‹ Hygiène des écoles primaires et des écoles maternellesChapitre 58 sur 58 · PROPHYLAXIE DES AFFECTIONS CONTAGIEUSES · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE DES AFFECTIONS CONTAGIEUSES

La propreté est d'autant plus difficile à maintenir chez les enfants qu'ils sont eux-mêmes absolument indifférents à cette question la plupart du temps, et que leurs petites mains ramassent la poussière des tables, fouillent le sable du jardin pendant les récréations, soulèvent autour deux: un nuage où ils se trouvent enveloppés. — La Sous- Commission n'a pas à démontrer la nécessité d'assurer cette propreté;

Ces questions relatives à la propreté devaient naturellement coodaire ia 5* Sous-Commission à Texamen de celles qui touchent à la santé d» enfants. Une transition toute simple se trouve dans la toilette de la tête. qui, convenablement pratiquée, peut éviter tant d'affections parasilaires: les poux, les eczémas, les teignes, les impétigos. La longueur des ch^ veux des enfants, dont les mères sont si fières souvent, permet aise ment le développement de la vermine, en même temps qu elle dissimule trop longtemps et qu*elle empêche de soigner efficacement les affections du cuir chevelu. Les poux pullulent aisément dans les longs cheveui mal soignés , et il suffit d*un seul couple de poux pour donner naissance en un mois à i8,ooo individus. C'est pourquoi tous les membres de li 5* Sous-Commission s'accordent à penser qu'il faudrait là une prescri|h tion sévère qui pourrait être ainsi formulée :

Poar éviter toate contagion d'ane affection parasitaire, les enfajUi in écoles maternelles, sans exception, devront porter les cheveax courts.

Beaucoup d'autres maladies peuvent atteindre l'enfance pendant \i période scolaire* La peau de l'enfant est délicate, les muqueuses s»Qt sensibles à l'excès, de là des éruptions plus faciles, des inflamn)alioQS catarrhales interminables avec tendance aux récidives et à la chronicitt. Le retentissement de ces lésions de surface sur le système ganglionnaire est fort commun, et pour peu que l'enfant ait été touché par la diatht^ scrofuleuse, on sait quels dangers sa santé peut courir. Le rapide déve loppement que subit l'appareil céphalo-rachidien constitue une prédis^ position aux méningites, aux encéphalites. Les convulsions, lachorêe, f épiiepsie, se montrent aussi fréquemment dans cette période de ia ne La diphthérie fait alors ses plus grands ravages. La coqueluche trouve ua terrain tout préparé. — C'est par excellence l'époqne des fièvres éroptives qui deviendront graduellement plus rares chez le jeune homme, chez l'adulte, chez le vieillard, qui, moins impressionnables, ont pi aussi acquérir par une première atteinte le bénéfice de Fimmunité.

La délicatesse, l'impressionnabilite des organes, ont une bonne part^ réclamer dans la fréquence chez l'enfant des affections des voies respin^ toires. Les fièvres intermittentes dans les pays marécageux font l)eaacoup de ravages chez les enfants de moins de dix ans.

Nous ne citons que pour mémoire le goitre scolaire qui a été signait en Suisse et en Auvergne; il y a là sans doute des causes plus générale

que celles qui résultent du milieu scolaire \ il fâiut tenir compte de condilions qui appartiennent à la contrée, au climat, au logement de Id famille, à Talimentation, àiix boissonSi—^La myopie dîte*co(ôire doit être peu fréquente dans les écoles maternelles : on sait que la myopie hérédi* taire ne commence guère à se manifester quà huit ou neuf ans ^ quand- Tenfant quitte les abécédaires pour les livres ; la myopie acquise n'apparaît aussi qu'à cette époque, selon le docteur Javal, et même beaucoup plus tard, selon le docteur Maurice Perrin. Il faut pourtant s'en préoccuper de suite, et, par un éclairage convenable et suffisant, éviter de développer les prédispositions latentes. Nous ne voulons point ici insister davantage, laissant à la Sous-Commission des bâtiments scolaires et à celle de l*hygiène de la vue le soin de dire quelles mesures il faut prendre contre ce danger particulier.

Eu tout cas^ en présence de la multitude de maladies qui peuvent atteindre l'enfance pendant la période scolaire et particulièrement pendant la période qui correspond à son passage par l'école maternelle , il nous a paru qu'il était nécessaire d'organiser un service médical sérieux et régulier sur des bases plus larges que celles actuelles ^^\ Il serait aussi désirable qu'une sorte de petit dispensaire fût annexé à l'école, ou plutôt que l'enfant trouvât à l'école, sous la direction et la responsabilité du médecin scolaire, les moyens de suivre un traitement reconstituant ou antidiathésique. La ville de Bruxelles a fait un essai de ce genre et parait en être satisfaite. On estime à Bruxelles que les frais faits par l'administration des hospices, pour soigner ainsi les enfants à l'école, sont largement compensés par l'économie qu'on trouve plus tard dans les frais d'hôpital, et par le travail plus actif et moins souvent interrompu de l'ouvrier. Ce n'est pas là une dépense; c'est proprement un bon placement.

La 5® Sous-Coramission a résumé ses idées sur cette question en formulant les propositions suivantes :

,Les directrices devront procéder à des inspections régulières des enfants de façon à signaler au médecin inspecteur les affections parasitaires ou autres dont ils seraient atteints.

^*) On trouvera des renseignements sur l'inspection médicale des écoles en France dans VEtadc et les progrès de l'hygiène, par H. Napias et A.-J. Martin. (G* Masson , i883.)

Dans ce bat, ane ùistraction officielle devra être mise entre les mains des directrices.

Il serait désirable qae le service médical fâi organisé sérieasement et que certains remèdes, tels que le quinquina, F huile de foie de morue, le fer, etc., soient mis à la disposition du médecin de Vécole.

La 5* Sous-Commission pouvait borner là son travail; elle avait en effet épuisé les questions qu'elle s'était posées. II appartiendra à TAdministration de tenir compte de ses études et de ses décisions , quand elles auront reçu la sanction de la Commission générale pour la rédaction des règlements à venir et pour la modification des instructions actuelles.

Toutefois, pour aider au travail du rapporteur général, la 5* Sous- Commission, reprenant les articles des règlements en vigueur, a indiqué quelles modifications il y aurait lieu d'y introduire. Sans vouloir entrer ici dans le détail, nous devons dire, pour terminer, que celles de ces modifications auxquelles la Sous-Commission tient le plus ont pour but d'introduire les notions d'hygiène dans les progranmies des cours et des examens pour la direction et l'inspection des écoles maternelles; et qu'elles stipulent l'adjonction d'un médecin hygiéoiste au jury d'examen , tel qu'il existe actuellement.

Il ne parait pas possible en effet d'obtenir une exécution précise des règlements et instructions relatifs à l'hygiène des écoles, si le personnel n'est pas en situation d'en comprendre l'utilité et d'en apprécier la valeur.

Le Secrétaire-Rapporteur, D' Henri NAPIAS.

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