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Nous pensons qu'outre ces sels, l’eau de mer doit contenir des traces d'iode et d'acide carbonique, principes que découvriront probablement de nouvelles analyses.
AIR MARITIME, — L'air qu’on respire en mer et sur les côtes contient une plus grande proportion d’oxygène, sous un volume déterminé, que celui des contrées éloignées du bassin des mers ; d’où il résulte que la respiration est plus active, que la transformation du sang noir en sang rouge se fait plus rapidement, que les fonctions digestives et locomotrices s'exécutent avec plus de facilité. On a observé que les habitants des pays maritimes ont une respiration et une circulation plus larges, un appétit plus grand, le teint plus animé, les muscles plus développés, plus forts que les habitants des grandes villes éloignées de la mer.
L’habitation près de la mer est des plus favorables aux personnes qui sont dans un état de faiblesse par suite d’intempérance ou d'abus de travail, et à celles dont les fonctions digestives et circulatoires sont languissantes.
L'air de la mer, dit l’hygiéniste Tourtelle, con-. vient particulièrement aux personnes lymphatiques
dont la fibre est molle, dont les tissus sont gorgés de sérosité; il est utile aux personnes affectées de cachexie humide, d’humeurs froides ; en un mot, . il convient dans tous les cas d’étiolement, c’est-àdire dans les affections caractérisées par la pâleur, la faiblesse, la sensation habituelle du froid et la lenteur des mouvements ; outre qu'il réveille l’action pulmonaire languissante, 1l électrise positivement et produit sur les animaux les mêmes effets que sur les végétaux.
Les excursions en mer, les promenades sur le rivage, les parties de plaisir en barque, où d’une main inhabile on essaye de manœuvrer les rames, donnent l’occasion de respirer l’air de la mer dans toute sa pureté, et bien des personnes sujettes aux digestions laborieuses, à l’hypocondrie, ont retrouvé dans ces exercices la gaieté et l’appétit. Et - puis, quel autre spectacle plus grandiose que celui de la mer peut s'offrir à nos regards et réveiller en notre àme le sentiment de l'admiration ? La vue de cette immense plaine liquide, qui, dans son état de calme, réfléchit l’azur des cieux et se perd dans les vapeurs enflammées de lhorizon; les tranquilles ondulations de la vague, le clapotement
monotone du flot qui vient expirer sur les bords ; quelques légers aleyons qui voltigent çà et là; un pavire aux voiles déployées qu’on aperçoit dans le lointain ; tout cela occupe tellement les yeux, que, bien souvent, le promeneur s'arrête, s’assied sur le sable du rivage, pour mieux considérer les vastes proportions de ce tableau ; puis tombe peu à peu dans une rêverie profonde. D'autres fois, c’est une plante marine, un coquillage, un caïllou éblouissant qui attire son attention, et alors il n’est point rare de voir de nobles dames, des hommes trèssérieux, s'amuser à les ramasser. |
Mais si l'horizon s’assombrit, si dans le lointain se forme un ténébreux orage, c’est une autre scène que la mer vous prépare.
Le vent qui s’est levé a ridé la surface unie de l'Océan ; il souffle avec plus de force; l’onde s’agite, les vagues roulent, se détachent. Bientôt 1l : redouble de violence et soulève des montagnes. d’eau qui, en se brisant les unes contre les autres, dispersent au loin leur blanchâtre écume. Le sifflement des vents déchainés se mêle au mugissement des vagues ; l'éclair déchire la nue, le tonnerre éclate, roule avec fracas; une horrible confusion
NT RS se répand sur l’humide élément; alors, l'ouragan déploie à vos veux ses effrayantes beautés et remplit vos oreilles de sa formidable harmonie.
En récapitulant les distractions que procurent les grandes scènes maritimes, qui oserait nier les fortes impressions qu’elles produisent sur notre organisation physique et morale? qui oserait dou: ter de son influence salutaire sur la santé?
Action des bains de mer sur le corps humain.
