‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 76 sur 143 · CHAPITRE VIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIll

DES GERÇURES DU SKIIf CHEZ LES NOURRICES.

Des gerçures, des crevasses et des ulcérations peuvent se faire sur le mamelon et à sa base,, sous l'influence du mâchonnement exercé par l'enfant. C'est aussi la conséquence d'un lait peu abondant, de mauvaise qualité, ou d'une maladie de la bouche du nourrisson.

Ces crevasses sont très douloureuses, surtout lorsque l'enfant veut teter, et la souffrance est quelquefois telle, que la succion est impossible. Il en résulte surtout une inflammation des conduits galactophores qui amènent le lait à l'extérieur,

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un engorgement du sein ou la chute du mamelon tout entier.

On remédie à cet accident en faisant usage d'un bout de sein artificiel, mais les enfants ont souvent de la peine à le prendre ; des lotions avec une faible solution d'acétate de plomb ou de sublimé, de la pommade de concombre, Teau de madame Delacour, peuvent également être employées avec succès.

Lorsque ces moyens échouent, on peut employer le moyen imaginé par Legroux, et qui consiste à envelopper le mamelon d'un épiderme artificiel, sur lequel se passe l'effort de succion. La baudruche est très propre à remplir cette indication» Seulement il faut l'agglutiner à l'aide d*une substance insoluble dans la salive, le lait, la transpiration cutanée. Le collodion, rendu élastique par l'addition de 50 centigrammes d'huile de ricin et 1 gramme 50 centigrammes de térébenthine par 30 grammes, peut rendre ce service.

« A l'aide d'un pinceau, ou étale au pourtour du mamelon une couche mince de cette substance^ dans Un rayon de quelques centimètres. On applique par-dessus une pièce de baudruche percée de quelques trous d'épingle, au niveau du mamelon, pour laisser passer le lait. On évite d'étendre

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le coUodion sur le mamelon, qui en serait très douloureusement impressionné.

» La vaporisation rapide de Téther amène une prompte dessiccation du collodion et l'agglutination presque immédiate de la baudruche. Le mamelon se trouve ainsi plus ou moins affaissé par la baudruche qui le recouvre et qui se tend en se desséchant.

T> Lorsque Ton veut approcher Tenfant du sein, on mouille avec de l'eau sucrée le bout du mamelon. La baudruche qui le recouvre devient molle et souple, se prête à l'ampliation de ce petit organe, tout en préservant les ulcères et crevasses contre les efforts de la succion. L'allaitement se fait alors avec une extrême facilité, avec peu de douleurs. Et dans l'espace de quelques jours les ulcères et crevasses sont guéris.

» On peut dire qu'avec ce moyen, il n'y a plus d'ulcères ou crevasses du mamelon.

j> Là ne paraissent pas devoir s'arrêter les services que l'on peut en attendre.

» Sur une femme dont l'affection du mamelon avait provoqué une tuméfaction phlegmoneuse de la partie inférieure du sein, la baudruche, appliquée sur le mamelon, et prolongée sur toute la partie phlegmonée, permit à la mère de livrer

son sein à Tenfant, et le dégorgement inflammatoire s'opéra dans Tespace de deux à trois jours. Sans doute, l'élimination du lait a dû contribuer à la résolution. Mais l'imperméabilité de l'enveloppe ne paraît pas devoir lui être étrangère ; car, sur une autre femme, le sein droit, privé de mamelon, ne put être dégorgé par la succion, il devint le siège d'un engorgement considérable, avec douleur et dureté. Il fut enveloppé de baudruche, et , dans l'espace de deux à trois jours, il s'est dégorgé. »

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