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ECRITURE

Cette question est une de celles qui ont le plus appelé l'attention de la Sous-Commission: les conclusions du précédent rapport étaient trop en contradiction avec les habitudes actuelles pour n'avoir pas été fortement discutées. La Sous-Commission a donc pensé qu'il convenait de s'entourer de tous les renseignements. Outre les membres de la Commission qui avaient une compétence incontestable au point de vue pédagogique, elle a demandé les avis des maîtres d'écriture renommés, MM. Régnier et Taiclet, et M. Flament est venu lui soumettre ses idées ; d'autre part, elle a entendu M. le docteur Daily, membre de la Commission d'hygiène scolaire.

Sans vouloir étudier daus leurs détails les iDconvéoients qui résultent d'une mauvaise attitude pendant Técrilure, mauvaise attitude qui consiste essentiellement en ce que le poids du corps ne porte pas symétriquement sur les deux fesses, la Sous-Commission admet lopinion des personnes autorisées et ayant étudié sérieusement la question, qui pensent que cette mauvaise attitude doit être regardée comme une des causes déterminantes des déviations et des déformations de la colonne vertébrale.

A cet égard , la Sous-Conmiission se trouve donc amenée à accepter la

formule du rapport précédent ; Ecriture droite sur papier droit, corps droit

Cette disposition satisfait aux conditions que Ton peut déduire des recherches du professeur Berlin , qui a trouvé que la ligne des yeux est toujours perpendiculaire à là direction des pleins de Técriture. L'écriture droite est la seule qui permette , si cette règle doit être toujours appliquée, de tenir la tête symétriquement, ce qui est une condition très avantageuse à tous égards.

L'étude des préceptes recommandés par les maîtres d'écriture a montré que leur adoption est incompatible avec la position symétrique à laquelle il faut tenir absolument; à cet égard il existe des différences très grandes entre les diverses méthodes et il semble qu il y ait une réaction qui se manifeste maintenant contre les écritures trop penchées.

La Sous-Commission n'a pas trouvé d'objections qui puissent s^opposer à l'adoption de l'écriture droite, au moins pour l'enseignement. Les seules objections qui aient été formulées, c'est, d'une part, la moindre rapidité de l'écriture droite, et, d'autre part, le fait que, dans le commerce, on veut que les employés aient une écriture anglaise.

La Sous-Conmiission ne pense pas qu'il y ait à imposer absolument l'écriture droite, sinon pour l'enseignement ; dans ce cas, la rapidité n'est pas un avantage. Les écoliers prennent au début l'habitude d'écrire trop vite et, conmie conséquence, ils arrivent à ne plus former les lettres. Ce n'est pas lorsqu'ils apprennent à écrire que les enfants doivent écriix^ vite , c'est au plus tôt lorsqu'ils arrivent k faire de nombreux devoirs Mais comme il a été remarqué dans le précédent rapport, pour passer de l'écriture droite à l'écriture penchée, il suffit d'incliner le papier vers la gauche. Cette disposition devrait être adoptée par les employés de commerce , si l'écriturepenchée continue à être réclamée par les commerçants.

La Sous-Commjssion pense donc que pour apprendre à écrire aux enfants , les conditions adoptées plus haut doivent être réalisées : £criture droite sur papier droit, corps droit. Plus tard, lorsque les élèves auront à faire de nombreux devoirs, lorsqu'ils devront prendre des notes, ils seront autorisés à incliner le papier et à écrire penché, ce qui permet une écriture plus cursive.

La Sous-Gommission n*a pas cru qu^elle eût à se préoccuper de la forme des lettres à adopter, quoiqu'elle pense que les conditions qu'elle recommande amèneront à changer cette forme dans quelques cas.

En ce qui concerne les écoles maternelles , la Sous-Commission recommande spécialement le tracé des lettres capitales romaines de grandes dimensions pour faire partie des exercices de dessin qui précèdent l'enseignement de l'écriture. La Sous-Commission n'a pas cru possible de faire la même recommandation pour les écoles primaires, de peur que cette étude ne retardât le moment où l'élève peut écrire d'une manière continue et faire des devoirs; les programmes sont trop chargés pour qu'il ne soit pas nécessaire de supprimer toute cause de retard. Elle n'a pas pensé cependant qu'il y ait lieu d'interdire les essais qui pourraient être tentés dans le but d'employer, au début, des caractères autres que les caractères courants et se rapprochant, par exemple, des caractères elzéviriens.

