‹ Hygiène de la vueChapitre 75 sur 101 · MOISSONNEURS · texte numérisé non relu

MOISSONNEURS

n'est pas une cause productrice directe de nystagmus.

Prophylaxie. — La prophylaxie à suivre consiste pour Dransart, dans le travail en plein jour, ou tout au moins dans une position qui n'exige pas l'élévation du regard. Les toniques, les reconstituants et l'électricité constitueront les principaux moyens à opposer à l'affection. Romiée conseille de stimuler l'accommodation par l'instillation alternative d'atropine et d'ésérine.

Outre le nystagmus, les ouvriers mineurs sont encore exposés à l'introduction de corps étrangers (poussières de charbon), et à des traumatismes plus ou moins considérables par suite des coups de mine et du grisou.

Les précautions à prendre contre ces accidents sont réglées par les Compagnies minières (lunettes, lampes de sûreté et par-dessus tout ventilation puissante).

§ II. — Moissonneurs.

Le Hay-fever ou fièvre des foins s'accompagne toujours d'une conjonctivite secondaire développée par l'intermédiaire du canal lacrymal et des fosses nasales, qui sont le point de départ de l'inflammation. Cette conjonctivite persiste très souvent après la disparition des autres symptômes du hayfever. Elle a des caractères particuliers qui la

distinguent de la conjonctivite ordinaire; ce sont : des démangeaisons excessives et intolérables dans les bords ciliaires et jusque dans les sourcils; un larmoiement considérable et une photophobie intense et hors de proportion avec le degré et la nature de l'inflammation de la muqueuse; enfin, une sécrétion catarrhale très peu abondante. En somme, il y a* dans la conjonctivite des foins une hyperesthésie nerveuse qui n'existe pas dans la conjonctivite catarrhale vulgaire. Dans la première, c'est l'élément nerveux qui domine; dans la seconde, c'est la sécrétion. Les traitements qui réussissent dans la conjonctivite ordinaire échouent dans la conjonctivite des foins, ce qui démontre encore la différence étiologique des deux affections. La photophobie étant le symptôme le plus pénible à supporter, nous obtenons d'excellents résultats par les instillations d'ésérine à 0,02/10 ou de pilocarpine 0,10/10 qui resserrent la pupille et diminuent d'autant la quantité de lumière pénétrant dans l'œil, ce qui amène un soulagement et une amélioration considérable de tous les symptômes.

§ III. — Ouvriers exposés aux vapeurs de soufre.

Les ouvriers qui sont exposés aux vapeurs ou aux poussières de soufre et de ses composés (raffineries de soufre, blanchiment des étoffes de laine et soie, soufrage des vignes, etc ), contractent souvent

Page 1