‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 89 sur 171 · GERÇURES ET GREVASSES CHEZ LES NOURRICES · texte numérisé non relu

GERÇURES ET GREVASSES CHEZ LES NOURRICES

enfants ont souvent de la peine à les prendre ; des lotions avec une faible solution et acétate de plomb ou de sublimé^ de la pommade de concombre ^ Feau' de madame Delacour peuvent également être employées avec succès.

Dans quelques cas, on a réussi par le moyen très-simple que M. Boudel (1) a imaginé. Ce moyen consiste à enduire le bout du sein de teinture de benjoin en se ser\ant d'un pinceau de blaireau très-fin. Par Tévaporation de Talcool, le benjoin se dépose en poudre impalpable sui' la surface de la crevasse et permet ainsi à la petite plaie de se cicatriser en la mettant à Fabri du contact de Tair. Cette substance n'ayant aucune propriété nuisible pour l'enfant, il n'est pas nécessaire de chercher à l'enlever à l'aide de lotions quand on veut lui donner à teter. Immédiatement après qu'il a quitté le sein, on applique une nouvelle couche de benjoin.

Lorsque ces moyens échouent, on peut employer le traitement imaginé par Legroux, et qui consiste à envelopper le mamelon d'un épiderme artificiel^ sur lequelse passerait l'effortde succion. La baudruche est très-propre à remplir cette indication. Seulement il faut l'agglutiner à l'aide d'une substance insoluble dans la salive, le lait, la transpiration cutanée. Le coUodion, rendu élas-

(l) Union médicale, 1863.

tique par raddition de 50 centigrammes d'huile de ricin et 1 gramme 50 centigrammes de térébenthine par 30 grammes, peut rendre ce service.

« A l'aide d'un pinceau, on étale au pourtour du mamelon une couche mince de cette substance, dans un rayon de quelques centimètres. On applique par-dessus une pièce de baudruche percée de quelques trous d'épingle, au niveau du mamelon pour laisser passer le lait. On évite d'étendre le coUodion sur le mamelon, qui en serait trèsdouloureusemefflt impressionné.

» La vaporisation rapide de l'éther amène une pi'ompte dessiccation du collodion et l'agglutination presque immédiate de la baudruche. Le mamelon se trouve ainsi plus ou moins affaissé par la baudruche qui le recouvre et qui se tend en se desséchant.

» Lorsque l'on veut approcher l'enfant du sein, on mouille avec de l'eau sucrée le bout du mamelon. La baudruche qui le recouvre devient molle et souple, se prête à l'ampliation de ce petit organe, tout en préservant les ulcèreà et crevasses contre les efforts de la succion. L'allaitement se fait alors avec une extrême faciUté, avec peu de douleurs. Et dans l'espace de quelques jours, les ulcères et crevasses sont guéris.

ï) On peut dire qu'avec ce moyen, il n'y a plus d'ulcères ou crevasses du maniolon.

Page 1