SALLES D'ETUDE
Relativement aux salles d'étude, ou plutôt aux salles de travail, une question se posait d'abord : ces salles de travail doivent-elles être doubles? Doit-il y avoir un local spécial pour l'étude et un pour la classe ? Certainement deux locaux permettent une aération plus fréquente et plus complète , l'un étant vide tandis que l'autre est occupé. Mais sera-ce toujours une disposition indispensable ? On conçoit que dans les lycées on ait des salles d'étude et des salles de classe non seulement distinctes, mais de dimensions différentes, à cause des externes qui ne fréquentent que la classe et ne vont pas à l'étude; et bien que dans certains lycées, comme à Vanves, oùil n'y a pas d'externes, on ait cependant appliqué le système du double local, faudra-t-il accepter cette séparation pour les écoles normales primaires ? Il y a là des questions d'économie et des questions d'hygiène qu'il faut savoir copcilier.
Il importe en tout cas, — et sur ce point tous les membres de la Sous-Commissîon se montrent d'accord , — il importe que l'air soit fréquemment renouvelé dans les salles uniques ou doubles qui serviront au travail. Il se développe en effet, dans les espaces habités par rhonime et non aérés, des millions de microrganismes dont le nombre diminue considérablement par Taération naturelle.
Sans attacher une importance exagérée aux organismes microscopiques de Pair, on peut au moins les considérer comme une preuve de Taoimalisation de l'air respiré, comme des témoins de son degré de pureté ou de souillure.
M. Marié-Davy a communiqué à la Sous-Commîssion des chîflFres qui prouvent que l'impureté de l'air augmente rapidement à mesure qu'on descend des hauteurs de latmosphère vers le niveau du sol des rues, ou qu'on pénètre dans les locaux occupés par une population plus sédentaire, plus resserrée ou malade.
Le nombre de microbes par mètre cube d'air, qui est de g à la lanterne du Panthéon, est déjà de 5i dans le parc de Montsouris, et il atteint 680 dans la rue de Rivoli ; si l'on pénètre dans les lieux habités, on trouve le nombre de 6,260 dans une chambre à coucher de la rue Monge (le matin), et dans une salle de la Pitié on le voit s'élever à 1 1,100.
Il résulte des notes que M. Marié-Davy a fournies à la Commission, que c'est surtout en hiver, pendant qu'on a recours à la ventilation artificielle, que le chiffre des microbes augmente, et qu'il diminue au contraire en été pendant qu'on met à profit, par l'ouverture des fenêtres, Taératton naturelle.
Il est également intéressant de savoir que si un local clos n'est pas fréquemment lavé, repeint et assaini, le chiffre des microbes qu^on y trouve dans Tair va sans cesse en augmentant, si bien qu'au laboratoire de Montsouris il s'est élevé successivement, dans les années 1880, 1882, i883, à 2i5, 3^8, 55o.
Ces renseignements sont éminemment utiles à la solution des problèmes de l'hygiène scolaire; mais comme il faut en fin de compte quitter le ciel théorique pour le terrain pratique, la Sous-Commission a dû se prononcer sur la question des classes et des études, et elle a pensé qu'en exigeant des dimensions différentes dans le cas où il y aurait deux locaux distincts, elle réaliserait la plupart des desiderata.
C'est pourquoi la ré'daction suivante a été adoptée :
Quand il y aura dans les internats des salles de classe et des salles d'itude séparées, considérant que le temps passé dans les salles de classe est moindre que le temps passé dans les salles d* élude, la 1'^^ Sous-Commission propose d'exiger un minimum de 5 mètres cubes d'air disponible par élève dans les salles de classe et de 6 mètres cubes dans les salles d'étude.
Quand les classes et les études auront lieu dans un local unique, ce local devrait avoir au moins 8 mètres d'air disponible par élève.
Néanmoins ces dimensions peuvent être réduites à 5 mètres quand on renouvellera le cube d! air- intégralement trois fois par heure.
Comme conséquence de ces aphorismes, la Sous-Commission devait être amenée à étudier le mode le meilleur de ventilation et en même temps le meilleur mode de chauffage des classes et des études.
Toutefois, avant de passer à cette étude, la Sous -Commission a voulu décider la question de l'isolement des élèves dans les salles de classe ou d'étude et elle a résumé son opinion à cet égard dans la proposition suivante : •
Il serait désirable que, dans les classes comme dans les études, les élèves Jussent isolés les uns des autres.