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XV. — Eloignement des immondices de la maison

La maison étant fixée au sol sur lequel elle s’élève, il faut éloigner d’elle les déchets de la vie de l’homme et des animaux qui constituent les immondices de l’habitation.

Nature des immondices. — Les immondices comprennent :

1° Les excrétions humaines : urines et fèces ;

20 Les excrétions des animaux domestiques : fumiers ; purins ;

3o Les ordures ménagères;

4“ Les eaux usées ;

5° Les détritus végétaux.

Nous avons déjà dit dans un chapitre précédent (tome I, chapitre IX, page 2i4), quelle était la composition et la nocivité des immondices.

ÉLOIGNEMENT DES IMMONDICES

lO Excrétions humaines. — Chaque adulte donne approximativement, en poids, en moyenne et par jour i5o g-r. de matières fécales et i.4oo g-r. d’urines, quantité variant avec l’âg'e du sujet et le climat. Les déjections humaines représentent donc, dans une habitation, pour chaque jour, une masse considérable de matières susceptibles d’une putréfaction rapide, sinon déjà putrides au moment où elles sortent du corps de l’homme. Elles se corrompent moins vite si elles ne sont pas mélang’ées à l’urine. Il en est de même de l’urine.

Parmi les très nombreux microbes contenus dans les matières fécales solides (67 à 80 mille microorg-anismes à la sortie de l’intestin, d’après Gilbert et Dominici), il y a plusieurs microbes pathog-ènes (coli-bacille ; B. cholérique, Amœba coli, B. typhique, etc.), des œufs de vers intestinaux, lombrics, oxyures, etc.

20 Les excréments des animaux ou fumiers, formés du mélang-e des excréments et de la litière, fermentent dès qu’ils sont étalés à l’air, dég'ag'ent de l’ammoniaque et véhiculent des microorg-anismes pathog*ènes (spores du tétanos, bactéridie charbonneuse, B. pyocyanique, B. de Koch) que les insectes et en particulier les mouches peuvent véhiculer avec leurs trompes et leurs pattes. Les contacts directs avec les animaux et leur litière, les objets de pansag'e peuvent servir à la transmission de la morve, du farcin, du tétanos, du charbon, de l’actinomycose ;

3° Les ordures ménagères [enwivon i5o kilog’r. par an et par habitant), composées des balayures d’appartement, de bureaux, d’ateliers, d’épluchures de lég'umes, résidus de cuisine, etc., sont souvent inoffensives v par elles-mêmes, mais fournissent un appoint important de matière org’aniquc au sol et entrent en fermentation. Les poussières d’appartements sont particulièrement dang’ereuses.

4° Les composées des eaux de toilette, de lavoir,

de cuisine, des eaux ayant servi au lavag’e des appartements,

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des écuries, etc., très riches en matières putrescibles, peuvent aussi véhiculer les microorg'anismes pathogènes empruntés aux objets lavés.

5° Les détritus végétaux sont en très grande abondance dans les cottages coloniaux et contribuent p^our une large part à accroître la richesse organique du sol et à retenir l’humidité.

Suivant leur nature, les principes nuisibles contenus dans les immondices seront susceptibles de déterminer soit des maladies infectieuses spécifiques, soit des intoxications spécifiques, soit des intoxications sans spécificité.

Un accident pourra faire pénétrer dans l’organisme humain, exposé à leurs émanations, au contact d’objets ou d’être vivants souillés par ces immondices, les germes de la diphtérie, de la tuberculose, du choléra, de la dysenterie, du tétanos, de la fièvre typhoïde, de l’érysipèle, de la scarlatine, etc..

Les immondices peuvent, en dehors de ce rôle de véhicules, être toxiques par leurs émanations propres ou produire dans l’organisme un état de réceptivité morbide exalté, un affaiblissement de la résistance organique tout comme l’air respiré des appartements. C’est en partie à des viciations atmosphériques de cette nature que sont dues certaines épidémies de typhus, de béribéri dans des casernes, des prisons, des navires malpropres ou encombrés

Procédés d’éloignement des excrétions humaines. — En tenant compte de la diversité des circonstances de la vie coloniale, il importe d’indiquer les divers moyens usités pour éloigner les immondices de la maison (i).

Occupons-nous d’abord des excrétions humaines.

