BAÎNS DE MER ET DE RIVIÈRE
cas la durée du bain doit être de 15 à 25 minutes.
2** Bains de mer froids, — Au-dessus de quatre ans on peut faire prendre des bains de mer froids, soit sur les côtes de la Manche, soit sur les côtes de T Océan, et de préférence sur les plages de sable plutôt que sur les plages couvertes de galets.
Les bains de mer doivent se prendre du 16 juin au 30 août dans la Manche et jusqu'à la fin de septembre dans T Océan. Leur durée doit être de 5 à 10 minutes, et il faut les prendre à marée montante plutôt qu'à marée basse, et le matin plutôt que le soir. On habille les enfants avec un caleçon de laine allant jusqu'à la moitié de la cuisse, avec une blouse de laine assez large et sans manches, et avec des chaussons pour empêcher la blessure des pieds. Après le bain, il faut faire une friction sèche et du massage sur tout le corps, de l'exercice dans le but de favoriser la réaction et rentrer pour le repas.
Quand les enfants sont à peine malades, et qu'on ne veut que les fortifier un peu, un mois ou deux de bains de mer peuvent suffire. Mais cette hydrothérapie maritime est insuffisante dans les cas de rachitisme, de scrofule ganglionnaire ulcérée^ ou de carie des os. Alors, ce n'est ' xa\^ Ou deui mois de bains de mer, c'est
quelquefois davantage. Tété comme rhiver» qui j sont indispensables pour arriver i un résultat satiafaisant. Dans ce cas il faut habiter les bords de la mer pour que les enfants soient sans cesse à jouer sur le bord des vagues, en ramassant des coquilles ou s' essayant à la pêche. Il est trèsdiffîcile de réaliser ces conditionsj mais quand on le peut on n*a jamais às^en repentir* ^ilnsi» après avoir vu les résultats obtenus sur les enfants trouvés de Montreuil-sur-Mer, placés à Berck, dans une cabane de pêcheurs, sous la direction de quelques religieuses, pour y vivre toute i Tannée, T administration de l'Assistance publique | a, sur mon rapport, fondé au même endi^oît^ un établissement de 100 lits pour les scrofuleux de Thôpital des Enfants malades» Depuis quatre ans cet établissement fonctionne et le nombre de ses lits sera prochainement porté à 400. Quel-j ques-uus des scrofuleux de T hôpital des Enfants et de rhôpital Sainte-Eugénie y séjournent constamment ^ et il est vraiment très-remarquable de voir combien leur santé s'améliore sous Tinfluence de Tair marin et des bains de mer quand la saison] les autorise. En quelques jours l'état généraJ est transformé, le visage se colore, se haie et devient meilleur, les chairs s'affermissent, les forces augmententj et ce n'est que plus tard, d*uue mani* progressive, au bout de quelques semaines
quelques uiois ou d'un au que la lèpre scroluleuse se guérit. Quelques semaines pour tes scrofulides cutanées, quelques mois pour les caries des os, et Ton doit encore ètm trop lieureux de les voir guérir» Tout ce que j'ai vu personnellement à lïcrck m'a convaincu» et les ellets obtenus sur les malades que j'y ai envoyés sont tels que je n'hésite pas pour affirmer que, dans la scrofule et dans le rachitisme, Je meilleur traitement à suivre nie paraît être le séjour, été comme hiver, sur les bords de la mer,
IL Bains de riviètc, — He que j'ai dit des bains de mer s'applique également aux bains de rivière, et dans ma pensée ils Jie conviennent qu'aux enfants sortis de la première enfance.
(IHAPITRE V.
