‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 56 sur 171 · DES YARIATIONS DE LA COMPOSITION DU LAIT · texte numérisé non relu

DES YARIATIONS DE LA COMPOSITION DU LAIT

Ce que je viens de dire suffit pour faire connattre d'une maniëre générale la composition du lait chez tous les mammifères, mais elle subit de grandes modifications suivant les espèces, suivant les individus, et suivant les circonstances chez le même individu.

Bien plus, des expériences récentes permettent de croire, avec plus de fondement que jamais, à rexistence de certains traits communs qui caractériseraient le Isût de tous les animaux appartenant à on même groupe naturel.

Ainsi, la matière sucrée, qui d'ailleurs n'est que dalnxe, pour ainsi dire, n'existerait que chez les ammanz se nourrissant exclusivement, ou au mûns en partie, d'aliments végétaux ; chez les carnivores, elle est sans doute suppléée par une matière grasse plus abondante.

La composition du lait varie surtout par rapport àla proportion de ses principes constituants. Dans telle espèce domine le caséum, dans telle autre le beurre ou le sucre de lait. Comme exemple, je donnerai d'un côté le lait de vache, et de l'autre oehii de femme : le premier est plus riche en

186 L'ALUITËMENT.

caséum ; le second remporte par la proportion de beurre et de sucre de lait.

Le jeune veau, qui doit marcher en naissant, tette xm lait bien propre à lui faire des muscles, puisqu'il est très-chargé de matière azotée ; l'enfant, au contraire, qui n'a pas besoin d'essayer ses forces de si bonne heure, et qui, par suite de cette inaction même, est privé d'une source de chaleur, l'enfant, dis-je, reçoit un lait plus pauvre ' en caséum, mais plus riche en substances combustibles, beurre et sucre.

Ce rapprochement est trop hardi peut-être ; ce n'est encore qu'une vue de l'esprit qui a besoin d'être justifiée par l'observation et l'expérience.

Les modifications dans les caractères spéciaux des principes immédiats du lait font aussi varier sa composition.

Il est certain qu'on doit reconnaître différentes espèces de beurre d'après la nature de l'acide gras volatil qui s'y trouve en partie libre, en partie combiné, et auquel ils doivent chacun leur odeur propre. Chez la vache, c'est l'acide butyrique; chez la chèvre, ce sont les acides caproïque et caprique. On peut également admettre diverses sortes de caséine : la caséine du lait de femme ne se comporte pas comme celle du lait de vache.

C'est en raison de cette composition différente que, dans quelques cas, le docteur Cumming a

recherché les moyens de faire artificiellement avec du lait de vaGhe un lait analogue à celui de la femme.

Page 1