Les procédés d’éloignement se divisent en 4 catégories principales :

I® L’abandon;

(i) L’éloignement des immondices de la ville et leur destination définitive ont été étudiés dans le tome I, chapitre ix. Hygiène Urbaine,

ÉLOIGNEMENT DES IMMONDICES 8i

2° Le collectionnement avec évacuation à longs intervalles ( fosses fixes) ;

3° Le collectionnement avec évacuation à courts intervalles [tinettes) ;

4° L’évacuation immédiate.

lo Abandon. — C’est l’homme qui s’éloigne du sol qu’il a souillé. Ce procédé n’est utilisable que pour les nomades, les explorateurs ou dans les exploitations agricoles.

Les matières fécales sont versées dans des fosses creusées en terre à i mètre de profondeur avec 1/2 mètre de largeur et recouvertes de terre : c’est le système des feuillées employé dans les camps. Lorsque les fosses sont à moitié pleines on achève de les combler avec la terre du déblai à laquelle on peut ajouter une certaine quantité de lait- de chaux. Des guérites en bois, mobiles, munies de siège, peuvent être disposées, comme des cabines transportables, au-dessus de ces fosses. Le plus souvent, les matières sont recueillies dans des bailles simples ou montées sur les brancards d’une brouette, et versées ensuite dans la fosse (Machiavelli).

Ce procédé n’est pas tolérable dans l’habitation d’une ville alors que Lhomme ne peut s’éloigner du sol qu’il a souillé.

20 Fosses fixes. — Une fosse, creusée sous la maison ou dans un voisinageimmédiat, reçoit les matières qui lui arrivent par un tuyau de chute et s’y collectionnent. Elles n’en sont extraites qu’à intervalles plus ou moins long.

Malgré la possibilité d’établir la fosse dans le jardin loin de la maison coloniale, ce système est condamnable, quels que soient les perfectionnements ou les amendements adoptés. L’air, le sol et l’eau sont également menacés par ce voisinage.

\d étanchéité nécessaire est impossible à réaliser, que la fosse soit garnie de murs recouverts d’asphalte ou de ciment, de murailles à doubles parois, de parois en fonte

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revêtue d’asphalte. Les parois se fissurent, des infiltrations se font dans le sol qui contient une énorme proportion de chlore, d’azote, d’acide carbonique, d’ammoniaque à lo métrés sur le pourtour de la fosse.

Les g’az des fosses, dont la toxicité peut produire des accidents aig-us ou chroniques, tendent à se dég'ag’er par l’ouverture de curage et l’ouverture du tuyau de chute. La masse de gaz (CO“^; G ; AZH^ ; HS) qui peut être jetée dans l’atmosphère a été évaluée à 1200 ou i3oo m. cubes pour 18 m. c. de matières. — La ventilation de la fosse par un tuyau d’évent amorcé sur le tuyau de chute, ou au sommet de la voûte produit fréquemment des reflux dans la maison ou dans son voisinage. L’interposition d’un siphon à jeu d’eau entre la fosse et le cabinet n’est pas possible parce qu’il suppose la projection d’une grande quantité d’eau à chaque visite, ce qui est impraticable avec le système de la fosse fixe.

L’emploi des désinfectants peut seul pallier les graves inconvénients de la fo.sse fixe. Les plus recommandables pour cet usage sont les crésols, l’huile lourde de houille, la poudre de tourbe addition née de superphosphates ou d’acide sulfurique, le sulfate de cuivre et surtout le lait de chaux (i litre de chaux vive pulvérisée éteinte dans 4 litres d’eau). La terre remplit trop vite les fos.ses; le sulfate de fer est plus un désodorisant, se régénérant aux dépens de l’oxygène des matières organiques et absorbant les gaz, qu’un véritable désinfectant.

La vidange, pour être faite à l’abri de l’air par aspiration^ exige un matériel dispendieux peu utilisable dans les villes coloniales. Les autres procédés, par le seau à la main, par la pompe foulante, sont malpropres et barbares.

3“ Tinettes ou fosses mobiles. — Ce procédé s’adapte le mieux aux conditions ordinaires des'villes coloniales ordinairement dépourvues d’un réseau d’égout, et à la situation des habitations agricoles.

ÉLOIGNEMENT DES IMMONDICES

La tinette est un récipient cylindrique, jaug'eant de 4o à 100 litres, placé sous le tuyau de chute des cabinets d’ai" sances et enlevé périodiquement, à époques rapprochées.