ï)L l'exkucice et de la CYMNASTIQUK-
Tous les enfants Ibnt de Texercice libre par les jeux de leur âge, beaucoup font de la gymnastique, mais font-ils suilisanmient de gynmastifjue et d'exercice et conimeiit faut-il faire de la gyaniastique pour que cela leur soit utile ? Voilà les questions que je veux résoudre,
t. Exercice fibre. — Perwonnc ne conteste et contesté que Texercice unisculaire et lagy
àU L'ÉDUCATION PHVSIQIJÉ DE LA SECONDÉ ENFANCE.
nastique ne soient indispensables à la bonne constitution du système musculaire. Seulement si l'on croit qu'une sortie de deux ou trois heures, comme cela se fait dans les familles parisiennes ; qu'une récréation pendant une demi-heure trois fois par jour ainsi que cela se pratique au collège, ou enfin qu'une heure de gymnastique deux fois la semaine avec beaucoup d'autres enfants soient quelque chose de suffisant pour le but qu'on se propose d'atteindre, on se trompe beaucoup. Il faudrait que la gymnastique soit un moyen bien puissant pour qu'à de longs intervalles des exercices faits en commun, chacun à son tour, ce qui donne peut être un quart d'heure de mouvements par personne, aient un résultat satisfaisant. Cela n'est pas possible. A l'hôpital des Enfants, où un gymnase a été installé, les enfants scrofuleux valides, au nombre d'ime centaine environ, divisés en quatre ou cinq bandes, font deux fois la semainej pendant une heure ou deux, sous l'in^ fluence du maître et des sous*maltres, des exercices chacun à leur tour, de Sorte qu'en moyenne chaque enfant a pour son compte quelques minutes de gymnase par séance. Une pareille manière de faire la gymnastique ne peutconduiio à aucun bon résultat, et c'est pour l'avoir ahîsi pratiquée sans succès que beaucoup de personnes ont cru devoir y l-enoncer;
Pour faire prendre aux enfants Texercice qui leur est nécessaire, il faut que Ton prélève sur le travail un temps suffisant que j'évaluerai à deux heures par jour au moins, et ce temps sera employé aux jeux ordinaires de l'enfance ou à la gymnastique.
Courir, sauter, glisser, patiner, boxer, jouer aux barres, au cheval fondu, à colin-maillard, au cerceau, au volant, à Tare et à l'arbalète, au sabot, au billard, aux boules ou aux quilles, lancer la balle et manœuvrer les raquettes de la paume, nager, soulever des poids, faire de l'escrime, monter à cheval, sont une gymnastique bien suffisante lorsqu'on s'y livre avec ardeur tous les jours et pendant longtemps. Il n'y en aurait pas besoin d'autre si dans les collèges les maîtres réglaient les jeux comme on règle le travail et apprenaient forcément à jouer aux élèves, de façon que tous fissent un exercice corporel suffisamment actif. Ces jeux sont trop négligés, sinon délaissés par la génération actuelle, soit faute déplace dans les maisons d'éducation, soit par tout autre motif, et cependant quoi de mieux que ces jeux intelligents de la barre ou de la paume où, en même temps que s'exercent les muscles, l'esprit animé d'une émulation plus ou moins vive cherche à triompher des adversaires d'un instant simulent lo camp ennemi €
apprennent de bonne heure à l'homme que la vie n'est qu'une suite de combats où le plus hardi et le plus habile remporte toujours la victoire.
La gymnastique elle, ne demande en aucune façon le secours de Tintelligence, et vraiment elle ne saurait qu'en faire puisque c'est le mouvement cadencé, rhythmé et soumis à la volonté d'un maître qui ordonne à un muscle ou à un ordre de muscle d'agir de telle ou telle manière. Moins le fusil et l'uniforme, c'est l'exercice du soldat transformé. Cela ne vaut pas la liberté de feindre, de tromper, d'éviter et de surprendre son adversaire par des mouvements rapides et habiles qui est l'âme de certains jeux de l'enfance et surtout des barres, de la paume, de Tescrime, etc. , mais cela peut rendre des services spéciaux. Sous ce rapport la gymnastique a pris dans l'hygiène une place qu'elle a de véritables droits de conserver.
II. Gymnastique, — En gymnastique on cherche à développer tout le système musculaire en général, ou un système de muscle en particulier. Dans le premier cas on a recours à la course mesurée silencieuse ou chantante, au trapèze^ au matyhla corde lisse et à nœuds ^ au saut de mouton^ à Vescalade^ au saut de mur ou de rivière^ etc. ; dans le second on emploie la suspension par les bras ou par un bras, le jeu des haltères et du disque. Tous ces exercices, groupc's dans la figure 47, ne cou-
098 L'ÉDUCATION PHYSIQUE DE I4, S^^PitJ^iîiE ENFANCE.
viennent pas indistinctement à tous les enfants ni à tous les âges, mais si on les emploie convenablement tous les jours et as^ez longtemps chaqujs jour pendant plusieurs années, on en retirer^ des avantages réels.
