TRAVAILLANT LE SULFURE DE CARBONE
substitué le plus possible au travail manuel; bonne ventilation pour chasser au dehors les poussières métalliques ; arrosages fréquents du sol pour s'opposer à l'ascension de ces poussières; lavages des mains, de la figure, des gencives et des dents avec de l'eau seconde et surtout au moment des repas; bains tièdes et sulfureux ; gants pour préserver les mains ; tels sont les moyens hygiéniques propres à prévenir l'intoxication saturnine. Lorsqu'elle commence à se manifester par un trouble quelconque de la vue, il faut abandonner immédiatement et définitivement le travail; car l'ouvrier atteint qui reprend son travail, subit de nouveau et bien plus facilement l'influence toxique, et alors les accidents oculaires deviennent plus graves qu'à la première atteinte. L'agent thérapeutique le plus actif est sans contredit l'iodure de potassium, qui permet mieux que tout autre l'élimination du plomb par les reins.
§ IL — Ouvriers qui travaillent le sulfure de carbone.
C'est Delpech z qui a le premier appelé l'attention sur les accidents d'intoxication développés par le sulfure de carbone, chez les ouvriers exposés aux vapeurs de ce produit très employé en indus-
1. Delpech, Industrie du caoutchouc soufflé, intoxication spéciale que détermine le sulfure de carbone. (Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 2e série, tome XIX, p. 65.)
trie (étoffes imperméables, caoutchouc soufflé, fabrication de collodion, extraction et purification de la paraffine, vulcanisation du caoutchouc, etc....). L'intoxication par le sulfure de carbone paraît agir spécialement sur le système nerveux et produire à la longue un état cachectique avec atrophie musculaire, anaphrodisie, anamnésie, faiblesse intellectuelle.
Quant aux troubles oculaires, ils se manifestent d'après Delpech, à la suite de la première période d'excitation. Ils consistent le plus souvent en une paralysie de l'accommodation et en une anémie spasmodique des vaisseaux rétiniens. Il se produit des sensations de points noirs, de mouches, d'anneaux colorés ; les malades voient les objets plus volumineux qu'ils ne sont en réalité; ils aperçoivent des obstacles ou des trous ouverts auprès d'eux et qui n'existent pas; ils se plaignent d'un voile plus ou moins épais qui les empêche de voir même les gros caractères. Ces symptômes amblyopiques ne s'accompagnent la plupart du temps d'aucune altération du fond de l'œil visible à l'ophtalmoscope.
Prophylaxie. — Il s'agit donc de préserver les ouvriers des vapeurs toxiques, et dans ce but la ventilation des ateliers doit être très énergique. La vapeur de sulfure de carbone étant plus lourde que l'air, on établit dans le sol des canaux aspirateurs pour l'entraîner au dehors. Les vases contenant le sulfure et les cuves de dissolution doivent être