Les conditions essentielles du système de la tinette sont : l’étanchéité des récipients, son nettoyag-e facile, la désinfection immédiate des matières excrémentitielles, l’accès facile de la loge, l’imperméabilité de ses parois. L’enlèvement doit être quotidien ou bi-quotidien.

Les tinettes seront en métal, à parois lisses, à ouverture étroite, s’abouchant exactement avec le tuyau de chute, d’un volume et en nombre proportionnés au chiffre des habitants. — Un couvercle ferme hermétiquement l’ouverture au moment du transport. — Dans les cabinets d’aisances coloniaux, la tinette pourra être ‘rapprochée de la cuvette du siège; ainsi le tuyau de chute pourra être à peu près supprimé et avec lui les mauvaises odeurs qui se dégagent des matières adhérentes à ses parois.

La capacité limitée des tinettes ne permet pas de pratiquer des chasses d’eau abondantes et par conséquent l’interposition d’un siphon à effet d’eau entre la tinette et le cabinet est impossible. Tout au plus est-il possible de tolérer la projection de 2 ou 3 litres d’eau par visite pour le nettoyage de la cuvette.

La désinfection des matières pratiquée à chaque visite remédiera en partie à cette infériorité du système. Elle sera pratiquée avec une solution de crésyl-jeyes ou de sulfate de cuivre à 5 p. 100; ou mieux encore, ainsi que le font les Chinois, avec un volume de 2 p. 100 de lait de chaux (i litre de chaux pulvérisée éteinte dans 4 litres d’eau) excellent pour stériliser les selles diarrhéiques ou de cholériques, supérieur à la solution de sublimé et d’acide chlorhydrique, supérieur aussi à la chaux éteinte pulvérulente qui se pelotonne et ne.se mélange pas aux selles liquides.

La terre sèche (800 à 1000 gr. pour une visite) sera employée avantageusement pour désinfecter les matières féca-

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les. C’est sur son emploi que repose le Dry earth System. Le fond et les parois de la tinette sont g’arnis d’un mélange pulvérulent (poussière de coke, ou de charbon , cendres des foyers ; tourbe sèche^ poussière sèche des routes ; terre pulvérulente à Y exception da sable et du calcaire) que l’on tasse à l’aide d’un cône mobile en tôle enlevé au moment où la tinette est mise en place (figure 2 1). A chaque visite on jette une pelletée du mélange pulvérulent.

Pour calculer la contenance nécessaire des tinettes, il faut estimer qu’elles doivent recevoir 1600 gr. de déjections par personne et par jour, i litre environ de liquide désinfectant ou de poudre et 2 ou 3 litres d’eau

earth commode est un appareil mobile, ayant la disposition d’une chaise percée dont le dossier est remplacé par un réservoir contenant de la terre sèche qui tombera automatiquement dans un récipient inférieur sur les matières à chaque visite au moyen d’une trémie mise en mouvement par une poignée semblable à celles qui sert aux projections d’eau. Cet appareil mobile peut être placé dans l’intérieur de la maison.

Fosses à terre. — Un dispositif, qui tient le milieu entre la fosse fixe et la tinette à terre, peut être avantageusement adopté dans les campagnes.

Il consiste dans l’installation d’une fossesans profondeur^ revêtue d’une couche de briques sur champ recouvertes de ciment; au-dessus de la fosse est disposée une guérite

Fig. 21. — Tinette Goux garnie .

de lavage à chaque visite.

ÉLOIGNEME^JT DES IMIVIONDIGES 85

en ])riques (voir fî»'. 22) (i) où se trouve un siège élevé de 2 ou 3 marches au-dessus du sol. Sur le sol de la fosse est étalée une brouettée de terre sèche de jardin. A chaque visite on jette une pelletée de terre par la lunette. — Les eaux

ménagères, les déjections des malades no seront pas jetées dans cette fosse où se fera ainsi un terreau excellent comme engrais immédiatement utilisable. La vidange se fait à sec sans odeur. Pour avoir de la terre sèche capable de retenir les gaz, il suffira d’exposer le terreau au soleil quelques J instants.

Le système des fosses fixes de petites dimensions est très usité en Angleterre et dans les Indes.