1° Course, — L'exercice de la course rapijdeou mesurée, sur un terrain uni ou raboteux, faci)ite la longueur de Thaleine, augmente la capacité du thorax et des poumons, et favorise Thématose en produisant rentrée d'une plus grande quantité d'air dans la poitrine.
Garçons et filles doivent être assujettis à cet exercice qui fortifie la poitrine et éloigne les chances de bronchite et de phthisie pulmonaire. Les anciens le tenaient en grand honneur, car d'après le récit de Barthélémy, 0 seize femmes choisies parmi ces huiVtribus des Eléens, et respectables par leurs vertus, décernaient le prix de la cpurse aux jeunes filles de J'Elîde. Dès que le signal est donné, ces jeunes émules s'élancent dans la carrière presque à demi- nues et les cheveux flottants sur les épaules. Celle qui remporte la victoire reçoit une couronne d'olivier et la permission plus flatteuse de placer son portrait dans le temple do Junon. ))
Cela est la course de vitesse, mais la course au pas gymnastique OM accéléré e^i très-suffisante au but rpie Ton se propose d'atteindre pour fortifier
la poitrine. C'est celle que Ton peut mettre en pratique chez les jeunes enfants, et il est trèsfacile, en les réunissant en peloton, de les faire courir assez longtemps pour les habituer à mettre leurs poumons en mouvement, de manière à activer l'hématose, c'est-à-dire à améliorer la sanguification.
A cette manière de courir se rapporte l'exercice du piaffer^ qui consiste à sauter sur place en fléchissant alternativement les deux genoux.
2° Chant. — Le rhythme qui donne de la précision au chant peut être adopté pour donner aux exercices de l'enfance la mesure et la régularité nécessaires. Les anciens conseillaient l'exercice de la voix et le chant après le souper comme étant très-utile, et il est certain que le chant réglé qui accompagne les mouvements gffenastiques en indique la mesure par ses connaissances et par ses repos de façon à imprimer de l'ensemble aux exercices. Chez les enfants surtout il est indispensable pour les habituer à marcher, à sauter, à courir en mesure. Du reste, en même temps qu'il les amuse, il facilite l'expansion pulmonaire en produisant un essoufflement passager qui se mêle à celui que détermine l'exercice.
3° Suspension par les mains, — En fixant une longue perche transversalement le long d'un mur à un naètre de distance , ou en appuyant
une échelle sur la muraille, on a des appareils sur lesquels les enfants peuvent se suspendre avec les mains, le corps restant libre dans Tespace. On peut monter ou descendre derrière l'échelle et avancer de droite à gauche ou de gauche à droite sur la barre transversale. Si l'on joint à cela Texercice des barres parallèles (fig. 48) qui consiste à soulever le corps par ^^: la force des bras pour amener le
Fo! 48— Barres mcutou au nivoau des poignets, il i.araiièies. ^^^ facile dc compreudre tout ce que le système musculaire de T épaule et de la poitrine peut gagner à la répétition de ces mouvements.
h"" Exercices du grimper. — Un exercice analogue à la suspension par les bras est celui qui consiste à grimper sur des cordes lisses ou pourvues de nœuds, sur des mâts flottants, sur des échelles de cordes mobiles, et à passer des unes aux autres à Taide des bras. A cet exercice je rattache celui du trapèze^ et comme il a pour eflet le développement des muscles deltoïdes, pectoraux, trapèzes et dentelés, il devra être mis en pratique avec persévérance. Seulement il est dangereux chez des enfants très-jeunes, et il ne doit être autorisé qu à partir de Tâge de huit ou dix ans.
