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MALADIES

atteinte de paludisme est une menace pour l’avenir et prépare des invalidations répétées. Aussi ne saurait-on apporter trop de soins à la recherche de l’anémie, des altérations du foie, de la rate, à Vexamen microscopique du sang*.

Il en est de même des maladies chroniques de l’estomac et de l’intestin : dyspepsies rebelles, gastrites, diarrhées, dysenteries chroniques, congestions du foie, lésions consécutives aux hépatites qui sont des contre-indications formelles au départ. Le ralentissement subi par les fonctions digestives, la perturbation des fonctions du foie, des sécrétions de l’estomac et de l’intestin, l’insuffisance du foie qui en résulte font aisément comprendre les graves inconvénients qui résulteraient de la préexistence des maladies de cette nature, prédispositions si puissantes aux infections spécifiques.

Les maladies du cœur, particulièrement les lésions mitrales et les hypertrophies, aggravées par l’augmentation de pression, exposent aux coups de chaleur, aux congestions du foie et du cerveau. Il en est de même des maladies des reins en raison de leur retentissement sur le fonctionnement du cœur, du foie, du poumon, de la peau.

' Les arthritiques atteints d’eczéma, de migraines, hémorrhoïdes, douleurs vagues, saignement des muqueuses, les diabétiques sont menacés par la congestion cérébrale, la polycholie, les éruptions cutanées.

Le fonctionnement exagéré de la peau , dans les pays chauds, impose l’élimination de tout sujet atteint des maladies cutanées

Les maladies du système lymphatique, les leucémies, les scrofules, les anémies professionnelles ou secondaires sont autant de causes d’élimination.

La syphilis, datant de moins de 4 ans et traitée ou datant de plus de 4 ans, mais non traitée, est une cause légitime de rejet.

Parmi les maladies des poumons constituant un obstacle

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formel au départ, il faut citer l’emphysème et l’asthme, et au premier rang*, la tuberculose. On a dit souvent et on dit encore que les pays chauds sont des sanatoria pour les phtisiques. C’est une erreur des plus funestes. Tous les médecins qui ont exercé dans ces régions sont unanimes à signaler le danger que présente, pour les phtisiques, le séjour sous les tropiques : on peut même dire qu’il constitue sous ces latitudes un critérium infaillible de la tuberculose pulmonaire latente (i). La phtisie marche dans les pays tempérés, elle galope dans les pays chauds, a dit excellemment Rochard. Cet aphorisme conserve toute sa valeur s’appliquant aux pays chauds humides et malsains et aux formes avancées de la maladie. Mais il est admissible, à défaut d’observations assez multipliées, que la tuberculose dans ses formes peu avancées, puisse être avantageusement modifiée par une température sèche, pure et chaude sans excès, telle que celle qu’on rencontre en mer, dans le Pacifique, et aux Canaries.

Il est une catégorie d’individus, très nombreuse aujourd’hui dans les grandes villes, en quête d’aventures, transfuges de l’atelier et piliers de cabaret, qu’il faut éliminer : ce sont les alcooliques. Les troubles digestifs, les congestions du foie, des reins, des centres nerveux, prémisses d’altérations organiques irréparables, en font des victimes désignées du coup de chaleur, de la dysenterie, de l’hépatite, des accès pernicieux et de l’aliénation mentale, dans ses formes les plus graves. Anciens soldats ou vieux ouvriers, les alcooliques sont des exemples très fâcheux pour les jeunes hommes, c les nouveaux, » qui, par gloriole ou intimidation, veulent montrer qu’ils ne sont pas moins vaillants devant l’absinthe ou le « coup de sec ». •

(i) 8 décès par tuberculose sur 6o décès en Cochinchine pour Tannée 1890; — 3i entrées à Thopital pour tuberculose sur 4ooo d’effectif militaire Européen à Madagascar en 1897.

Il y a dans la zone équatoriale quatre saisons : une grande et une petite saison des pluies; une grande et une petite saison sèche. Dans les autres zones, il y a 2 grandes saisons : une sèche et une humide, séparées Tune de l’autre par de courtes périodes intermédiaires, à phénomènes variables, de durée indécise, participant du caractère des 2 saisons voisines.

L’action prépondérante et nocive de la chaleur humide sur l’organisme, autant que sur la pullulation des maladies infectieuses, dicte le choix à faire. Il faut quitter l’Europe de manière à arriver dans la colonie choisie au moment où la saison sèche et fraîche est établie. La saison des pluies est défavorable en raison de la chaleur élevée, des chutes d’eau torrentielles, des inondations qui couvrent le pays. La période de i5 à 3o jours qui la suit immédiatement présente également des conditions dangereuses, car, outre une moyenne de température encore élevée et les pluies tombant par intermittences, c’est le moment où les marais et les fleuves commencent à découvrir leurs bords, où les eaux souterraines ont des oscillations étendues. Le début de la saison des pluies est particulièrement dangereux en raison des intermittences des premières pluies qui font que le soi est alternativement sec et humide; en raison de la lixiviation de la superficie du sol par les eaux de ruissellement qui entraînent toutes les souillures dans leur courant et contaminent les fleuves, les réservoirs, les puits, sources, etc... Autant de causes de pullulation et de propagation des maladies infectieuses.