Tinettes filtrantes. — Système diviseur. — Dans ce système, qui a pour but de garder les matières solides et de ! rejeter immédiatement les matières liquides, la tinette est 1 séparée en 2 parties inégales par une cloison horizontale ou verticale, percée de trous, véritable diaphragme laissant passer les urines et les eaux de chasse dans le petit compartiment d’où elles s’échappent pour aller à l’égout ou, à défaut, dans un puits perdu ou dans la terre. Ce système

(i) D'' Constantin Gauthier. Manuel oratii/ue d'hygiène agricole et industrielle. Paris.

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suppose donc l’existence d’un réseau d’égout et, dans ce cas, mieux vaut l’évacuation totale à l’égout; ou bien il envoie à la terre des matières liquides qui ont délayé à peu près complètement les déjections solides et entraînent les déjections diarrhéiques. C’est l’hypocrisie du « tout à la terre ». La composition de ces liquides est telle que la terre ou le ; cours d’eau qui les recevront seront fortement souillés.

4° Evacuation immédiate. Tout à V égout. — Le prin- , cipe du tout à l’égout est l’enlèvement immédiat des matiè- q res excrémentitielles ou autres emportées hors de la maison par le courant d’une circulation continue d’eau dans un réseau de canaux dont les branchements sont dans les maisons, les rameaux collecteurs dans les rues, et dont le tronc est représenté par un canal ou collecteur unique où viennent s’aboucher les autres et qui transporte les matières loin de 1 agglomération humaine, soit à la mer, soit dans un cours d’eau, soit dans un champ d’épandage, avec ou sans épuration préalable des matières.

Les égouts sont distingués an égouts unitaires, recevant « toutes les matières, excréments, eaux usées et aux pluviales, u et en égouts séparateurs, ne recevant que les excréments et les eaux ménagères.

Nous n’avons à considérer à cette place que l’installation ^ des égouts dans la maison (fig. 2.3) (i). i;

Supposons que des villes coloniales possèdent un chiffre de population imposable assez élevé, un sol assez déclive, de l’eau en assez grande abondance, une. concentration suffisante des habitations dans un périmètre assez restreint pour permettre la construction d’un réseau d’égouts.

Les conditions que devra remplir le système du tout à l’égout dans la maison seront :

1° L’enlèvement complet et rapide des matières usées ;

2° L’interception parfaite du reflux de tout produit ga-r zeux, solide ou figuré ou fermentescible;

(i) Voir Hygiène urbaine, livre I, ch. ix.

ÉLOIGNEMENT DES LMMONDICES 87

3° L’impossibilité de la formation de dépôts putrescibles dans les tuyaux de chute ou les appareils des cabinets.

Les matières usées, reçues dans les appareils de maison

Fig. 23. — Coupe d’une maison assainie et canalisée pour le système du tout à l’égout.

A, Conduite principale ; R, réservoir de chasse nettoyant la conduite principale, alimenté par les eaux de la fontaine; C, tuyaux de chute; S, siphons ; E. tuyaux de ventilation ; F, Avater-closels ; G, urinoirs ; H, lavabos ; L, baignoire ;M, évier de cuisine (d’après Jacob).

des ég-outs unitaires, sont : les matières excrémentitielles solides et liquides, les eaux de toilette, les eaux de cuisine et de lavoir, les eaux de lavag-e.Les autres matières, balayures, chiffons, débris divers, ne peuvent pas y êtres jetées.

Une massed’eau importante (8 à 10 litres), projetée dans

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l’appareil récepteur, chasse les matières dans le tuyau de chute et de là dans la conduite de maison, puis dans l’ég-out de la'rue, sans arrêt dans le parcours.

Fig. 23 bis. — Pierre d’évier avec siphon ventilé. ' |

Sur ce trajet se trouvent disposés des appareils d’obturation qui sont des siphons en intercepteurs remplis d’eau qui arrêtent le reflux dans la maison. La nature des tuyaux de chute, dont les parois sont lisses, imperméables, imporeuses,

ÉLOIGNEMENT DES IMxMONDIGES

empêche la stag-nation des matières. Enfin une ventilation activé dans le réseau des tuyaux de maison oxyde les matières putrescibles qui pourraient s y collecter ou rester adhérentes. Les tuyaux de chute de maisons sont en fonte ou en poterie vernissée. Ils aboutissent à la conduite de maison par des jonctions simples ou doubles, mais toujours sous un ang-le très aig-u et par des joints parfaitement étanches. Un siphon est placé en tête du tuyau de chute, immédiatement au-dessous de l’appareil récepteur, cuvette de « closet » ou évier de cuisine. Un autre siphon placé sur la conduite de maison, immédiatement avant son branchement dans l’ég-out de rue, arrêtera les reflux des émanations de l’ég-out dans la conduite. Des reg*ards de visite, placés en amont de ce siphon, sont disposés le long- de la conduite de^maison, obturés par des tampons hermétiques, mais permettant le nettoyag-e.

