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ACCIDENTS DE LA PREMIÈRE DCNTITION

neuse et les glandes du cou. On les guérit par le miel rosat^ Yalun^ le chlorate de potasse î)u les cautérisations.

D. La stomatite simple^ ou inflammation de toute la bouche, qui cause une souffrance trèspénible aux jeunes enfants, les empêche de dormir, et les rend désagréables et inconsolables.

E. V adénite cervicale^ c'est-à-dire la foimation de glandes sous le cou, qui peuvent donner lieu à des abcès sous-maxillaires d'autant plus fâcheux qu'ils peuvent dégénérer en scrofule.

Ces différents troubles locaux peuvent être combattus par les moyens que je viens d'indiquer ; mais on peut essayer de les prévenir en donnant aux enfants un hochet à mordre, un morceau de racine de guimauve à sucer, ou leur frottant les gencives avec du miel laudanisé ou du sirop de karabé.

II. Accidents généraux de la première deîitition, — Quand la dentition n'occasionne qu'une inflammation locale des gencives ou de la bouche, de la douleur et un obstacle à rallaitenient, il ne faut pas trop se plaindre, mais, dans quelques circonstances, elle produit de la fièvre et des troubles plus sérieux. On voit apparaître des accidents sympathiques sur la peau, sur la muqueuse digestive, pulmonaire, et dans le système nerveux.

A. A la peaUy il se produit sur le visage ou sur le corps de l'urticaire, de la roséole, du strophulus, de l'eczéma et surtout de Timpétigo. Ces deux dernières maladies paraissent comme accidents fébriles critiques, puis se perpétuent à l'état d'affection cutanée, souvent assez difficile à guérir et pour laquelle les lotions ou les bains de son et de sublimé sont nécessaires.

B. La laryngite et la bronchite sont souvent la cause du travail de la dentition ; mais, dans ce cas, Finflammation de la muqueuse du larynx et des bronches est toujours très-superficielle, et n'entraîne aucun accident grave. Les enfants toussent plus ou moins souvent , et leur indisposition ne réclame que l'emploi de préparations calmantes.

C. Les vomissements sont chose très-fréquente au moment de la sortie des premières dents. L'enfant, irrité, agacé, souffrant et dormant ti'èsmal, devient dyspeptique. Ses digestions sont mauvaises, le lait s'indigère et le nourrisson rejette souvent en abondance tout ce qu'il a teté.

D. La diarrhée est bien plus fréquente que les vomissements. C'est l'accident le plus ordinaire. On constate un bien plus grand nombre d'évacuations que dans l'état habituel; et comme l'accident se reproduit chaque fois qu' une dent se prépai-e à sortir, il n'y a pas lieu do douter de la cause du

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mal. Les matières rendues très-fréquemment sont jaunâtres, glaireuses, mêlées de mucus filant comme du blanc d'œuf, et quelquefois de matières vertes avec grumeaux blancs de lait coagulé et non digéré. Les enfants ont de violentes coliques, quelquefois telles qu'on ne peut calmer leurs cris ; ils se tordent, rendent des vents et paraissent dans un grand état de soufirance. Si l'état se prolonge, ils pâlissent; leurs chairs deviennent molles, flasques, et il se déclare une véritable inflammation d'entrailles qui peut les faire périr.

Donner moins à teter, supprimer les potages, administrer des lavements laudanisés, de Teau de son, de riz, de gomme, d'albumine, du sirop de gomme suffisamment bismuthé, appliquer das cataplasmes sur le ventre, etc. ; tels sont, en abrégé, les moyens à employer dans cette circonstance.

E. Les convulsions, la syncope sont les accidents sympathiques les plus graves de la première dentition. Ils résultent d'une modification inconnue du système nerveux qui, sans désordre matériel, anéantit subitement son action. L'enfant perd subitement connaissance et reste immobile avec de faibles mouvements convukifs dans les yeux ou dans la bouche. Ce sont t ^nvulsiotis internes. Ailleurs, avec la pe^» l se mani-

festent de violente % dans

3A6 t£ SKVRAGË Kf L%8 SOINS CORPORELS.

les membres. Les yeux sont fixes, déviés de leur axe; les paupières tremblent, la bouche se contourne et le visage offre une expression horrible à voir. Un état convulsif analogue existe dans les membres qui sont roides et s'agitent violemment. Tout cela dure quelques secondes à peine et disparaît jusqu'à la sortie d'une nouvelle dent. Chez (fuelques enfants, ces désordres se reproduisent à Tétat de mauvaise habitude du système nerveux, sous forme d'attaques convulsives intermittentes, pouvant dégénérer en épilepsie. C'est souvent ainsi que commence cette névrose. Ailleurs, la convulsion est si forte et la perte de connaissance consécutive si prolongée, qu'il y a lieu de craindre la mort. Ainsi, j'ai connu un enfant, parvenu à l'âge d'homme, aujourd'hui en parfaite santé, qui, au moment de sa dentition, eut ainsi une violente convulsion subite aux Tuileries. On le crut mort, et, comme je l'ai rapporté ailleurs (I), sa bonne, qui était seule, toute désolée, le rapportait chez ses parents dans son tablier relevé devant elle, connue lorsqu'on porte quelque part un paquet qu'on ne veut pas laisser voir. En chemin, l'enfant reprit connaissance et il rentra chez lui en aussi bon état que s'il n'eût rien éprouvé.

(1) Bouchut, Trailé pratique des maladies des nouveau-nés, des enfants à la mamelle et do la seconde enfance, ^^ édition; l»aris, 1862, p. iAl.

4GGI1«KTS BK U PRIMltliK MMTITiaS. 3A7 Dans quelques cas, les choses n'ont pas un aussi heureux dénoûment. La convulsion entraxe une perte de connaissance irrémédiable promptement suivie de mort. C'est Fi&ire de quelques minutes. Dans l'état convulsif occasionné par la dentition» les enfants doivent être déshabillés complètement et exposés à l'air frais; il faut leur souffler de l'air dans les narines, et leur faire respirer du vinaigre ou de l'ammoniaque affaiblie. On doit les frictionner vivement sur tout le corps, leur frapper la paume des mains, fouetter leurs fesses et leur faire prendre du sirop de fleurs de tilleul ou d'éther par petites cuillerées, quelques gouttes d'eau de laurier-cerise, ou de teinture de musc dans une cuillerée à café d'eau sucrée. En outre, pour prévenir le retour de ces accidents, il faut donner des bains de tilleul ^ des lavement» à'asa fœtida^ de chloroforme^ et Ton peut faire prendre flux enfants chaque jour quelques milligrammes de valérianate de zinc^ de valérianate d'ammoniaque ^ d oxyde de zind ou du sirop d'éther en petite quantité*

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