La Sous-Commission a examiné quelques points de détail et est arrivée a reconunander les prescriptions suivantes dont lutilité est facile à saisir:

Les cahiers du format dit à ntalienne sont interdits : la longueur des lignes est trop grande et conduit l'élève à des positions qu'il convient d'éviter.

Le diamètre des porte-plumes et des crayons ne doit pas être trop petit; — il serait bon que les crayons fussent prismatiques, de manière à ne pas tourner entre les doigts; — il faut éviter l'emploi des crayons durs; — pour ces diverses raisons, le crayon d'ardoise ordinaire doit être abandonné.

L'ardoise , d'autre part , exige une trop forte pression du crayon ; — à cet égard, l'ardoise factice est meilleure; — mais il serait bien préférable d'employer du papier.

La dépense résultant de cette substitution ne serait pas, paraît-il. aussi considérable qu'on pourrait le penser tout d'abord.

Il est mauvais que les commençants aient à tracer des lettres de trop grandes dimensions et il convient que la hauteur du corps de la lettre oe dépasse jamais, 5 millimètres. — Il y a également des inconvénients réels à ce que l'écriture soit trop fine, et la hauteur du corps ne doit pas être moindre que 2 milliïnètres.

ENSEIGNEMENT SIMULTANE DE LA LECTURE ET DE L'ÉCRrTURE.

La Sous-Gommission , dans l'étude de cette question , a été frappée , d'une part, de Tinconvénient de renseignement simultané de la lecture et de l'écriture au point de vue de la vision, et de l'autre, des avantages que cette méthode présente conmie économie de temps, question capitale. Après de longues discussions, elle a décidé que les livres destinés à cet enseignement présenteraient à la fois les caractères romains et les caractères cursifs, ceux-ci ayant la forme même qui aura été adoptée pour récriture : les caractères romains serviraient pour renseignement de la lecture, mais les enfants n'auraient à reproduire que la forme des caractères cui'sifs.

LrVRES SCOLAIRES.

La Sous-Gomnjission a adopté, sans les modifier, les conclusions du rapport sur la question des livres scolaires.

A l'avenir les livres d'enseignement devront être imprimés sur papier blanc, ou mieux sur un papier présentant une teinte jaunâtre. Les teintes tirant vers le bleu doivent être évitées.

Sauf pour les livres de physique et de mathématiques qui exigent l'emploi de formules qu'il y aurait un inconvénient réel à diviser en deux lignes , la longueur des lignes ne devra pas dépasser 8 centimètres.

Les livres classiques ne doivent pas être imprimés plus fin qu^en huit interligné d'un point; il ne doit pas y avoir plus de sept lettres par centinàètre courant de texte. Des caractères moindres ne sont admissibles que par exception et pour des notes de peu d'étendue. Pour les dictionnaires , tout en conservant la condition des sept lettres par centimètre, on admettrait du sept interligné d'un point.

Le texte qui maintenant accompagne souvent les atlas doit satisfaire aux conditions exigées pour les livres scolaires.

Ces conditions sont indispensables, mais elles pourraient nétre pas suffisantes si le tirage était fait sans soin, avec des caractères usés, etc. Comme il ne parait pas possible de caractériser ces éléments par une évaluation précise, il faut définir par une épreuve d'ensemble la lisibilité des ouvrages qui pourront être acceptés; on devrait refuser tout livre qui, éclairé normalement par une bougie placée à i mètre, cesserait d'être lisible pour une bonne vue à la distance de 80 centimètres.

ATLAS DE GEOGRAPmB, CARTES MURALES ET DIVERS.

Pour les atlas de géographie, la Sous-Commission a pensé quil était impossible de fixer les dimensions des caractères à employer et a jugé, comme il est dit dans le précédent rapport, quil convenait seulement de faire und épreuve générale de lisibilité. Après avoir étudié un assez grand nombre d atlas français et étrangers, on a fait un choix des cartes les plus claires et de celles que Ton pouvait accepter. Des mesures ont montré que les chiffres donnés dans le précédent rapport correspondaient exactement aux conditions de lisibilité de ces cartes, c'est-à-dire qu'une carte posée verticalement à un mètre de distance d'une bougie devra être lisible très facilement par une bonne vue à la distance de 4o centimètres.

La question des cartes murales a occupé plusieurs séances. La Commission a reconnu qu'aucune des cartes qui sont en usage dans les écoles ne présente des noms qui puissent être lus par une classe entière, sauf pour quelques noms écrits en très gros caractères (noms de contrées, de mers); on peut dire que, d'une manière générale, on ne voit rien au delà de ù. mètres. Dans ces conditions, il n'est pas douteux que la multiplicité des écritures est sans intérêt pour les élèves, qu'elle est seulement utile pour le maître; mais elle présente le grand inconvénient de diminuer considérablement la netteté générale de la carte qui doit être recherchée avant tout. Aussi la Commission pense qu'il faut éviter soigneusement les cartes trop chargées, soit par les écritures, soit seulement par le trait; ces cartes, qui sont susceptibles de rendre des services comme cartes d'études, ne peuvent être utilisées avantageusement pour les classes.

