CHAPITRE PREiMIER
DE l'époque a laquelle LA JEUNE MÈRE PEUT DONNER A TETER POUR LA PREMIÈRE FOIS.
Jadis on ne donnait à teter aux enfants que vers le troisième ou quatrième jour, et voici ce qu'Oribase rapporte à ce sujet d'après Soranus :
« Avant toute autre nourriture, on donnera à » sucer à l'enfant du miel écume de qualité supé- > rieure, ou du bon sucre, et l'on rejettera le beiure
166 L'ÂLLAltEMENT.
> parce qu'il fait tort à rorifice de Testomac ; en- » suite on fera retomber dans la bouche de l'enfant » quelques gouttes d'hydi^omel tiède.
» Après cela la mère tirera de ses mamelles ce
> qu'elles contiennent d'épais, puis elle donnera à I) teter à son enfant, après s'être fomenté les seins » avec de l'eau chaude ; cependant, jusqu'au qua- » trième jour, il vaut mieux que l'enfant ne prenne
> pas tout de suite le lait de sa mère (1) . » Aujourd'hui notre manière de faire est différente,
l'enfant doit être présenté au sein de sa mère dès qu'elle est reposée des fatigues de l'accouchement, ce qui est plus ou moins long, suivant que l'accouchement a été plus ou moins pénible. Les mouvements de succion qu'il exécute avec vigueur, les vagissements qu'il fait entendre, indiquent assez le besoin qu'il éprouve; et quel aliment plus convenable peut-on lui offrir que celui que la nature lui a préparé? 11 ne tire d*abord de la mamelle qu'un liquide jaunâtre peu abondant, connu sous le nom de colostrum^ et qui, par sa nature, est très-propre à lubrifier la surface inteiTie du conduit intestinal, à solliciter doucement ses contractions, à délayer le méconium, et par cela même à faciliter l'expulsion de cette matière. Ce liquide acquiert peu à peu l'apparence et les
(1) Oribase, OEuvres, traduction Daremberg, Paris, 1858, t. ni, p. 119; Soranus, 70, 72, 77, 79.