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INSTRUCTION SUR LA MANIÈRE DE PRENDRE LES EAUX

Il en est des eaux minérales comme de tous les remèdes ; ces eaux sont très-salutaires lorsqu'elles sont employées avec prudence et discernement ; au contraire, elles deviennent nuisibles lorsqu'on les administre inopportunément.

Les eaux minérales sont administrées en bains, douches et boissons. Elles ne conviennent ni à toutes les maladies, ni à tous les malades ; une personne sage ne doit prendre les eaux que d’après les conseils d’un médecin instruit, expérimenté,

qui spécifiera la classe des eaux qui lui conviennent. Arrivée aux eaux, elle doit suivre strictement les prescriptions du médecin directeur de l'établissement, car il connaît mieux que tout autre les propriétés des eaux avec lesquelles il est familiarisé, ainsi que les différentes pratiques du traiment interne ou externe.

Selon les climats, les localités et l’état du printemps, la saison des eaux commence vers le milieu ou à la fin du mois de mai et finit en septembre ou en octobre. Les heures les plus convenables pour prendre les eaux sont celles du matin. |

Hygiène du buveur d’eau.

C’est ordinairement le matin qu'on va boire les eaux minérales à la source même; on les prend par verres de 150 à 180 grammes.

Si l'estomac n’en est pas incommodé, on peut chaque jour augmenter la dose.

Quinze à vingt minutes sont de rigueur entre chaque verre d'eaux minérales.

Un léger exercice, après avoir bu, comme la promenade à pied ou à cheval. lorsque la matinée esthelle, accélèrent les bons effets des eaux.

On peut boire les eaux pures, comme aussi on peut les couper avec du lait ou de l’eau d'orge. Tantôt on les prend chaudes et tantôt froides, selon la prescription du médecin. On dit que l’eau passe bien lorsqu'elle ne donne point lieu à des pesanteurs d'estomac, à des envies de vomir, et qu'au bout de vingt minutes on est disposé à les boire de nouveau.

Le déjeuner ne doit avoir lieu que deux heures après la prise des eaux.

La dose à boire sera variée selon l’âge, le sexe et les forces du sujet.

Les femmes, pendant leur époque menstruelle, devront boire les eaux chaudes, jamais froides, et en diminuer la dose si le cas l'exige ; elles en supprimeraient l'usage si elles en éprouvaient des inconvénients, et ne les reprendraient qu'après la cessation du flux cataménial.

Les personnes qui arrivent aux bains d'eaux minérales pour la première fois, pour y passer deux saisons, ne boiront les eaux que pendant quinze jours, et feront un repos de dix à douze jours ; ensuite elles recommenceront à les boire de nouveau

De si l’état de leur santé l'exige; dans le cas contraire, elles s’en abstiendront.

S'il arrivait qu’on n’obtint pas les heureux résultats qu’on espérait, il ne faut point se décourager ; Car beaucoup de maladies demandent plusieurs saisons aux eaux pour obtenir une guérison sinon complète, du moins une amélioration notable.

On ne cessera jamais l’usage des eaux d’une ma= nière brusque ; il convient, sur la fin du traitement, de diminuer la dose à boire, et de revenir peu à

LS

peu au point où l'on avait commencé.

Action des eaux thermales sur l’économie.

PHéNouÈNEs PRImTTIES. — Pendant les premiers instants de l'immersion, le pouls se concentre, on éprouve une gène plus ou moins incommode de la respiration ; mais, au bout de quelques minutes, la circulation reprend son cours, s'accélère. et le pouls dilaté bat avec force. Bientôt les mouvements respiratoires sont plus rapprochés, la face se colore et ruisselle de sueur, les yeux s’injectent, les lèvres se gonflent, la tête s’alourdit ; alors on doit, sans délai, sortir du bain; car, en y restant plus longtemps, on courraitles risques d’unecongestion:

— At —

Ces phénomènes, qui varient d'intensité selon l’âge, le sexe, le tempérament et l’exeitabilité nerveuse du sujet, s’observent constamment. Cest pour cela qu’il est expressément recommandé aux personnes sèches et nerveuses de ne prendre ces bains que de courte durée. Les personnes à fibres molles, de constitution lymphatique, ou avancées en âge, supportent au contraire de longues immersions sans en être Imcommodées.

PHénouÈènes consécurirs. — À sa sortie du bain. le sujet offre une coloration rouge plus ou moins vive de la peau; la sueur sort en gouttelettes et ruisselle ; sa tête est un peu embarrassée, et quel- quefois il chancelle sur ses jambes. Transporté

dans son lit, 1l éprouve une détente générale; la circulation reprend son type accoutumé ; le pouls, quoique large, n’a plus la même force ; la respiration n'est plus génée ; une chaleur halitueuse, qu'accompagne une abondante transpiration, s’établit sur toute la surface du corps, et le bien-être ressenti par le baigneur le dispose doucement au sommeil.

Hygiène du baïigneur. — Maniére de prendre les bains.

Les bains d'eaux minérales peuvent se prendre chauds, tièdes et frais, selon l'ordonnance du médecin. [ls sont généraux lorsque le corps entier v est plongé, et locaux lorsqu'une partie seule est immergée. |

Les bains se prennent ordinairement le matin, à Jeun, et quand le corps est reposé ; car le bain ne produirait plus les mêmes effeis sur un corps fatigué.