Beaucoup plus toniques et stimulants que les bains de rivière, les bains de mer exercent une action puissante sur l’enveloppe cutanée ; le tissu de la peau se resserre, sa contractilité et sa toni-
cité sont augmentées. Cette action se communique bientôt aux divers systèmes de l’économie : la circulation s’anime, les sécrétions marchent plus rapidement , les forces locomotrices se déploient avec plus de facilité ; l'estomac est aussi influencé ; on mange davantage, les digestions sont plus promptes ; en un mot, 1} y a un surcroît d'énergie dans toutes les fonctions de la vie organique. Ces divers phénomènes vitaux exigent que le baigneur s'assujettisse à un régime; on doit d'autant plus
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insister sur ce point que l'énergie communiquée à
l'estomac par l'air des contrées maritimes disposé
le malade à manger beaucoup. Il faut donc se te:
nir en garde contre cet appétit insolite, et user de : tempérance dans le boire et le manger.
L'endroit où l’on va se baigner doit être, autant que possible, abrité contre les vents et le soleil; nous disons ceci en passant pour les baigneurs : qui préfèrent la plage aux établissements de bains.
Précautions hygiéniques avant, pendant et après |! le bain de mer.
Nous avons déjà énuméré, à la section concer-: nant le bain froid, les diverses précautions à pren-. dre pour éviter tout accident; néanmoins, comme: on ne saurait trop mettre sous les yeux du bai-: gneur inexpérient les pratiques utiles à la santé, nous répéterons ici quelques-uns des préceptes les: plus essentiels.
L'heure la plus favorable au bain de mer est de: deux à cinq heures après midi : à ces heures l’eau est plus chaude de 5 à 6 degrés.
On ne doit jamais se lancer à l'eau après des: exercices physiques violents, immodérés, parce:
que la grande calorification portée à lextérieur par ces exercices serait subitement arrêtée par la vive impression de l'eau froide et refoulée sur les organes intérieurs. Il est donc prudent d'attendre que l’organisation soit rentrée dans son calme habituel.
L'excès contraire; c’est-à-dire le repos absolu avant le bain, a presque les mêmes inconvénients ; car le frisson ne tarde pas à saisir le baigneur nonchalant qui de son lit de repos passe au bain de mer. C’est pourquoi les personnes indolentes feront bien de prendre l'exercice de la promenade avant le bain, et se rendront à la mer à pied et non
en voiture, à moins de chaleurs excessives.
L'immersion du corps doit être subite pour que l’impression du froid soit moins désagréable et qu’il n'y ait point refoulement du sang de l'extérieur à l’intérieur, et des parties inférieures à la poitrine et à la tête.
On ne restera jamais inactif dans l’eau ; les personnes qui ne savent pas nager frapperont la mer avec les bras, les pieds, et imprimeront à l’eau environnante des mouvements d’ondulation qui agiront mécaniquement sur la peau. Ces divers mou-
vements des membres, ainsi que l'agitation de Peau, provoqueront la circulation du sang du centre à la périphérie du Serpa: Ce n’est qu’en usant de ces moyens qu'on arrive à de bons résultats.
: La durée du bain sera d'autant plus courte que Ja température de l’eau sera plus basse. — Dix à quinze minuies suffisent pour les personnes faibles et chez lesquelles la réaction est lente à s'établir, Les personnes d’une forte constitution pourront y rester de 30 à 45 minutes. Les personnes, n’importe l’âge et la constitution, qui auront éprouvé unfrisson après êtrerestées quelque temps dans le bain, devront, si le frisson se réitère, sortir immédiatement de l’eau: car, si elles s’obstinaient à Y rester, de graves accidents leur feraient payer cher cetle imprudente obstination. En effet, le premier frisson qui court sur le corps annonce que les forces vitales sont enrayées ; le pouls diminue, la res: piration se ralentit, on éprouve un sentiment de froid général. Alors, si l'on ne sort pas immédiatement de l’eau et si les frictions ne ramènent point la chaleur à la peau, le visage se couvre d’une pâleur livide, tout le corps se refroidit, les veines s’effacent, les extrémités s’engourdissent, des pe-
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santeurs de tête, accompagnées d’un malaise général, confirment le refoulement des forces et la concentration des fluides à l’intérieur. Quelquefois la peau se couvre de taches violettes, signes non équivoques de l'insuffisance de la cireulation capillaire; enfin, de ce refoulement du sang à la poitrine ou à la tête peut résulter une congestion, une apoplexie. Nous rembrunissons à dessein ce tableau, afin de bien faire comprendre au lecteur les dangers d’un bain froid trop prolongé.
