STRASS
Silice 38 2
Oxyde de plomb 53 »
Potasse 7 8
Aluminium. 1 »
Borax
. . . , . .... traces.
Acide arsemeux.
Ce composé sert à imiter le diamant; en le colorant en jaune avec l'antimoine, on imite la topaze; le rubis, avec l'antimoine et une partie de pourpre de Gassius ; l'émeraude, avec l'oxyde de cuivre et l'oxyde de chrome ; le saphir, avec l'oxyde de cobalt; l'améthyste, avec l'oxyde de manganèse.
Ici s'arrête ce que j'avais à dire sur la question des verres; je vais maintenant aborder l'important sujet du cristal déroche.
Le cristal de roche ou quartz (pebles des Anglais) est souvent' employé pour faire des verres de lunettes. Lorsqu'il est bien taillé, il peut avoir certains avantages; mais, dans le cas contraire, il
nuit à la vue ; nous examinerons donc attentivement cette substance.
Le quartz hyalin ou cristal de rpche est un des corps les plus répandus dans la nature; sa forme primitive est un rhomboïde légèrement obtus, sa pesanteur spécifique est de 2,04 et sa cassure vitreuse. Le quartz hyalin est phosphorescent par la collision ; il étincelle sous le choc de l'acier et jouit de la double réfraction. Sa composition est la suivante :
Silicium 48 5
Oxygène . 51 95
Le quartz est souvent coloré en violet, en jaune, en rose, etc.; ce sont dés oxydes métalliques qui lui donnent ces différentes teintes. Gomme exemple, je donnerai, d'après Rose, l'analyse de l'améthyste, ou quartz violet.
Silice 97 50
Alumine » 25
Fer oxydé » 50
Manganèse oxydé » . 25
Perte. . . 1 50
Le .quartz hyalin primitif est rare. La variété
la plus commune est celle du quartz prisme, qui consiste en une cristallisation formée d'un prisme hexaèdre , terminé à chaque extrémité par une pyramide à six faces triangulaires. Souvent ces faces ou prismes ne sont pas réguliers ; quelquefois les faces et les pans prennent un accroissement démesuré aux dépens des faces ou des pans adjacents, de sorte que le cristal a alors l'apparence d'un prisme à base oblique.
La plus grande partie du quartz hyalin se trouve dans la nature en grands filons. qui traversent les terrains anciens; souvent ces grandes veines offrent des poches ou des fours (géodes) dans leur embrasure, qui sont tapissées de cristaux réguliers plus ou moins volumineux et plus ou moins parfaits.
Ces grandes masses de quartz sont souvent très -limpides ; d'autres fois elles sont laiteuses, comme le bloc rapporté des Alpes par le général Bonaparte, et qui se trouve au cabinet de minéralogie du Muséum d'histoire naturelle.
Le beau quartz en prismes pyramides vient de Madagascar ; près de la baie Diego Suarès, on en trouve des blocs énormes, et dans certains endroits on aperçoit des quantités de colonnes gigantesques en beau quartz hyalin. Au Brésil, on
trouve aussi du quartz limpide ; mais c'est à Madagascar que Ton trouve les plus beaux échantillons de cette substance.
Ainsi que je l'ai dit, le cristal de roche est doué delà double réfraction, propriété que possèdent un grand nombre de substances de donner naissance pour un seul rayon incident à deux rayons réfractés, d'où il résulte que lorsque l'on regarde un objet à travers les cristaux, on le voit double. C'est Bartholin qui, en 1647, découvrit cette propriété, et c'est Huyghens, en 1673, qui l'étudia.
La double réfraction que possède le cristal de roche le rend donc impropre aux usages de l'optique et en particulier pour la fabrication des verres de lunettes, car si les images ne paraissent pas doubles à travers de tels verres, à cause de leur peu d'épaisseur et de leur mode d'emploi, il n'en est pas moins vrai que la double réfraction existe, et qu'elle peut occasionner un trouble visuel très-considérable, émousser la rétine, et déterminer de la fatigue cV accommodation , et même dé Yamblyopie.
Cependant on peut, en taillant convenablement le cristal de roche, éviter la double réfraction. Pour cela, il faut que chaque morceau destiné à un verre cle lunettes soit coupé perpendiculaire-
ment à Taxe du cristal, comme le représente la figure 21, sur laquelle j'ai figuré l'axe, et une
Fig. 21.
coupe qui lui est perpendiculaire. — On conçoit qu'il faut, pour cette opération, agir sur du cristal parfaitement cristallisé ; car, sur des masses amorphes, on peut tailler des morceaux purs, mais doués de la double réfraction.
Il est une chose bien fâcheuse et que nous signalons : c'est que presque tous les verres en cristal de roche livrés au public sont doués de la double réfraction; cependant on l'annonce de
tous côtés, et bien des personnes se perdent la vue en se laissant prendre à ces réclames.
Il est bon de noter que les verres les plus ordinaires seraient moins funestes à la vue que des verres en cristal de roche non taillés perpendiculairement à l'axe de cristallisation, et cet avertissement doit faire réfléchir.
