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CHAPITRE PREMIER

DES MODIFICATIONS DU LAIT DE FEMME DANS l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE.

C'est dans T accomplissement régulier des fonctions sécrétoires qu'on observe au plus haut degré ce que j'appelle Y énergie vitale individuelle, c'està-dire l'influence des forces premières qui entretiennent la vie et qui lui donnent son cachet d'indivîduar lité dans chacun des êtres vivants, Ainsi la l^iA\a^

IW L'ALLAirEXEST.

anauxnique de la glande mammaire étant donnée la même partoat, et chez toutes les femmes, le lait ne sera pas partout le même ; il variera non-seulement chez les différentes nourrices, mais encore à chaque instant chez la même femme et sous Tinfii^nce des causes les plus diverses. Il n'y a' pas deux laits de femme en bonne santé qui se ressem- Uent absolument, et chez la même personne, d'un instant à l'autre, le lait peut changer de compositim.

Les circcmstances qui influent sur la composition du lait dans l'état normal sont :

1* Les idiosyncrasies ;

2* Le temps écoulé depuis l'accouchement, ou la durée de l'allaitement ;

3* Le séjour dans les mamelles, c'est-à-dire le temps écoulé depuis le dernier repas de l'enfant, ou bien depuis le commencement du repas que Ym interrompt pour faire Tobservation ;

A° Le régime alimentaire ;

5° Les fonctions génitales ;

6° La constitution, le tempérament et Tâge.

I. Modifications du lait par les idiosyncrasies. — J'ai déjà signalé les différences que présente le lait chez des nourrices qui se trouvent dans lesmônies conditions apparentes de force et de santé; en outre, chacun sait que certaines femmes, qui paraissent débiles, sont cependant

d'excellentes nourrices, tandis que d'autres, trèsrobustes, ont un lait peu abondant et indigeste.

M. Donné cite une femme dont le lait, extrêmement riche en beurre, offrait des globules de trèsgrande dimension.

Au contraire, un certain nombre de nourrices, dont le lait est pauvre, présentent constamment des globules butyreux d'une grande ténuité.

Il n'y a encore rien de bien précis à cet égard, on doit admettre, et cela n'est pas douteux pour moi, que la composition du lait varie suivant la vitalité et l'individualité des mères, sous l'influence, de la force nerveuse qui anime, dirige et coordonne toutes les opérations de l'organisme ; mais ce qu'on ignore, c'est l'étendue de cette action sur la proportion des éléments du lait et aussi sur les qualités nutritives de ce liquide, indépendamment de sa composition. Ce sont là des choses différentes et constituant deux questions distinctes l'une de l'autre. Cependant quelques tentativcfc ont été faites. On a cherché à déterminer la valeur de ces diverses influences, mais il n'en est sorti aucune conclusion sérieuse.

Voici quelques analyses de lait chez des femmes ayant 'des mamelles plus ou moins volumineuses, et chez des femmes brunes et blondes, qui pourront confirmer ce que je viens de dire; mais pour en comprendre la signification, il faut comparer leur

résultat à ceux que donne l'analyse du lait normal. Comme on peut le voir (J) je ne donne ici que des moyennes. Malheureusement, il faut dire qu'elles résultent de la réunion d'un très-petit nombre d'analyses, ce qui leur ôte toute importance: les différences produites par ces conditions de la nourrice sont insignifiantes.

Seins Seins

Cheveux Chevetix «eu très-

hruns. blonds. développi^s. déreloppés.

Densité 1033,77 4 023,88 4 032,77 4032,50

Eau 892,47 894,20 894,72 888,00

Parties solides. 407,83 405,80 408,28 442,00

Sucre 45,58 44,74 44,29 43,37

Beurre 24,53 22,55 25,44 27,47

Caséum 39,27 37,30 37,20 40,08

Sels 4,25 4,24 4,38 4,38

II. Modifications du lait par la durée de tallox" tcment. — Le lait n'arrive pas d'emblée au degré de perfection où je l'ai supposé précédemment ; il commence par n'être que du colostrum légèrement modifié, dont il emprunte la teinte jaune, et dont il retient les éléments, pour s'en débarrasser peu à peu, à mesure que s'éloigne l'époque des couches.

Dans les premiers jours, et surtout avant que s'établisse la réaction fébrile connue sous le nom de fièvre laiteuse, le lait renferme, outre ses éléments propres, de l'albumine, des corps granu-

(1) AnwiUs d'hygiène el de médecine légales, Paris, 1853, t. XLI, p. 257, et t. L, p. 43.

leux, du mucus agglomérant les globules de beurre, ou se présentant sous forme de globules. On retrouve aussi une grande inégalité dans les globules de beurre, dont les uns, selon l'expression pittoresque de M. Donné, représentent une véritable poussière comparée à d'autres qui sont énormes.

C'est à la présence du colostrum (fig. 9) que le premier lait doit la propriété purgative qui le rend propre o ^6> o ^°Q^ à débarrasser l'enfant de son oo ^«Is^ ^

méconium ; mais il est pro- ^^^^ bable qu'on doit, avec Las- ^dS o ^

saigne, attribuer en dernier fio. 9. - Lait altéré parie»

„ - . « . , éléments du colostnira.

ressort cet effet laxatif à la

matière grasse, plus abondante, et en même temps

moins bien divisée.

n n'y a rien de bien positif sur le moment à partir duquel le lait cesse d'être mélangé avec du colostrum : ce terme varie suivant diverses conditions qu'il n'est pas facile d'apprécier ; toutefois le lait a déjà acquis toutes ses qualités apparentes, lorsque le microscope y fait encore découvrir des corps granuleux. Avant la fin du premier mois, le lait doit avoir revêtu tous ses caractères; et d'après Deyeux et Parmentier, la proportion du caséum augmenterait toujours, à mesure qu'on s'éloigne de l'époque de l'accouchement.

Cette proposition n'est pas entièrement conforme aux résultats des analyses de MM. Vemois et Becquerel. D'après ces observateurs, ce serait plutôt la proportion de sucre qu'on verrait augmenter avec Tâge du lait, mais, comme je l'ai déjà dit, ces analyses n'inspirent plus aux savants qu'un faible degré de confiance.

Voici d'ailleurs le tableau des analyses du lait, à ses divers âges, chez des nourrices saines. On y trouvera la preuve de ce que je viens de dire. Ce tableau représente les modifications de composition du lait âgé de 1 à 15 jours, et de 1 à 24 mois. Il est malheureux que ces analyses n'aient pas été faites sur un plus grand nombre de nourrices ; car, pour établir des conclusions différentes de celles qui sont généralement acceptées, surtout quand elles viennent d^hommes expérimentés comme Parmentier et Deyeux, il faut des résultats d'une autorité rendue absolument incontestable par les moyennes d'un très-grand nombre d'observations.

Influence de l'âge du lait sur la proportion de ses éléments^ de 1 jour d 15 jours et de i à 2U mois.

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