MM. Delagrave et Javal ont étudié les conditions qu il faudrait adopter pour que les écritures diverses fussent également lisibles : ils sont arrivés à présenter un modèle qui a paru très satisfaisant. C'est un frag ment d'une carte de France au i/6oo,ooo* dans laquelle la lecture des divers noms se fait avec une égale facilité et cesse à peu près à la même distance pour tous, bien que des différences suffisantes permetteot de distinguer l'importance diverse de ces noms.

Ce résultat a été atteint d'abord en écrivant horizontalement tous les noms, puis en diSTérentiant leur importance, non par des diJBFérencesde hauteur et de largeur de caractère, mais par des différences de forme et en en variant Tintensilé, les unes étant noires et les autres grises seulement; mais, pour ces dernières, une plus grande hauteur et une plos grande épaisseur des traits compensent l'inconvénient d'une moindre intensité.

Dans ces conditions, la Commission reconnaît que pour une carte de France au i/6oo,ooo% — et il ne serait guère possible de dépasser celte échelle, — on peut, sans nuire à la netteté, inscrire les noms du département, du chef-lieu et des chefs-lieux d'arrondissement, mais qu'il serait impossible d'ajouter d'autres noms sans surcbaiçer la carte et lui faire perdre la netteté que donnent les dispositions adoptées.

S'il existe d'autres points qu'il soit jugé nécessaire de ^gnaler à l'attention des élèves, on se bornera à les indiquer par un cercle plein, un polygone, etc., en écrivant à côté le nom en caractères assez fins pour qu'il ne puisse être lu qu'à très petite distance et qu'il ne puisse diminuer la netteté de la carte.

La Conmiission recommande que les lignes de séparation des dépar tements, les lignes de chemins de fer, les canaux soient plus larges qu'on ne les fait habituellement et qu'elles soient aussi nettement visibles que les noms eux-mêmes.

Même dans ces conditions favorables que la Commission a reconnu pouvoir être remplies, il est impossible que la carte puisse être lue à plus de 4 mètres. Si donc les conditions des classes ne permettent pas aux élèves de s'en approcher au moins à cette distance pendant la leçon, la Commission pense qu'il conviendrait d'employer des cartes muettes, à moins qu'il ne soit possible d'établir dans la classe

deax cartes identiques tellement placées qu'aucnn élève ne se trouve à plus de à mètres de Tune d elles.

La Commission appelle l'attention sur Tintérét qu'il y aurait à ce que les cartes pussent ne pas être vernies : le vernis , tel qu'on l'emploie actuellement, donne naissance à des réflexions, des miroitements qui sont un inconvénient sérieux.

Pour les atlas comme pour les cartes murales, la Commission signale la nécessité d'étudier la disposition des couleurs qu'il convient de placer de manière que deux couleurs voisines ne puissent se confondre ni au jour, ni à l'éclairage artificiel, comme il arrive pour le blanc et le jaune, pour le rose et le saumon, pour le vert et le bleu, etc.

La Commission, en ce qui concerne les cartes-tableaux, les cartes ardoisées, insiste sur l'inconvénient grave des surfaces vernies et la nécessité de n'employer que des surfaces mates.

Les traits qui existent sur les cartes ou les tableaux quadrillés doivent présenter une assez grande épaisseur ; leur couleur parait indifférente ; seul le blanc doit être rejeté parce qu'il finit par se confondre avec le fond du tableau qui devient plus ou moins gris par l'usage. On peut prendre le bleu vif, le rouge vif.

Les quadrillages dont les carreaux sont trop petits sont un inconvénient tant pour les tableaux que pour les ardoises. Il conviendrait de ne pas descendre au-dessous de à centimètres pour les tableaux et de lin centimètre pour les ardoises, et 5 millimètres pour les cahiers quadrillés.

Enfin, pour éviter certaine fatigue de la vue, certains troubles, dans le cas des tableaux quadrillés, troubles qui proviennent au moins en grande partie de ce que l'œil n'a aucun point de repère sur un vaste espace uniformément quadrillé, on peut recommander l'emploi d'un cadre nettement accentué et, par exemple aussi, l'adoption d'un point un peu fort au centre du tableau.

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