Ces deux époques, commencement et suite de la saison des pluies, correspondent à la plus grande virulence du paludisme, du choléra, de la fièvre typhoïde. — La petite

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saison sèche des rég'ions équatoriales, étranglée entre 2 saisons des pluies, est, en général, absorbée par ces deux périodes dont les effets se rejoignent. Sous réserve des variantes qu'apporte le régime spécial des vents et des pluies dans chaque localité considérée isolément, et en se référant au tableau de la succession des saisons dans les régions chaudes des 2 hémisphères, les époques d’arrivée seront :

Dans la zone tropicale nord : vers la fin de novembre (Tonkin).

— équatoriale nord: — décembre (Ashantis-Dahomey).

— ^ — — ou août —

— équatoriale sud : commencement juin (Gabon).

— tropicale sud; fin mai à juin (Madagascar).

L’Européen arrivant peu après le début de la saison sèche trouvera une moyenne de température plus faible; des nuits plus fraîches assureront une détente salutaire à l’organisme et rétabliront l’équilibre thermique menacé. La perturbation physiologique du début est moins violente. Si le séjour doit se prolonger au delà de la durée d’une expédition, l’Européen se préparera par degrés aux épreuves de l’hivernage et aura le temps d’achever son installation matérielle avant l’arrivée des mauvais mois. Pendant la période sèche de novembre à avril dans l’hémisphère nord et de mai à octobre dans l’hémisphère sud, il s’écoule un temps suffisant pour mener à bonne fin une expédition ou une exploration et pour procéder à la mise en train d’une entreprise.

Les petites saisons sèches de août à septembre de la région équatoriale nord, de décembre afin janvier de la région équatoriale sud, ne durant que 4o à 5o jours environ, sont trop courtes et ne peuvent guère être mises à profit que par des individus isolés obligés de partir par suite de circonstances urgentes.

Des échecs et parfois d’irréparables désastres sont la conséquence immédiate de l’oubli ou de la méconnaissance de ces indications. C’est à des causes de cette nature que sont

dus les échecs subis dans les 8 tentatives de colonisation à Madag'ascar, les pertes considérables subies par les corps expéditionnaires: de Tourane (i858), du Mexique (1862), du Tonkin (i884-i885).

Les mêmes errements continuent à avoir cours en France.

La saison chaude du Dahomey dure du i5 mars au i5 juillet, les envoisde troupe pour l’expédition de 1891 s'échelonnent du 28 mai au 28 août.

La saison d’iiivernage de Madag-ascar s’étend de novembre à avril et mai. C’est en décembre i8g4 et janvier 1895, que les premières troupes européennes, du corps expéditionnaire, débarquent à Tamatave et à Majunga; et le I mars le gros de l’avant-garde arrive dans cette dernière localité.

En 1897, à Madagascar encore, le Lidin, médecin en chef du service de santé de la colonie, signale, parmi les causes qui augmentent la morbibité du corps d’occupation, l’envoi de relève en pleine saison d’hivernage.

Ainsi se perpétuent les funestes errements.

Nos voisins d’outre-Manche tiennent ordinairement plus grand compte des indications fournies par l’hygiène. Le général Wolseley, chef de la expédition des Ashantis, va sur les lieux préparer le débarquement de ses troupes qu’il retarde jusqu’au mois de décembre. Il les fait réembarquer en février de l’année suivante. Le résultat bien connu fut 48 décès d’Européens sur 2680 h. d’effectif, soit 18,2 décès p. 1000 au lieu de 33o p. loooà Madagascar en 1895-1896.

Il est une contre-indication formelle au départ pour une colonie, c’est l’existence d’une épidémie de fièvre jaune, de choléra, de peste, de typhus, dans le pays visé par les expéditions ou les émigrants. Les nouveaux arrivés sont des victimes désignées de la fièvre jaune qui les frappe avec prédilection, ainsi qu’il a été dit précédemment. En 1878, une épidémie de fièvre jaune avait éclaté au Sénégal et

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fit succomber en grand nombre les Européens de toutes les classes. Tous ceux qui furent envoyés pour combler les vides succombèrent dès leur arrivée : 21 médecins ou pharmaciens de la marine furent .ainsi victimes de leur devoir. Il en fut de même à la Guadeloupe, en 1879, l’arrivée d’un détachement de troupes, envoyé d’Europe pour la relève, et de quelques fonctionnaires fut le sig'nal de l’explosion épidémique de la maladie qui ne se manifestait jusque-là que sous des formes atténuées, ne produisant que des cas isolés.

En 1897, fièvre jaune, restée endémo-épidémique à la Martinique, présente une recrudescence à l’arrivée d’un conting“ent européen.

Le choléra éclate au Tonkin à la suite de l’arrivée de renforts considérables en mai et juin. Trop souvent, on a vu, en efïét, une maladie épidémique sommeillant se réveiller brusquement à l’arrivée de nouveaux conting'ents d’émig*rants ou de soldats.

