A MON ÉDITEUR. XI
de les faire accueillir par la classe à laquelle je m'adressais.
Vous m'aviez souvent proposé de recueillir mes articles et d'en faire un de ces livres si fort à la mode aujourd'hui, qu'on lit en chemin de fer, au coin du feu ou à la campagne, comme objet de distraction en même temps que d'instruction. Je ne suis guère partisan de ces compositions formées d'articles détachés, sur des objets divers, n'ayant souvent aucun lien entre eux et destinées primitivement à la lecture éphémère d'un journal. A moins d'être un penseur et un écrivain de premier ordre, un Sainte- Beuve ou un Sacy, un Saint-Marc Girardin ou un Cuvillier-Fleury, un Taine ou un Théophile Gautier, ces collections n'offrent qu'un léger bagage peu digne de la gravité d'un livre. Or, je suis loin de me mettre au rang de ces écrivains distingués, et je ne prétendrais pas à une durée sérieuse pour mon œuvre, si elle était purement littéraire ; j'espère qu'elle se sauvera par le côté scientifique et pratique.
Enfin vous l'avez voulu, vous m'avez encouragé, flatté, et j'ai cédé.