CHAPITRE I
Ces malades ne perçoivent même plus la lumière, ou bien cette perception est réduite chez eux à un degré rudimentaire qui ne leur laisse même pas la faculté de s'orienter dans telle ou telle direction, faculté qu'on peut considérer en général comme existant encore lorsqu'on peut compter les doigts à la distance d'à peu près un mètre et avec un bon éclairage. Les lésions organiques qui ont amené un pareil degré de cécité sont incurables et la fonction visuelle est incapable de s'améliorer.
§ Ier. — Instruction et éducation des aveugles.
Il s'agit souvent d'un enfant dont les deux cornées sont transformées en leucomes adhérents, par suite d'une ophtalmie des nouveau-nés mal soignée; ou bien c'est un malade jeune, vigoureux, plein de force et d'intelligence, dont les deux nerfs optiques sont atrophiés. L'ophtalmologiste
n'a rien à tenter dans ces cas, son rôle est malheureusement fini1. Mais en présence de pareilles lésions, il faut chercher à utiliser les forces intellectuelles de l'individu, à lui procurer les moyens de s'instruire et par là même d'adoucir son mal. C'est ici que la connaissance de la méthode Braille trouve son application, et la bibliothèque des aveugles fondée par M. de la Sizeranne rend à ce point de vue les services les plus signalés.
Nous pensons rendre service à nos lecteurs et à nos confrères qui auraient l'occasion de donner des conseils dans ce sens, en reproduisant un article publié dans le journal le Figaro, en septembre 1887 et qui donne la description de cette oeuvre si humanitaire et vraiment française.
Voici cet article :