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L'HYGIÈNE GÉNÉRALE

La femme qui allaite devrait se consacrer presque exclusivement à sa fonction de nourrice. Aussi, pour en assurer la bonne marche, devra-telle mener une vie calme et régulière.

Elle évitera les grandes fatigues qui épuiseraient ses réserves et appauvriraient la sécrétion lactée.

Les bals, soirées seront évités, du moins les six premiers mois, pendant lesquels le lait est moins riche.

La femme se couchera tôt et fera un long séjour au lit, qui augmente certainement la quantité de beurre du lait.

Un exercice modéré cependant, des promenades quotidiennes courtes augmentent les proportions de la caséine et du beurre.

Les soins de toilette générale seront les soins habituels, tout en évitant le froid, toujours préjudiciable.

Les rapports sexuels, sans être proscrits, devront être rares, pour éviter fatigue et risque d’une nouvelle grossesse qui compromettrait l’allaitement. |

L'hygiène morale de la nourrice a ses principes également :

les émotions fortes, la colère, la frayeur, le chagrin peuvent avoir uné influence fâcheuse sur la production du lait qui peut se trouver tarie ou viciée : les observations ne manquent pas d'enfants pris de convulsions ou de diarrhée à la suite d’une frayeur ou d’une colère de la nourrice.

Nous mettrons encore la nourricé en garde contre certaines substances passant dans le lait et pouvant causer des troubles chez l’enfant : outre les aliments déjà vus plus haut, la rhubarbe, l’iode, le mercure, l’arsenic,;, la plupart des minéraux (zinc, bismuth, plomb, phosphates) s’éliminent en partie par la mamelle ; de même certains corps organiques : la salicylate de soude, l’antipyrine, le chloroforme et l’éther, le chloral, les opiacés, la belladone, le datura, la jusquiame, la quinine. Aussi devrons-nous être prudents dans l'administration de ces substances aux nourrices.

En plus de leur action médicamenteuse propre, l’antipyrine, le chloral, la belladone, la menthe et surtout le camphre passent pour diminuer la sécrétion mammaire.

Par contre certains médicaments sont réputés galactagogues : le galega officinalis, l’anis vert, le fenouil, le cumin, l’ortie commune, la farine de graine de cotonnier, l'extrait hydro-alcoolique de tasi. Gette action favorable est niée par certains auteurs, mais souvent reconnue par l'expérience clinique,

Récemment, on a conseillé l’opothérapie placentaire, et plus particulièrement Fopothérapie mammaire, ainsi que la poudre de corps jaune de femelle d'animaux gravide.

En général on interrompt le cours naturel de la lactation au moment du sevrage. Les moyens en sont variés : outre les médicaments déjà cités, on se servait autrefois du seigle ergoté, des diurétiques, d'applications sur la mamelle de cocaïne à 1/50°, de pommade belladonée ou au chlorhydrate d’ammoniaque.

Actuellement ces moyens sont peu usités. La suppression des tétées suffit parfois à tarir la sécrétion ; sinon ce résultat est obtenu en diminuant la quantité d'aliments et de boisson de la nourrice, en comprimant ses seins, et en la purgeant énergiquement, et en cas d'échec on aura recours aux anciennes pratiques : par exemple des tisanes de menthe avec 1 gramme de camphre par jour et des lotions locales d’eau-de-vie camphrée ; ou plus simplement, on laissera la secrétion se tarir progressivement en continuant la compression des seins, tout en les maintenant dans un état de propreté ri-

goureuse qui évitera les complications (abcès) sur- | venant trop facilement au niveau de seins affectés Fe de rétention lactée.

On pourrait d’ailleurs traiter cette rétention au moyen d'un tire-lait employé de temps en temps seulement, pour dégorger la mamelle sans stimuler sa sécrétion.

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