‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 84 sur 98 · VERRIERS, TAILLEURS DE CRISTAL, POUSSEURS BE GLACES · texte numérisé non relu

VERRIERS, TAILLEURS DE CRISTAL, POUSSEURS BE GLACES

Le verre mousseline n'est que du verre ordinaire, de deuxième ou troisième qualité, orné de dessins variés se détachant sur un fond qui est tantôt mat, tantôt transparent, et imitant la mousseline brodée. On produit ces dessins avec un émail qui renferme une proportion considérable de plomb, et qui, par conséquent, est plus fusible que le verre. (Voy. ÉmaillelIis.) — Deux procédés sont employés. Dans le premier, l'émail forme avec de la gomme un liquide épais que Ton étend sur les larmes de verre. Lorsque l'enduit est sec, l'ouvrier recouvre la lame de verre d'une feuille découpée à l'emporte-pièce ; puis, avec une brosse très-rude, il frotte, de manière à enlever l'émail qui correspond aux découpures. — Dans cette opération, rémail détaché par les frottements de la brosse se répand en poussière très-fine au-dessus de la table, et l'ouvrier doit en absorber une quantité plus ou moins considérable, suivant les précautions qu'il a prises.

Dans le second procédé, l'émail est appliqué sur le verre à Tétat pulvérulent; les feuilles de verre étant préalablement enduites d'une substance visqueuse afin que la poudre puisse s'y attacher. Cette poudre est mise en mouvement au moven d'une manivelle à ailes ou mieux d'un soufflet, dans un appareil désigné sous le nom de tambour, caisse, chambre ou machine. On recouvre les feuilles de verre préparées d'un châssis garni de tulle oujde mousseline, on les introduit dans l'appareil, et la poudre d'émail, en tombant peu à peu sur le châssis, traverse les parties du tissu qui ne sont pas ornées de dessin, pour venir se fixer sur la feuille de verre.

C'est dans la mise en mouvement de la poudre d'émail que rouvrier en absorbe une quantité plus ou moins grande. Cette absorption donne lieu à des accidents saturnins parfois très-prononcés.

VERRIERS, TAILLEURS DE CRISTAL, POLISSEURS DEGLACES. 5i9

11 résulte, en effet, des observations recueillies par les auteurs, que chez tous les ouvriers malades qui font le sujet de ces observations , Tappétit a diminué après quelques mois de travail; quelques-uns ont eu des vomissements et delà diarrhée; tous ont éprouvé des douleurs gastralgiques plus ou moins vives, avec constipation opiniâtre. En général, on a constaté le liséré bleuâtre des gencives, la teinte jaune de la peau et des conjonctives, et une anémie profonde.

Dumesnil a publié une observation très-intéressante d'un homme qui, après avoir travaillé dix-huit mois à la fabrication du verre mousseline, a eu une paralysie des extenseurs des deux mains, et une atrophie complète des jnasses musculaires de la région postérieure de Tavanlbras. Les muscles de la main étaient également atrophiés. Le malade avait eu des étourdissements et des troubles sensibles du côté de la vue.

On a observé chez d'autres malades des douleurs dans les articulations, la perte de la vue, des vertiges avec affaissement hémiplégique, notamment des membres supérieurs (Poggiale).

Une industrie qui présente avec la fabrication du verre mousseline la plus grande analogie, et qui expose aux mêmes accidents : c'est la vitrification des étiquettes en émail pour vases destinés aux chimistes et aux pharmaciens. C'est à Beaugrand que l'on doit les premières recherches à ce sujet.

Hygiène préservatrice. — Pendant le travail des fours, les ouvriers se serviront avec avantagede vêlements légers mais bien exaclement fermés, et ne s^exposeront point aux courants d'air, le corps étant en sueur.

L'usage d'une ceinture de flanelle, garantissant le ventre et les lombes, pourra être conseillé.

LAYET. 30

Page 1