DU CHANGEMENT DE NOURRICE
Ce que j'ai dît des altérations du lait par le tempérament, la maladie, le retour des règles, etc., ainsi que des influences de la constitution et des maladies de la nourrice sur la santé des enfants, trouve ici son application. Il n*y a qu*un moyen de remédier aux inconvénients et aux dangers qui pourraient résulter de la mauvaise disposition d*utte nourrice ; il faut, sans hésitation, la remplacer par une autre.
Quand fâUt-il changer la nourrice et comment faut-il le faire? Telles sont les questions que le médecin est appelé souvent à résoudre*
l'ai déjà parié du choix de là nourrice ^ par
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conséquent je ne dois m'occuper ici que des circonstances qui peuvent nécessiter son changement. Si Ton se rappelle, d'une part, ce qui a été dit de rinfluence ressentie par Fenfant dans le cours des maladies et des indispositions de sa nourrice, et, de l'autre, les faits contradictoires assez nombreux qui combattent cette influence, on verra qu'il n'est pas possible d'indiquer d'une manière positive le cas où il faut congédier la nourrice, et les maladies qui nécessitent son remplacement. Tout est subordonné à l'observation des enfants ; car telle indisposition ou telle maladie de la nourrice, fatale à un enfant, peut bien ne pas être aussi dangereuse pour un autre. C'est ce que j'ai vu chez des femmes réglées au sixième, septième et huitième mois de l'allaitement, qui, avec leur enfant, nourrissaient un enfant étranger. Au moment de la menstruation, l'un d'eux éprouvait des coliques et de la diarrhée, et l'autre n'éprouvait rien de semblable. Il n'est pas impossible qu'il en soit de même à l'égard de l'influence d'un certain nombre des afi'ections de la nourrice.
U faut, en conséquence, lorsqu'une nourrice tombe malade, ou lorsqu'elle aperçoit ses époques revenir prématurément, ne pas trop se hâter de la remplacer. 11 est nécessaire d'attendre un peu
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pour coimaftre la nature du mal» son influence sur ia composition du lait et son action sur la santé de l'enfant. C'est alors qu'on doit prendre un parti. Jusque-là il faut se contenter de donner un peu moins à teter, et de subvenir aux besoins de l'enfant par le biberon rempli de bon lait.de vache, et par de légers potages, si l'enfant est en âge de les prendre.
L'enfant vient-il bien, est-il gras et ferme^ tettet-il avec ardeur, sans dormir dès qu'il est au sein, la nourrice est bonne à conserver. Au contraire, l'enfant est-il pâle, a-t-il les chairs molles, un peu de diarrhée , ce lait est insuffisant ou mauvais, et il faut en changer. Il y a, du reste, un bon moyen de savoir si l'enfant tette à sa suffisance, c'est de faire comme M. le professeur N. Guillot, de le peser avant et après l'allaitement. La différence de poids indique la quantité de lait qui a été prise, et comme elle doit être de 30 à 60 grammes, si elle n^atteint pas ce chiffre, c'est que la nourrice est mauvaise.
Lorsque la maladie de la nourrice est grave et menace de se prolonger, lorsque la nature en est mauvaise, lorsque le lait est altéré, et enfin lorsque l'enfant présente des accidents gastriques ou autres assez sérieux pour laisser croire qu'ils
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peuvent devenir plus inquiétants, il n'y a pas à différer, le changement immédiat de nourrice est indispensable à la santé de l'enfant.
Toutes ces précautions sont nécessaires, ajSn de ne pas renvoyer légèrement une nourrice qui connaît les habitudes du nourrisson, et dont on est satisfait sous tous les autres rapports. CSe changement n'offre par lui-même, en général, aucun danger; et Ton peut, comme j*ai eu occasion de le faire, après avoir perdu une première nourrice, en prendre successivement deux ou trois autres, jusqu'à ce qu'on ait rencontré celle qui soit bien convenable.
Quand on doit remplacer la nourrice, il faut lui laisser ignorer cette détermination, et attendre, peut* la lui faire connaître^ qu'un nouveau choix ait été fait. Alors il est bon de ne mettre aucun intervalle entre l'avertissement et le rémplacetnent ; de cette manière elle ne peut en aucune façon faire souffrir l'enfant du dépit qud peut lui causer cette mesure;