Les eaux de cuisine, des cabinets de toilette, des salles de bain, des écuries, les eaux de pluie peuvent aller directement à l’ég'out ou aboutir à la conduite de maison. Les tuyaux de chute auront en tout cas un siphon interrupteur- (fig-. 23 bis).

Les siphons hydrauliques, en forme de S couchée ou demi-couchée, sont interrupteurs parfaits. Ils ont remplacé tous les autres systèmes d’obturation ordinairement illusoires. Ils doivent pouvoir être nettoyés et ventilés. A cet effet un tampon de nettoyag'e vissé au sommet de la courbe (celle qui est tournée en bas où s’accummulent les débris) remplit le i^’’ but. Un tube ascendant adapté au sommet de la 2® courbe, celle qui est tournée en haut communiquant avec l’air soit directement, soit par le tuyau de chute com- I mun prolong*é jusqu’au toit, remplit la seconde indication j (fig'. 24 et 25).

Les appareils à chasse d’eau sont les compléments indispensables. Ils permettent de faire tomber brusquement d’une hauteur variable, mais toujours supérieure à 2 mètres.

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une masse d’eau de lo litres environ qui pousse les matières dans l’appareil de réception et à travers le siphon. Il en est qui fonctionnent automatiquement en se vidant à intervalles

Fij^. 24. — Siphon obturateur normal en S couchée.

rég'uliers; ce sont les meilleurs dans les habitations collectives. Il en est qui fonctionnent en tirant sur un cordon qui

Fig. 20. — Réservoir de chasse (soulèvement de chute).

met enjeu un mécanisme amorçant le tuyau de chute d’eau. Ils se remplissent de nouveau et un flotteur intercepte l’arrivée d’eau lorsqu’ils sont pleins (fig-. 20).

5'' Appareils de réception. — Les appareils de récep-

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tion, quel que soit le système d’évacuation employé, doivent être tels qu’ils ne puissent pas être tachés par les matières, s’imprég'ner de g*az; ils doivent se prêter àunlavag’e complet. Matières imporeuses, surfaces unies, simplicité dans la construction de l’appareil comme du cabinet, tels sont les principes à observer.

L’appareil ^récepteur diffère suivant qu’on emploie des cabinets à siège ou des latrines à la turque, c’est-àdire sans siège, et dans le premier cas les appareils différeront suivant qu’on emploie le système des fosses fixes et des tinettes ou celui du tout à l’égout.

Dans le premier, l’usage de l’eau de lavage ou de chasse étant interdit ou à peu près, l’appareil le meilleur sera une cuvette en fonte émaillée, en porcelaine, en faïence ou en grès, ayant la forme d’un entonnoir avec la paroi postérieure se rapprochant de la verticale et ne représentant en réalité que l’épanouissement supérieur du tuyau de chute. L’obturation efficace ne pouvant pas être obtenue ni par les valves de métal qui s’altèrent et deviennent des surfaces d’infection, ni par les tampons, il vaut mieux y renoncer, surtout dans les habitations collectives. Un simple couvercle sur la cuvette sera la seule fermeture dans les habitations privées.

Avec les « fosses à terre » , dans les exploitations agricoles on supprime à la fois la cuvette et le tuyau de chute ; la lunette du siège s’ouvre immédiatement au-dessus de la fosse.

Les meilleures cuvettes sont celles en usage dans les cabinets installés pour le tout à l’égout. Elles sont à action d’eau avec siphon et sans valves. Les deux formes les plus employées sont :

1° Les cuvettes en forme conique, se terminfint en bas par le siphon en S ; présentant en haut une ouverture en forme d’ovoïde très allongé à grosse extrémité tournée en arrière, semblable à la coupe des bidets qui servent à la

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toilette des parties ano-g-énitales. La cuvette ayant un diamètre antéro-postérieur de 3o à 4o centim., l’urine n’est pas projetée au dehors ; et, d’autre part, la paroi postérieure étant verticale, les matières fécales tombent directement dans rS qui est en tête du tuyau de chute (fig-. 2 G et 27).

