CONTUSIONS
Lorsqu’une partie du corps a été contusionnée par un choc quelconque; on doit la frictionner immédiatement avec une eau aromatique. V arnica jouit, contre les contusions et les chutes, d’une réputation populaire; sans révoquer en doute ses vertus, nous donnons néanmoins la préférence à Veau clés Hespérides. Une cuillerée de cette liqueur aromatique jetée dans un verre d’eau, produit un lait suave qui a la propriété de dissiper en peu de temps les plus profondes meurtrissures, les ecchymoses les plus larges. 11 ne s’agit simplement que de tremper dans cette eau
un linge plié en plusieurs doubles, et de l’appliquer sur la meurtrissure, on retrempe le même linge dans la même eau, dès qu’on s’aperçoit qu’il commence à sécher, parce qu’il est essentiel que la partie soit tenue dans une humidité permanente. Au bout de peu de jours, la partie contuse est revenue à son état naturel.
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Bit U LU II ES.
11 existe une foule de remèdes contre la brûlure; il n’est pas de charlatans ou de bonnes femmes qui n’ait son spécifique. Il faut se défier de ces remèdes qui sont généralement plus nuisibles qu’utiles.
Le traitement de toute brûlure légère se résume dans ces deux moyens :
1° Faire avorter l’inflammation qui suit nécessairement la brûlure;
2° Modérer l’inflammation lorsqu’il a été impossible de la faire avorter.
Les brûlures aux doigts, aux mains et au visage doivent être combattues au moment même, si l’on ne veut pas qu’il en résulte une cicatrice quelquefois fort désagréable.
De tous les secrets et remèdes préconisés contre la brûlure, voici le plus rationnel, le plus prompt, et, par conséquent, le meilleur :
Aussitôt qu’on s’est brûlé, il faut tremper la partie intéressée dans un petit vase contenant de l’ammoniaque liquide pur , et l’y laisser cinq minutes. Ou encore tremper un linge, plié en plusieurs doubles, dans l’ammoniaque pur et l’appliquer sur la partie brûlée. Il est de toute nécessité que ce linge soit constamment humide d’ammoniaque ; car, aussitôt qu’il se dessèche la douleur reparaît; il faut donc avoir soin de le renouveler toutes les fois que le cas l’exige.
Sous rinfluence de ce petit traitement, la phlyctène ou vésicule remplie de séro-
sité, n’a point lieu; la douleur est nulle; la brûlure a complètement avorté. Le lendemain, on aperçoit l’épiderme où siégeait la brûlure, blanchâtre et raccorni. Quelques jours plus tard, cet épiderme se détache par lambeaux et tout est fini.
L’on a aussi préconisé le coton cardé contre la brûlure. En effet, il réussit assez bien dans les brûlures légères. On entoure la partie brûlée d’un petit plumasseau de coton cardé, en ayant soin de ne pas le tasser, puis, on le fixe mollement avec du linge fin. De même que l’ammoniaque, le coton prévient la douleur et dessèche l’épiderme. Quand la douleur renaît c’est un signe que le coton s’est tassé; alors il a perdu ses propriétés; il faut recommencer une nouvelle application comme la première.
Maintenant, nous allons donner l’explication de l’action de l’ammoniaque sur la brûlure.
L’ammoniaque pur est caustique ; son
contact prolongé sur la peau saine forme une vésicule ; mais, sur la peau brûlée son action n’est plus la même. Elle possède alors la propriété de durcir l’épiderme brûlé; elle lui donne la force de résistance qu’il avait perdue et le colle sur le tissu muqueux de la peau; de telle sorte que l’afflux de la sérosité qui forme la vésicule devient impossible ; on produit un effet semblable en approchant du feu la partie brûlée et en ayant assez de volonté pour endurer la souffrance d’une seconde brûlure. Le feu durcit l’épiderme brûlé de même que l’ammoniaque pur.
La médecine emploie, comme spécifique contre les brûlures, le liniment oléo-cal caire dont nous donnons la composition au formulaire de cet ouvrage. L’application de ce liniment est loin d’être toujours couronnée de succès; nous confessons avoir vu trois à quatre applications oléocalcaires échouer complètement. Lorsqu’on enleva l’appareil qui maintenait ce
liniment, on trouva au-dessous la brûlure passée à l'état de plaie suppurante. Nous croyons donc que l’ammoniaque liquide et le coton cardé sont beaucoup plus sûrs.