5° Saut. — Le saut en profondeur, en largeur, ou de bas en haut, est un bon exercice que les enfants âgés de cinq à dix ans peuvent commencer à faire et qui a l'avantage de réunir les effets de la course par Télan qu'il faut prendre à ceux de la secousse donnée au tronc et aux membres. On tend un cordon soutenu à ses deux extrémités sur une tige graduée selon le système métrique, et on l'élève à volonté selon l'habileté des sauteurs. Les enfants ne sautent jamais bien haut, mais quelques personnes arrivent ainsi à franchir une hauteur de l mètre à 1 mètre 40 centimètres et une largeur de 3 à A mètres. Avec la perche on peut aller à 2 mètres de haut et jusqu'à 5 et 6 mètres de large.
A cet exercice se rapporte celui du cheval de bois (fig. 49) que l'on franchit droit ou de côté ou sur lequel on monte pour sauter de suite de haut en bas.
6"* Haltères et disque, — Les haltères sont deux boules de fonte réunies à 1 0 centimètres de distance par une tige solide et résistante qui permet (le les prendre avec la main pour les manœuvrer aisément. On fio. 49.- ci'.ovai on fait de différents poids appropriés à 1 âge et h la force des enfants, garçons ou filles, et le? ayant pris dans chaque r
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enlève à bras tendu pour les porter en avant, en arrière ou sur la tête. Cet exercice qui n'est autre que Y exercice des poids^ a un très-heureux effet sur le développement des muscles et du bras et de la poitrine. Comme le jeu du disque, le jeu de boules et le jeu de quilles, il imprime une vitalité plus grande au mouvement de nutrition des membres supérieurs et sous ce rapport il mérite d'être encouragé.
Tous ces exercices de gymnastique joints à ceux du dynamomètre^ de la lutte et des tractions faites à la chambre sur des ressorts à boudin ou sur des lanières de caoutchouc vulcanisé sont excellents, à la condition qu on les fasse assez souvent et assez longtemps. Malheureusement, Us sont d'un emploi dispendieux et difficile, car ce n'est qu'exceptionnellement qu'on trouve des familles pouvant conduire plusieurs années de suite leur enfant au gymnase pendant une à deux heures par jour, et si l'on n'y va pas aussi fréquemment ces exercices deviennent à peu près inutiles au point de vue pratique. La gymnastique faite au gymnase est à notre époque une chose extrêmement difficile, et cependant comme l'exercice fait (le façon à développer le système musculaire en général, et celui de la poitrine en particulier est indispensable à tous les enfants, il faut encourager l'emploi de tous les moyens qui peuvent
EXERCICE ET G\MNASTlQyE. 503
suppléer Tari des gymnasiarques. Au lieu de se contenter du mot gymnastique que la mode met dans la bouche de tous les parents, il faut se procurer la chose, et cela est facile sans être dispendieuse, par tous les jeux et par tous les exercices du corps auxquels se livrent volontiers les enfants. Si ces enfants peuvent avec assiduité suivre assez longtemps les exercices du gymnase, tant mieux, mais si la chose est impossible on peut se contenter chez les petits enfants, de la course, de la balle et des boules, des haltères, de la paume, des quilles, de la natation, de l'escrime et de Téquitation.
Tels sont nos principes actuels en manière d'éducation physique de Fenfance, et sauf les cas de maladie ils pourront être appliqués par toutes les mères qui voudront bien se laisser convainci'e que l'excès de soins et de précautions préservera moins bien leur enfant des influences extérieures physiques etmorales* que la résistance organique qu'ils pourront acquérir par la lutte avec les agents naturels. C'est là un fait incontestable, et je le résumet*ai par quelques lignes empruntées au philosophe Locke.
« Laisser aller les enfants en plein air ; leur faire prendre de rexercico ; les laisser bien dormir; ne les nourrir que des viandes les plus com-* lilunes i leu'' '"^ Ire le vin et l'usage de toutes
les liqueurs fortes ; ne leur donner que peu ou point de médecines ; ne pas leur faire des Iiabiis trop chauds ou trop étroits, et surtout leur tenir la tête froide aussi bien que les pieds, ([ui doivent être souvent lavés dans Teau froide et accoutumés à r humidité (1). »
(1) Lockc^ Traité de l* éducation des enfants, (rad. par Cosle. Londres, 1713, t. I, p. 92.