Après le bain on doit s’essuyer avec un linge assez rude et faire des frictions sur toute la surface du corps. Les frictions, ainsi que nous le démontrerons dans un paragraphe spécial, possèdent l'immense avantage de réveiller la circulation eapillaire et de ramener à la circonférence la chaleur que le bain avait refoulée au centre. Après les frictions, une promenade modérée est des plus favorables à la santé de l’individu.
Dans les établissements de bains de mer, il est d'usage de donner un pédiluve chaud aux personnes qui sortent du bain. Cette coutume, établie dans le but d'opérer une dérivation du Sang des parties supérieures aux extrémités, n’est utile, en
réalité, qu'aux personnes qui éprouvent quelques symptômes de céphalalgie ou des pesanteurs de tête, suite de la congestion produite par la trop longue immersion dans la mer.
Des diverses manières de prendre les bains de mer.
4° Le bain de mer peut se prendre sous forme d'air simple, c'est-à-dire en exposant son corps nu à l’air de la mer.
2° Sous forme de bain de sables, en se plongeant le corps dans le sable chaud du rivage. |
3° Dans une baignoire, l’eau de mer étant chauffée à la température du bain tiède. Les bains de mer en baignoire se prennent tantôt avec l'eau de mer pure et tantôt avec addition d’eau douce.
4 Enfin, les bains de mer proprement dits.
À ces distinctions on ajoute celles qui dépendent de l’état de la mer; ainsi, on peut-prendre le bain de mer :
à la lame, a la mer montante, à la mer descendante,
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à la mér pleine, à la mer basse, à la mer calme ou agitée, etc., etc., etc.
Les baigneurs trouveront aux bains de mer des personnes expérimentées qui les instruiront, sur ces différents points, mieux que nous ne pourrions le faire.
Vêtements de bain et accessoires.
Le vêtement le plus commode pour le bain de mer et de rivière est un gilet-calecon, espèce de justaucorps qui n'apporte aucune gêne aux divers mouvements et exercices de la natation. Les dames peuvent adjoindre à ce vêtement une petite blouse très-peu serrée à la ceinture, afin de cacher leurs formes aux regards curieux. Le gilet-caleçon
doit toujours être fait d’étofie de lame.
Tère. — Les hommes peuvent, sans inconvénient, se baigner la tête nue, lorsqu'ils ne sont point chauves ; il sera toutefois prudent de leur part de se mouiller la tête de temps à autre, lorsqu'ils se baigneront au soleil, afin que la vaporisation de l’eau, qui a lieu, leur donne une sensation
— T4 — de fraicheur à cette partie, et les prémunisse contre les insolations et contre les céphalalgies.
Les damés, au contraire, devront se couvrir la tête d’une coiffe imperméable ; nous sommes, sur ce point, en opposition avec plusieurs médecins, qui prétendent que sous cette coiffe imperméable il se développe une chaleur, une transpiration qui peut devenir nuisible aux cheveux. Si les ennemis de la coiffe avaient réfléchi aux inconvénients d’une longue chevelure de femme mouillée par l’eau de mer, devenant poisseuse et très-difficile à sécher, ils n'auraient pas donné ce conseil. On sait généralement qu'une humidité persistante pendant plusieurs Jours, à la base des cheveux, peut occasionner leur chute. Je pense donc, et beaucoup de personnes sont de mon avis, que, l'inconvénient de la chaleur que peut développer la coiffe imperméable étant bien minime en comparaison des dangers auxquels une femme peut s’exposer en plongeant la tête nue dans la mer, il est cent fois préférable d’avoir recours à la coiffe. Du reste, qui empêche la baigneuse, si elle sent sa tête chaude, de faire une pause, de délier les cordons de sa coiffe et de donner, un instant, sa tête à rafraîchir
Wa à la brise de mer? Enfin, si la durée du ba ne doit être que d’un quart d'heure, d'une demiheure ou de trois quarts d’heure au plus, ce n'est pas dans un si court espace de temps que la transpiration, accumulée sous la coiffe, pourra porter grand dommage à la santé.— Nous persistons donc à conseiller aux dames l’usage de la coiffe, et leur donnons l'assurance qu’elles s’en trouveront bien.