Du reste, chacun est à même de n'accepter que des verres bien taillés. C'est au moyen de la polarisation que l'on peut vérifier le fait d'une manière absolue. La polarisation est une modification particulière des rayons lumineux, en vertu de laquelle, une fois réfléchis ou réfractés, ils ne peuvent plus se réfléchir ou se réfracter suivant certaines directions. La polarisation a été découverte par Malus en 1810. Par double réfraction ,1a lumière se polarise également. Ainsi, si l'on fait tourner devant une plaque de tourmaline brune ou verte1 taillée parallèlement à son axe de cristallisation, une tourmaline semblable, en regardant au travers et dirigeant la vision vers le ciel ou un objet éclairé, on remarque que tantôt la lumière s'é-
l Pierre précieuse douée de la double réfraction, et composée de silice, d'alumine, de lilhine, d'oxyde de fer, de magnésie et d'acide borique. La tourmaline raye le quartz, mais se laisse rayer par la topaze. On trouve des tourmalines rouges, violâtres, bleues, vertes, jaunes, brunes et noires.
teint ou se polarise, et que tantôt la clarté apparaît. Pour rendre commode cette expérience, on se sert de l'instrument appelé pince à tourmaline, et qui consiste en une lame de cuivre recourbée faisant pince, et portant à sa partie supérieure les deux plaques de tourmaline, dont une peut se mouvoir circulairement.
Chaque opticien doit posséder cette pince, afin de faire vérifier ses verres. Le moyen d'éprouver un verre en cristal de roche est fort simple : On croise les tourmalines de façon à éteindre la lumière, puis on place entre elles le cristal, ce qui est facile en écartant les branches delà pince; on dirige ensuite l'instrument vers le ciel, et, si le morceau est taillé perpendiculairement à Taxe du cristal, on voit apparaître de magnifiques anneaux circulaires colorés comme ceux représentés sur la planche ci-contre ; dans le cas contraire, c'est-à-dire si le cristal est mal taillé, rien ne se montre. Il est très-important d'observer que les anneaux doivent occuper le centre du verre; s'ils se trouvent sur les côtés, le verre doit être considéré comme mauvais. On voit donc qu'il est facile devérifier la qualité des verres en cristal de roche. Quelquefois on observe des anneaux hyperboliques, alors la taille est mauvaise, car elle est légèrement oblique par rapport à l'axe.
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Ça
La pince à tourmaline fournit encore le moyen de savoir si le verre de lunettes est en verre ordinaire ou en cristal de roche; on opère de la manière suivante : On croise les tourmalines de manière à avoir le champ sombre, puis on place le morceau à éprouver et on le tourne entre les plaques de tourmaline. Si c'est du cristal de roche, la lumière se dépolarise et la clarté apparaît ; si c'est du verre, le champ reste sombre, bien que Ton tourne le morceau dans tous les sens entre les plaques. Ceci est important à connaître, car il se vend chaque jour du verre ordinaire pour du cristal de roche.
En résumé, je dirai que le cristal de roche, tant vanté, n'a aucun avantage particulier pour la vue. On est exposé à l'avoir mal taillé, si Ton ne s'adresse dans les bons ateliers d'optique ; sa seule qualité est sa dureté, qui le rend peu facile à rayer; pour nous, nous lui préférons le crownglass pur, et l'avis du savant abbé Rochon fixera, je pense, les opinions. Après avoir lu les lignes qui vont suivre, on n'estimera certes pas beaucoup le cristal de roche, et on sera forcé de reconnaître que le beau crown lui est supérieur.
Voici comment s'exprime l'abbé Piochon dans son Recueil de Mémoires sur la mécanique et la physique (1783).
Page 154.
« J'ai trouvé, dans la partie nord de File de « Madagascar, des cristaux de roche de forme et de « nature différente... J'ai fait tailler un prisme et « un objectif de ce cristal, afin d'en pouvoir me- « surer la réfraction moyenne et la dispersion « des rayons colorés; j'ai commencé par exami- « ner s'il était d'une égale densité, en employant « les méthodes connues pour s'assurer de la bonté » des verres destinés aux usages dioptriques. J'ai « reconnu qu'à peine les meilleurs glaces pou- « vaient soutenir la comparaison avec ce cristal; « il y a tout lieu d'espérer qu'on pourra s'en servir « avantageusement dans la construction des objectifs » achromatiques. »
Plus loin, page 162, il dit :
« Je ne dois pas oublier d'avertir ici que, pour « empêcher que la lumière ne souffre deux réfrac- « tioDs, il ne suffit pas que le rayon ait une direc- « tion quelconque dans le sens du plan des petites « lames, il est nécessaire de plus que la direction « soit dans le sens de la longueur du cristal.
« J'ajouterai encore que lorsque les rayons qui « traversent le cristal de roche avec les conditions « prescrites offrent l'image unique, cette image est
« TOUJOURS MOINS NETTE ET MOINS DISTINCTE DANS « SES COULEURS QU'ELLE NE LE SERAIT SI ON REGAR-