Fig. 26. — Cuvette conique à bec « l’Hospitalière » de Pouilly-sur

Saône.

20 Les çuveltes de Doulton a fond plat, à retenues d’eau, dites à combinaison parce qu’elles peuvent aussi servir d urinoirs. Dans ces appareils, les matières peuvent rester dans le fond plat de la cuvette. C’est une infériorité sur le type précédent.

Dans tous les cas, les sièg'es en bois de toutes formes, les caisses enveloppant les cuvettes, formant des espaces obscurs, humides, rapidement souillés par les éclaboussures, infects, doivent être rig*oureusement proscrits de la construction des appareils récepteurs. Il en est ainsi à plus forte raison des immondes perchoirs que l’on rencontre encore si fréquemment dans les écoles, les hôtels. Tout au plus, des sièges, vernis, laqués, démontables, pourront-ils être tolérés dans une maison qui n’a qu’un petit nombre d’habitants. Mieux vaut, en guise de siège, une étroite garniture de bois verni, en couronne, de 6 à 8 centim. de largeur, s’appliquant ou se rabattant sur les bords de la cu-

Fig. 27. — Cuvette « la Phocéenne » de Pouilly-sur-Saône.

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vette dont elle reproduit exactement la forme et les contours. Ce système est aussi applicable aux habitations collectives à la condition de faire l’éducation des habitants et d’exercer une surveillance constante.

Dans les habitations collectives, on sera le plus souvent dans la nécessité de construire des latrines à la turque (fig*. 28), c’est-à-dire une cabine commune, pouvant être subdivisée en log-ettes par des cloisonnements incomplets, présentant une série de trous percés dans le parquet. Celuici lait en pierre, en béton cimenté, en carreaux vernis, offre

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une pente inclinée vers les lunettes. Au-devant des trous une rig-ole recouverte d’un g-rillag-e ou une lame de verre épais profondément cannelé recevra les urines projetées hors des trous. Des semelles en relief, faites de pierre dure, sont destinées à recevoir les pieds des visiteurs qui s’accroupisent au-dessus des trous.

Il faut éviter tous les reliefs, tous les recoins, cloisonnements, escaliers, susceptibles de recevoir les ordures qui sont projetées de tous côtés dans ce système répug’nant. D’abondants lavages doivent être pratiqués plusieurs fois par jour. Ils ne sont possibles qu’avec le tout à l’égout.

Dans ce cas la lunette se continue par un tuyau de chute très court qui va s’aboucher à un gros tuyau collectant toutes les chutes d’une même latrine et les amenant par une légère pente à la conduite commune de la maison. Un siphon intercepteur est placé à cette extrémité au point de jonction. A l’autre extrémité est un réservoir de chasse automatique. C’est la latrine à auge.

S’il existe une fosse fixe ou des tinettes, les lavages à l’eau seront très restreints et seront remplacés par des projections de terre sèche.

Urinoirs. — Inutiles dans les cabinets des maisons privées où existent des cuvettes des modèles indiqués ci-dessus, les urinoirs sont nécessaires dans les habitations collectives. A cuvettes fixées à un mur dont les parois sont imperméabilisées, ou formés d’une plaque verticale sur laquelle l’urine est projetée, ces appareils doivent remplir des conditions d’imperméabilité complète. Ils seront faits de fonte émaillée, de faïence vernissée, de verre, de lave, d’ardoise et incessamment parcourus par une lame d’eau.

Les éviers de cuisine, les vidoirs des appartements, doivent également être faits de substances inattaquables, non poreuses.

Ordures ménagères. — Elles ne doivent pas être jetées en tas sur le sol de la cour ni séjourner dans l’enceinte de

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l’habitation. Elles seront donc réunies pendant le jour dans des récipients en tôle galvanisée, munis d’un couvercle, d’un nettoyage aisé, d’une construction qui permette le transport, et qu’on entreposera près des cuisines sous une vérandah. Chaque matin, les caisses seront vidées dans les charrettes du service de voirie, ou dans les fosses à fumier.

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