ÉCLAIRAGE
L'étude des conditions hygiéniques des internats soulève un problème spécial qui n'existe pas pour les écoles primaires ; il s'agit de l'éclairajc artificiel.
Bien qu'on puisse entrevoir le moment où le système d'éclainpj partout adopté sera le système d'éclairage électrique, il y aurait évidem ment péril à se placer dès aujourd'hui dans les conditions de cette hy pothèse, et il est à présumer que, pour mille raison$ économiques, on continuera à se servir de l'huile, du pétrole, du gaz, selon les cas el!tS| localités. La Sous-Commission ne repousse aucun de ces systèmes d'éciàrage; ce qu'elle veut, c'est que les appareils éclairants soient convenj^ blement disposés pour la vue des écoliers et de telle sorte que la tête le l'écolier ne soit pas échauffée et congestionnée outre mesure.
La i"*"" Sous-Commission s'est montrée favorable à une rédaction proposée par le docteur Javal et ainsi conçue :
Chaque élève aura sa lampe, munie d'un verre et d*un abat-jour et placée assez bas pour éviter tout rayonnement sur le visage de la lumière ou de la chaleur. Dans le cas oà ces conditions ne pourraient être réalisées, il y aura un bec de gaz pour cinq élèves , à une hauteur minima de 2 mètres du soi. Chaque lampe sera munie d'un tayau d'évacuation des produits gazeux de la combustion.
Après avoir ainsi réglé les conditions du chauffage, de la ventilation et de 1 éclairage, la Sons-Commission, reprenant Tétude des divers articles du plan qu'elle avait tracé d'abord relativement aux internats, s'est occupée des réfectoires qu'elle a envisagés au point de vue de leur construction et au point de vue de l'heure, de la durée, de la composition des repas qui y sont pris par les élèves.
L'article 29 du projet de règlement pour la construction des écoles normales a prévu diverses conditions que la Sous-Commission a admises d'abord sans discussion:
La surface du réfectoire sera calculée à raison de 1^,50 par élève. Le réfectoire sera chauffé, ventilé et aéré.
Le sol sera dallé ou carrelé et la partie sous la table garnie d'une natte ou d'un plancher mobile.
Les tables en bois doivent être absolument condamnées. Elles sont facilement imprégnables par les matières organiques et ne tardent pas à communiquer à l'atmosphère une odeur fade, suigeneris; d'autre part, la tôle' vernie s'écaille facilement et, indépendamment de l'aspect fâcheux qui en résulte, il y a à considérer là une importante question d'hygiène. Les écailles du vernis généralement plombifère peuvent occasionner des coliques et des accidents d'intoxication saturnine. C'est pourquoi la 1" Sous-Conamission a pensé qu'il conviendrait de spécifier que :
Le dessus des tables sera en marbre, en verre ou en pierre dure et polie f schiste, etcj.
Les pieds seront en fonte, sans moulure.
Toutefois il ne servirait de rien de prescrire pour les tables le choix de matériaux imperméables et imputrescibles si l'on ne prenait les dispositions nécessaires pour assurer l'imperméabilité et le facile lavage des parois. Le stuc, la faïence, peuvent être employés avec avantage; à leur défaut, une peinture soigneusement vernie, à base de tinc qui ne noircit
pas par la salfaration, peut être indiquée comme un moyen souvent suffisant.
C'est ce que la i" Sous-Commission a voulu indiquer en prescrivant que :
// serait hon de staquer les murs da réfectoire, ou de les revêtir de faïence dans toute leur étendue.
Quand cela ne sera pas possible, on devra les couvrir d*une épaisse couche de peinture à l huile à hase de zinc et soigneusement vernie.
Il en sera de même pour les plafonds.
Quant à Theure et à la composition des repas, la x" Sous-Commission a formulé les propositions suivantes :
1° Heure et durée des repas. — Le premier déjeuner n'aura pas lieu après 8 heures da matin. Il ne pourra y avoir entre les repas un intervalle de plus de quatre heures au maximum.
La durée da deuxième déjeuner et celle du dîner seront de vingt-cinq minutes au maximum.
2° CoMPOsrnoN des repas. — Le premier déjeuner sera composé de potage, de chocolat ou café et de pain..
Le deuxième déjeuner sera composé habituellement d'un plat de viande, d'un plat de légumes et d'un dessert.
Le dîner devra être composé habituellement d'un potage gras ou maigre ou au lait et de deux plats chauds, l'un de viande, l'autre de légumes.
Des deux plats de viande de la journée l'un sera nécessairement un rôti.
La quantité de viande qui doit être donnée k chaque enfant à chaque repas ne saurait être fixée avec une rigueur mathématique. II importe de tenir compte de Tâge et de la taille des enfants, de la rapidité de b croissance. Une quantité minimum de 8o à 120 grammes par repas, la viande étant supposée cuite et sans os, pourrait être prévue par un règlement qui entrerait dans de minutieux détails. Il ne parait pas possible de pousser si loin la réglementation ; il y a en effet tant de questions d'hygiène scolaire peu étudiées, on s'est si fort défié j usqu^ici de ces questions importantes, on semble avoir si longtemps redouté Tintro-
duction d^une iospection médicale dans les écoles, cette inspection « maintenant admise en principe par une administration libérale et éclairée, est encore si loin d'être instituée sérieusement, que les hygiénistes, mal éclairés, ne sauraient se prononcer d'une façon absolue.
Gela sera possible un jour, mais aujourd'hui on peut seulement indiquer un minimum comme nous venons de le faire, en ajoutaat que Talimentation doit être mixte, animale et végétale, et variée le plus possible.