèdent une égale sobriété .

Dans le haut Sénégal (D’’ Plouzané) et au Congo belge Poskln), aucune différence n’a été constatée entre les l’rançais du Midi ou les Italiens d’une part, les Belges et les Scandinaves d’autre part. Les observations du docteur Gros, faites, à Loango (i), sur une population européenne de toutes les races et l’expérience faite au Congo Belge sont particulièrement instructives et capables d’affaiblir l’opinion anciennequi confère un privilège aux races du Midi. (( De nombreux ouvriers italiens ont été engagés pour travailler aux chemins de fer du Congo ; ils n’ont pas mieux résisté au climat que les Belges, mais plutôt moins, beaucoup d’entre eux s’astreignant à un régime alimentaire trop débilitant. D’autre part, beaucoup de Scandinaves (Danois, Suédois, Norwégiens) ont été engagés par l’État, spécialement pour le service de la marine, tant dans l’estuaire du Congo que sur le haut Fleuve; ils ont, en général, très bien résisté, sauf quelques sujets d’un lymphatisme exagérée (2). »

2® Individus de race colorée. — L’Européen a besoin de la main-d’œuvre indigène pour toutes ses entreprises dans les pays chauds insalubres ; il ne peut que diriger et surveiller les travailleurs de races colorées.

L’adaptation native des indigènes à la chaleur et l’immunité relative dont ils jouissent à l’égard du paludisme, le prix peu élevé que coûte un travailleur ou un soldat indi-

(i) Hrc/iû'c’5 de médecine navale, 1889, page /jOi.

(2; Bourguignon, Dr3’epondt, Firket, Climat du Congo. Ila^’cz, imprimeur. Bruxelles.

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gène, imposent l’obligation de recourir à cet élément pour la colonisation européenne (i).

Il résulte des statistiques militaires que les indigènes ont une morbidité et une mortalité généralement 3 ou 4 fois plus faibles que celle des Européens placés dans les mêmes conditions. Cependant, cette différence s’atténue considérablement à mesure qu’on s’éloigne de la période d’occupation et des travaux d’installation pour entrer dans la période d’exploitation régulière permettant des conditions matérielles améliorées. Les statistiques ci-après en font foi (voir le Tableau, page 4)*

Pour les expéditions militaires importantes la proportion de blancs et d’hommes de couleur sera de i quart de soldais blancs pour 3 quarts de soldats indigènes ; pour une petite expédition, une exploration ou pour les travaux industriels et agricoles, il ne faut que le nombre de blancs suffisant pour former un cadre, un état-major, des contremaîtres, des chefs d’équipes. •

Les conditions physiques à exiger des indigènes seront énoncées plus loin en même temps que celles que doivent remplir les Européens. Il est des aptitudes provenant de la race, de la similitude de climat et de milieu, de la proximité du pays d’origine, dont il faut tenir le plus grand compte quand on procède au choix de ces auxiliaires indispensables.

Parmi les races de couleur, les Sénégalais, les Cafrcs,

(i) Un soldat européen coûte 2.127 à 2.54o francs par an.

— tirailleur soudanais — — —

— — sénégalais — 980 — —

— — tonkinois — 55o — —

Un noir Crooman ou Mina (en Afrique) 20 fr. par mois et la nourriture

— ouvrier Tonkinois 6 à 8 piastres (à 3 fr.) par mois.

— — européen (au Tonkin) 100 à 120 piastres. —

— — cafre (à la Réunion) 1 fr. 5o par jour.

— — européen — 8 à 10 fr. —

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