Caussures. — Toute espèce de vieille chaussure est bonne pour le bain de mer, à condition qu’elle ait d’assez fortes semelles pour protéger la plante des pieds contre les fragments de coquillages, les éclats de petits cailloux, ete. Il est des personnes qui, outre les souliers, chaussent encore des sabots: cet excès de précaution ne saurait être nuisible, mais il rend la marche très-difficile.
Régime pendant la saison des baïns de mer.
Le régime est un puissant auxiliaire des bains de ter, on ne doit donc pas s’en écarter, si lon veut retirer tous les effets salutaires qu’on attend de ces
bains.
Le baigneur, arrivé à la résidence qu’il a choi-
LUE 2 sie pour prendre les bains, se reposera quelques jours, s’il est fatigué du voyage; il consultera ensuite un médecin d'expérience, qui, d’après l’âge, le sexe, le tempérament, les habitudes et la nature de l’affection, lui indiquera un plan de conduite dont il ne devra jamais s’écarter, hormis les modilications que le médecin lui-même jagera à propos dy apporter.
Parmi les règles concernant l'hygiène et le régime, celles qui doivent être le plus strictement observées sont : les heures du lever et du coucher, l'heure et la durée du bain, l'alimentation, el les promenades à pied, à cheval ou en barque, selon le goût de la personne. |
Quant aux divers plaisirs qui se donnent rendezvous dans les villes et les établissements de bains, tels que bals, soirées, fêtes, festins, etc., nous sommes loi de vouloir en sevrer le baigneur, mais nous ne saurions trop lui recommander la modération, la tempérance, ear les excès sont toujours nuisibles à la santé.
Le régime alimentaire exclut tes mets échauffants, de haut goût, les substances difficiles à digérer; on s’abstiendra de boissons alcooliques, on
Pre PRES pourra boire modérément du bon vin et l’on ne -surchargera Jamais son estomac d'aliments: enfin, on veillera à la liberté du ventre. Si, par des circonstances toujours blämables, l’on faisait un écart de régime, il faudrait suspendre l’usage des bains pendant quelques jours, jusqu'à ce que l’organisation entière ait repris l'équilibre de ses fonctions.
Durée de la saison des bains de mer,
Une saison aux bains de mer dure ordinairement cinq ou six semaines, selon l’état de santé du baigneur et le plus ou moins de succès qu’il obtient
du bain. Les personnes qui arrivent des grandes Milles aux bains de mer doivent d’abord s’acclimater au nouveau pays qu’elles viennent habiter ; car l'air qu’on respire sur le littoral des mers est beaucoup plus oxygéné que l'air de l’intérieur des terres. Pour s’habituer au bain de mer, il est bon de n'accorder que peu de durée aux premiers bains. Si ces bains produisaient une impression fâcheuse, telle que fatigues, chaleur, courbature. sécheresse à la peau, etc., on les suspendrait pendant quelques jours, puis on les recommencerait,
Lan en leur donnant une plus courte durée, jusqu’à ce qu’on fût familiarisé avec l’eau de mer.
Le docteur Lecœur dit avec raison, dans son ouvrage sur les bains de mer, que l'usage de ces bains doit être modifié selon le tempérament, la constitution et surtout les maladies qui réclament leur emploi. Il ne suffit pas qu’un médecin ait prescrit les bains de mer, il faut encore qu'il indique la manière de les prendre, chauds, tièdes, froids, le temps qu'il faut y rester et peut-être la localité dans laquelle le baigneur devra se rendre. Faute de ces petits détails, peu importants en apparence, on ne retire pas des bains de mer tout le bien qu’on aurait pu en retirer.
Beaucoup de baigneurs ne s’aperçoivent qu’après la saison des effets des bains de mer sur leurs maladies ; d’autres, après les premiers bains, éprouvent comme une recrudescence de la maladie chronique dont ils sont atteints, et n'en ressentent l’heureuse influence qu’au bout d’un certain tem ps, lorsqu'ils sont rentrés dans leurs foyers. En général, les bains de mer sont d’autant plus salutaires que leurs effets se manifestent d’une manière plus graduée.