‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 58 sur 171 · UIT DE FEMME · texte numérisé non relu

UIT DE FEMME

lait de femme doit être étudié dans ses propriétés physiques et chimiques.

I. Propiiétés physiques. — Il n'est peut-être pas d'espèce de lait, disent Deyeux et Parmentier (I), dont les propriétés varient autant que celles du lait de femme. A chaque instant du jour, ayant ou après le repas, avant, pendant et après le moment où la mère donne à teter, la composition du lait est différente.

Ces variations, suivant les circonstances et les individus, sont même tellement considérables dans les limites de l'état physiologique, qu'il est difficile d'en tracer nettement les caractères.

Les auteurs que nous venons de citer reconnaissent, dans un excellent mémoire, trois sortes de laits observés chez des nourrices également vigoureuses et en bonne santé : 1° il y en avait de très-séreux et demi-transparent; 2° d'autres, trèsopaques, avaient l'apparence d'un lait de vache de bon aloi; mais 3° ils ont trouvé plus communément les qualités intermédiaires.

Le lait est jaunâtre dans les prenûers jours de l'allaitement ; il devient ensuite d'un blanc plus ou moins mat.

L'odeur du lait de femme est fade ; elle ressemble à celle du lait de vache.

(1) I>eyeux et Parmcnlier, Amaies d« chimie^ 1790, l. VI , p. 183, et t. XVII.

i90 L'ALLAITEMENT.

Sa saveur est plus douce et plus sucrée que celle de ce dernier.

Sa densité varie entre 1020 et 1025, et peut môme dépasser cette limite supérieure.

Dans des recherches plus récentes, ne s'accordant pas avec celles de M. V. Regnault (de l'Institut) (1) , et celles de Doyère (2) , M. Vernois et A. Becquerel (3) , d'après 89 analyses de lait de femme, ont trouvé pour cette densité les chiffres extrêmes, 1025 16 et 1046 18; ce qui donne pour moyenne 1032 67. Malheureusement le lait varie tellement dans la composition chez la même personne, dans les différentes circonstances de la vie, qu'il ne faut prendre ces chiffres que comme une donnée approximative. De plus, ces auteurs ont confondu, avec le caséum, l'albumine qui existe dans le lait ; et cette faute se retrouve dans leurs analyses du lait dans l'état pathologique, ce qui jette une réelle incertitude sur les résultats définitifs, et ce qui oblige à de nouvelles recherches pour élucider complètement la question des altérations du lait.

On ne saurait trop se défier de ces travaux, et ils ne sauraient être acceptés sans vérification.

(1) Regnault, Éléments de chimie^ t. IV.

(2) Doyère, Mémoire sur le lait {Annales de Vlnstilut agronomiqtMy 1852).

(3) Vernois et Becquerel, Annales d^hygiène publique^ Paris, 1853, t. XUX, p. 257, et 1. 1, p. 43.

Urr DE FEMME. 191

L'analyse chimique de ces auteurs fournît les résultats suivants sur la proportion normale des éléments de ce liquide :

Sur 1000 parties de lait» on trouve :

Mbinitim. Maximnm. Moyenne.

Eaa.... 822,30 999,98 889,08

Sucre 35,22 59,55 43,64

Caséum et matières eitrac*

tives 4 9,32 70,92 39,24

Beurre 6,66 56,42 26,66

Sels 0,55 3,38 4 ,38

Poids des parties solides. 83,33 4 47,70 1 \ 0,92

D'après M. Regnault, sur 100 parties de lait de femme, il y aurait :

Eau 86,6

Beurre 2,6

Sucre de lait et sels solubles 4,9

Caséum, albumine et sels insolubles. 3,9

D'après Doyère, qui a soigneusement pesé à part le caséum et l'albumine sur 1000 parties de lait de femme :

Eau 873.80

Beurre 38

Caséine 3,40

Albumine 4 3

Sucre 70

Sels 1,80

Cette dernière analyse diffère beaucoup des précédentes, tant par le chiffre de Talbumine qui

192 L'ALUITEMEKT.

est indiqué que par la quantité considérable de sucre qu'elle renferme. C'est la meilleure analyse qui ait été faîte et la seule qu'il faille accepter.

Au microscope^ le lait de femme se présente, comme tous les autres, formé par un liqmde diaphane, au sein duquel na- %^o J^?;'^ o^^ gent des globules oléagion^'^S^^''^^ neux dont on connaît les

^ b^Ç^u^ o^P caractères , mais qui au-

F,o. 8. -Globule» laiteux «ans raicut , daus cc cas , uu

môiançe. volumc uu pcu plus grand

et plus uniforme que dans les autres espèces de

lait (fig. 8).

Avec plus d'attention, on y découvre en outre des débris d'épithélium.

II. Propriétés chimiques. —Le laii de la femme est toujours alcalin au sortir de la mamelle ; et il paraît conserver cette propriété d'autant plus longtemps qu'il provient d'une femme saine et vigoureuse. Il devient bientôt acide par l'action de l'air, surtout quand il provient de femmes maladives. A l'état ordinaire, il ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide ; cette action est même assez énergique. Longtemps ce caractère a été méconnu ; cela tenait à l'erreur dans laquelle étaient tombés les premiers chimistes, qui n'eurent probablement occasion d'examiner que du lait de vache non récent, et déjà un

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