Chaque année, au Soudan, de 1881 à 1888 des épidémies de fièvre typho-malarienne ou de fièvre jaune éclatent à l’arrivée des troupes fraîches destinées à la colonne du haut Sénég'al. Des circonstances pressantes sont invoquées ordinairement pour justifier lestransg’ressions si fréquentes et si désastreuses de cette loi dont la méconnaissance a coûté la perte totale du corps de 26.0 00 hommes vétérans des armées d’Eg*ypte et d’Italie que le g-énéral Leclerc conduisit à Saint-Domingue, rendue à la France parle traité d’Amiens en 1802.

On invoque le besoin immédiat de renforts. Que deviennent-ils ? Ils vont grossir le nombre des malades et des morts !

Cheminement par étapes. — Pendant quelque temps on a préconisé, pour arriver à un acclimatement, le cheminement par étapes des colonies moins chaudes vers les colonies les plus chaudes. Nous savons ce qu’il faut penser de

cette manière de faire qui ne procure aucune protection efficace contre les maladies endémiques. Les Ang-lais, qui avaient appliqué ce système à Texpédition de leurs troupes destinées aux Indes, y ont complètement renoncé, car il n’avait pour effet que d’amener au point terminus des hommes déjà très débilités.

Derniers préparatifs. — Renseignements. — Lorsque les émigrants possèdent les renseignements indispensables pour effectuer leur voyage dans les meilleures conditions, leur tâche n’est pas encore terminée : il leur faut encore se munir de vivres, d’ustensiles, de vêtements, de mobilier? > etc., etc... S’il est des colonies, telles que les Antilles, les Indes, rindo-Ghine, où l’industrie locale fournit au nouvel arrivé les objets nécessaires à sa première installation, il en est de bien plus nombreuses où il faut tout apporter, même les meubles. Au nombre des objets de première nécessité il en est deux indispensables en tous lieux : un filtre et une moustiquaire. Au départ d’Europe, il est également nécessaire de posséder un bon casque et des vêtements légers pour la traversée qui se fait actuellement dans des conditions de rapidité telles que l’émigrant se trouve transporté dans les régions chaudes dans l’espace de 4 à 5 jours.

Enfin il faut s’entourer de renseignements aussi complets que possible sur la topographie, la salubrité, les productions, l’abondance et la valeur de la main-d’œuvre, le commerce, les statistiques, etc., etc., du pays où l’on veut s’établir.

Les offices coloniaux, les documents des chambres de commerce, les musées coloniaux leur seront d’un grand secours.

Concentration pour le départ. — La concentration des troupes ou groupes de colons se fera dans dés localités saines, dans des casernes ou habitations confortables, hors des foyers typhoïdiques et des camps fréquentés qui sont des centres d’infections. Les émigrants ou les soldats recevront

»o APTITUDES PHYSIQUES NÉCESSAIRES

dans ces centres l’instruction g’énérale et les notions hygiéniques indispensables pour mener à bien l’existence nouvelle à laquelle ils sont destinés et aussi pour voyager. Embrigadés, répartis suivant leurs fonctions, ils seront astreints et dressés aux soins corporels méthodiques qui feront partie désormais de leurs habitudes. Ils seront vaccinés ou revaccinés et visités pour que les hommes atteints de tuberculose, alcoolisme, syphilis, etc., qui auraient échappé à un premier examen, soient éliminés.

Si le recrutement des travailleurs s’est fait dans un pays à endémie cholérique, pesteuse, etc., le rassemblement préliminaire du départ constituera en même temps un isolement préventif, une sorte de quarantaine qui aura l’avantage de supprimer les chances d’importation de toute maladie transmissible. Cette précaution s’appliquera plus spécialement au recrutement d’Hindous, de Chinois, d’Annamites, de noirs des Antilles, etc.

CFIAPITRE II

L’HABITATION PRIVÉE

L'habitation privée est un abri destiné à protéger un habitant ou un petit nombre d’habitants contre les agents

météoriques et contre les agents telluriques.

Dans le livre consacré à l’Hygiène des établissements • coloniaux (i), nous avons vu les conditions de voisinage, de topographie, de constitution que doit présenter le sol sur

placement sur un monticule ventilé, loin des marais, des , plaines inondées , des deltas palustres . — Les procédés d’assainissement du sol, assèchement, comblement des ma- , rais, défrichement et drainage du sol, culture à mettre en

.t, place. Nous n’y reviendrons pas. — Il faut maintenant

f choisir les meilleurs types de construction, les matériaux les plus convenables pour la maison coloniale, et enfin étudier ^ les détails et aménagements intérieurs et des annexes de ÿ) l’habitation.

^ Nous examinerons successivement V habitation permanente ei V habitation temporaire.

La maison coloniale privée permanente est caractérisée par ses petites dimensions, le petit nombre d’étages superposés, son isolement des maisons voisines, sa situation entre cour et jardin, sa construction qui la rend inaccessible au rayonnement solaire et très accessible à l’air extérieur.

(i) T. I, Hygiène des établissements coloniaux, chap. viii : l’habitation collective.

lequel sera édifié l’habitation : sol perméable, déclive, em-

œuvre avant la construction ont été indiqués à la même

HABITATION PRIVÉE

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