PHARYNX — TIMBRE
peuL s'occuper que de la correclion de fautes grossières de la. prononciation,
2. Lorsqu'on se sent fatigué pendant le chant ou la déclamation et que l'on éprouve de la chaleur ou de la sécheresse , il suffit quelquefois d'humecter l'arrière-gorge (voy. Form., Bain pharyngé) avec un peu d'eau pure ou de l'eau sucrée ; si la fatigue est plus considérable, je conseille quelques gargarismes avec de l'eau fraîche ou de l'eau glacée. On peut aussi faire fondre de petits morceaux de glace dans l'arrière-bouche. Des gargarismes phéniqués (voy. Formulaire) sont également rafraîchi ssan ts.
Si l'on est très-fatigué, un verre de vin de Bordeaux relève les forces.
Des circonstances fortuites ou des préférences particulières ont fait prendre parfois aux artistes l'habitude de telle ou telle boisson ou de certains aliments pour se rafraîchir ou se réconforter à un moment de repos, pendant l'exercice de la voix. Tandis que chez les orateurs le verre d'eau est traditionnel, chez les artistes lyriques les moyens reconstituants sont des plus variés, quelquefois même chez une et la même personne au bout d'un certain temps , ce qui prouve qu'il ne leur faut attribuer aucune vertu particulière et qu'il n'est pas absolument nécessaire , pour fortifier sa voix, de boire de la bière, comme M""^ Nilson, ou de l'eau de Seitz, comme M"'" Patti , ou un lait de poule, comme M. Micbot, etc.
A titre de simple curiosité et loin d'en vouloir garantir l'authenticité , je reproduis ici quelques articles de journaux, concernant les habitudes d'arlisles :
m MANUEL DE i;UY(lltiNE DE U VOIX.
La Pall-Mall Gazette (1869) nous donne les détails suivants sur les spcciliques dont usent quelques-uns des plus célèbres chanteurs d'à présent pour entretenir leur voix.^
Le ténor suédois Labatt mange deux concombres salés, et il prétend que ce légume, ainsi préparé, est souverain pour fortifier la voix.
Sontheira se contente d'une prise de tabac et d'un verre de limonade fraîche.
Wachtel avale un jaune d'œuf battu avec du sucre.
Steger, le plus gros des ténors, boit le jMS brun de Gambrinus.
Walter prend du café noir. Nieman, du Champagne. Tichatcheck, du vin chaud de Bordeaux, préparé avec de la cannelle, du sucre et du citron.
Le ténor Ferenczy fume un ou deux cigares , que ses camarades regardent comme du poison.
M'"= Braun-Brini boit, après le premier acte, un verre de bière ; après le troisième et le quatrième, une tasse de café au lait, et quand elle doit chanter le grand duo des Huguenots du quatrième acte, une bouteille de moét rose.
Nauchbaur grignote des bonbons pendant la représentation.
Le barylon Bubsam boit de l'hydromel.
Nitterwurzer et Kinderman sucent des pruneaux. Un autre baryton, Robinson, prend de l'eau de Sellz. Formes boit du porter.
Le célèbre baryton Beck ne prend rien du tout et s'abstient de parler.
Draxler fume du tabac turc et boit un verre de bière.
Un autre chanteur, le docteur Schmidt, suivant les circonstances, prend du café ou du thé, un quart d'heure après de la limonade ou de l'hydromel. Dans les mtervalles, il aspire une prise de tabac et mange des pommes, des prunes ou un morceau de pain sec.
Un autre journal rapporte que M- Sontag prend, dans
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les enlr'acles, des sardines; M'"" Desparre de l'eau chaude; M"'^ Cruvelli du bordeaux mêlé de chamiiagne ; M""= Ad. Patli de l'eau de Sellz; M""= Nilsoii de la bière ; M'"'= Cabel des poires; M'"" Ugalde des pruneaux et M"™" Trebelli des fraises ; Troy du lait ; Mario fume; M"'= Borghi-Mamo prise du taliac, et Dorus-Gras mangeait, dans les coulisses, de la viande froide.
8. Les défauts de pimonciation persistent qiielqueCois jusqu'à l'âge adulte, d'autres fois pendant toute la vie; ils constituent ces vices de prononciation connus, depuis le plus léger bredouillement jusqu'au bégayement. Leur guérison, indispensable pour l'emploi professionnel de la voix, e.\ige des soins particuliers, parmi lesquels les exercicesprécédemmentmentionnés jouent un rôle important (p. 113).
4. L'intervention du médecin est nécessaire , orsqu'une pharyngite chronique ou une angine granulleuse s'est développée ; j'ai exposé ailleurs {Traité des maladies du larynx, Paris, 1872, p. 793) la méthode de ti^aitement que j'ai adoptée et qui consiste dans l'application locale de divers médicaments.
Parmi les moyens employés dans le traitement de la pharyngite granuleuse, on vante surtout les eaux sulfureuses prises à la souixe on boisson, en gargarismes ou en douches pharyngiennes, commR moyens spécifiques de cette affection qui ne serait
1)8 MANl]EL I)K L'HYGIËNE DE \A VOIX.
qu'une manilesLalion de l'hcrpétismc. J'ai l'ail voir, dans mon Traité, les raisons qui s'opposent à cette théorie médicale, laquelle, dans beaucoup de cas, peut devenir funeste aux artistes. Confiants en effet dans l'autorité médicale qui voit la source du mal dans un «. vice du sang », les artistes ne s'occupent nullement de corriger les défauts du mécanisme qui seul a déterminé l'affection. Le séjour aux eaux ne leur donnera d'autres résultats que ceux qu'auraient procurés partout ailleurs le repos et l'habitation d'une contrée salubre.