TYPES D’HABITATION
dah des Antilles et au cottage élégant ou bungalow de l’Inde et de Java. En général, exception faite des habitations spacieuses entourées de jardins et de cours de l’Indo-Ghine, de rinde, de la Réunion, on est forcé de reconnaître que les colonies françaises ont le privilège des constructions aussi incommodes que laides.
Les maisons qu’on trouve dans toutes les Antilles, à Saint- Louis du Sénégal et dans les bas-quartiers des villes de la Réunion ne diffèrent en rien de celles qu’on peut trouver dans les villages de Rretagne ou de Normandie. Dans les villes plus récentes de Nouméa (Planche I) et de Diégo-Suarez, le long de ruelles irrégulières, torrentueuses, sont jetées des petites baraques en planches, percées de rares ouvertures,mais couvertes de tôle ondulée, véritables fours, habitations précaires qui semblent plutôt faites pour une foire passagère que pour abriter des humains sous un climat brûlant.
Les villes de la Cochinchine, de la Réunion (Planches II, III et V), du Tonkin, de Pondichéry bénéficiant du voisinage des colonies anglaises et des progrès de l’hygiène moderne, possèdent en grand nombre des habitations qui répondent en partie aux indications des climats chauds. Aussi est-ce là ou dans l’Inde qu’il faut chercher le modèle de l’habitation coloniale : maison avec rez-de-chaussée et l’étage, élevée de i m. 5o au-dessus du sol, larges vérandahs faisant le tour des 4 façades; cubages considérables de chaque appartement ; hauts plafonds; haute toiture avec lanterneau et sur mansarde; isolement de la maison entre cour et jardins; éloignement des annexes ; évacuation régulière des immondices.
Variétés. — Il est évident que ce modèle différera suivant qu’il s’agira d’une habitation privée ou d’une habitation collective, d’une maison de ville ou d’une maison de campagne, d’une construction devant servir seulement de logement ou, en meme temps, devant abriter un magasin. Quelques détails de construction les différencient, mais les principes généraux leur sont applicables.
HABITATION PRIVÉE
L’habitation qui sert en même temps au commerce, se trouvant dans les quartiers encombrés de la ville, est nécessairement en bordure sur la rue. Le rez-de-chaussée^ consacré aux magasins, pourra néanmoins être abrité par une vérandah . L’étage ou les étages seront réservés au logement. — La façade arrière sera tournée vers une grande cour ou mieux sur un jardin. Si les magasins sérvent en même temps d’entrepôt à des marchandises susceptibles de fermenter et de dégager des odeurs désagréables ou des gaz délétères, il faut alors que les logements en soient séparés et transportés au fond d’un jardin. C’est la meilleure disposition à adopter lorsque le commerçant, condamné à habiter près de ses magasins, ne peut pas avoir son habitation hors des quartiers commerçants ou dans la campagne.
Dans tous les cas, le magasin, comme la maison d’habitation, doit être élevé au-dessus du sol et protégé par un plafond surmonté d’une haute toiture, de manière à éviter les détériorations si rapides des marchandises par l’humidité du sol combinée à l’extrême chaleur.
L’habitation d’exploitation agricole peut occuper une grande surface. De cette facilité il résulte que les maisons n’ont généralement qu’un rez-de-chaussée, ce qui est une faute, la chambre à coucher devant toujours être à l’étage qui est plus salubre.
Le principe de la surélévation au-dessus du sol leur est particulièrement applicable (Planches III et IV).
La maison d’habitation doit être située à distance et au vent des annexes, des écuries, des entrepôts, des usines et, en général, de tous les bâtiments servant à l’exploitation, et aux logements des indigènes. — La maison chinoise est composée d’une série de pavillons isolés, groupés autour d’une cour; les locaux annexes sont distincts de la maison (i).
(i) D*" Guichard, la Maison chinoise {Arch. médecine militaire)^ novembre 1902.
. Reynaui».
Maison du Congo.
Habitation rurale sur pilotis.
-ri
MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION a5
L’habitation collective sera située de préférence hors des
I* — Maison, chinoise, plan détaillé d’une maison.
villes, ou au moins au centre d’un grand espace libre, loin des quartiers populeux et entourée de jardins. Les bâti- G. Reynaud. Hygiène coloniale. II. 2
HABITATION PRIVÉE
raents, du type rectang'ulaire, sans ailes en retour qui font obstacle à la circulation de la brise, auront toujours un étag’e au moins sur rez-de-chaussée, celui-ci étant exclusivement réservé aux bureaux, magasins, salles d’études, salles d’armes et ne servant en aucun cas de logement.