Le médecin fixera le degré de température du bain, qui est d’une grande importance pour le malade. Le bain chäud serait dangereux pour les personnes affectées de maladies des poumons, du cœur, Où qui auraient une prédisposition aux congestions sanguines, à l’apoplexie. —Le bain frais serait nuisible aux goutteux, aux rhumatisants, et aux sujets atteints de névroses.

Lorsque le genre de maladie exige des bains chauds, il est bon de les faire précéder par quelques bains tièdes.

On rencontre des organisations auxquelles un

bain tempéré occasionne un frisson intérieur : alors il faut augmenter la température de quelques de“ grés.

Il est de règle, pour la plupart des malades, de donner le bain à une température qui laisse, quand on en Sort, une sensation de douce chaleur.

La durée du bain tiède est d’une heure, plus ou moins, selon l’état du baigneur.

La durée du bain chaud est de quinze à vingtcinq minutes ; on doit en sortir dès qu’on Gi de l'anxiété, du malaise.

On recommande aux baigneurs qui n’ont jamais fait usage des eaux de ne rester qu’un temps très-

court dans les premiers bains; ce n’est qu après en avoir pris plusieurs et s'être familiarisés avec eux qu'ils pourront chaque jour en augmenjer successivement la durée.

AVANT LE BAIN. — Dans les jours frais et pluvieux, il est essentiel de se vêtir chaudement pour éviter toute impression de froid en se rendant au bain.

On ne se baignera point après une nuit agitée, après nne émotion violente de colère, d’effroi, ete. On attendra que l’ébranlement nerveux soit calmé.

PENDANT LE BAIN. —S’assurer d’abord si la température du bain n’est ni trop haute ni trop basse.

Les malades sujets aux évanouissements, aux convulsions, aux lipothymies, à l'hystérie, à l'épi-. lepsie et autres affections qui les privent de connaissance, ne doivent jamais se baigner seuls.

Les personnes dont le sang se porte facilement à la tête ou à la poitrine entreront lentement dans le bain ; elles se mouilleront successivement le vi= sage, la nuque, les épaules et la poitrine avant de s’y asseoir. — Celles qui sont faibles de poitrine, qui ont des suffocations ou des palpitations. ne devront s’enfoncer dans le bain que jusqu'à l’épigastre; elles garantiront du froid la partie supérieure de leur corps au moyen d’un gilet de flanelle.

Il vaut mieux être assis que couché dans le bain.

Si le Sang montait à la tête, on appliquerait sur le front des linges imbibés d’eau froide et souvent renouvelés.

On ne doit jamais dormir dans le bain, car le sommeil pourrait devenir dangereux.

[est bon de se frotter le corps dans le bain; ces

frictions doivent surtout avoir lieu sur les parties endolories,.

Après Le Ban. — À sa sortie du bain, le bai- gneur doit s’essuyer ou se faire essuyer promptement ; s’il peut se faire frictionner, cela n’en vaudra que mieux. Lorsque son corps sera parfaitement sec, il s’enveloppera dans un peignoir ou une couverture de laine, afin d’être à l'abri de toute impression de froid, et se fera transporter dans son lit. Une heure de repos au lit suffit ordinairement pour laisser le temps à la moiteur du corps de se dissiper d’elle-même.

Cette heure écoulée, le baigneur s’habillera et, s’il fait beau, consacrera une heure à la promenade à pied ou à cheval, en attendant le moment de dé- Jeuner.

Plusieurs médecins conseillent l'exercice immédiatement après le bain; ils n'ont sans doute pas réfléchi que beaucoup de personnes se baignent au premier crépuseule, et qu’à la sortie du bain Île corps est moite, l’air très-frais et la campagne encore humide de rosée ; que cette promenade serait contradictoire au précepte suivant :

Les baïgneurs seront toujours chaudement vétus, une douce transpiration étant favorable au traitement par les eaux thermo-minérales ; ils s’abs-

tiendront des vêtements d’été pendant toute la durée de ce traitement.

La promenade immédiate ne devra donc étre autorisée qu'après les bains pris aux époques de la journée où le soleil à répandu partout sa chaleur.

Cependant, pour donner toute latitude aux per- sonnes qui fréquentent les bains en partie de plaisir, nous dirons :

Si le ciel est beau et qu’on ne soit pas trop fatigué du bain, on peut user d’une promenade modérée.

Les personnes qui se trouvent fatiguées ou excitées après le bain doivent se reposer, et celles qui sont portées à suer devront la provoquer et entretenir la sueur en se mettant au lit. |

Le nombre des bains est subordonné au genre de maladie, à l’âge et au tempérament de l'individu ; on peut néanmoins, d’une manière générale, fixer le nombre des bains de quinze à vingt pour une saison, et à trénte pour les deux saisons, en prénant un repos de dix à douze jours entre la première et la seconde saison.

Les accidents les plus ordinaires pendant le traitement par les eaux thermales sont : la fièvre, les

A1 — céphalalgies, les gastralgies, les éruptions cutanées, quelques coliques, de l'anxiété, des nausées, ete. : mais ces indispositions sont passagères, le médecin des eaux leur trouve un prompt remède.

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