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I. — Habitation

Je n’ai pas à tenir compte, dans ce chapitre, des conditions de tempérament et d’âge : l’habitation salubre est la même pour tous ; et je dois envisager plutôt la situation sociale des individus. Les uns ont la faculté d’habiter une maison particulière; les autres sont obligés de se loger dans une maison commune, dite maison locative.

A. — Maison particulièke

Il faut avoir bien soin, quand on achète un terrain pour y élever sa maison, de s’assurer du voisinage. Là où il n’existe que des terrains vagues à bon marché ou des maisons locatives pauvres, on est bien exposé à ne pas avoir un jour toute la tranquillité désirable: les grandes villes refoulent de plus en plus vers le fond des banlieues la portion la moins intéressante de leur population.

Surélever l’emplacement futur de l’habitation, de façon que les eaux s’en éloignent, semble une recommandation

banale, ei l’on voit pourtant beaucoup de maisons en contre-bas des rues: je pourrais même citer un grand établissement de l’Etat dont la porte monumentale baigne dans l’eau, à chaque averse.

L’avantage sanitaire et économique d’une cave est connu de tous, et il suffît seulement de recommander d’en établir les murs en meulière et bon mortier de chaux, le tout formant un roc impénétrable à l’eau. Au-dessus et jusqu’au toit, on pourra remplacer la meulière par du moellon de roche en mur de 40 centimètres. Pas de brique, elle protège mal contre le froid et contre le chaud, à moins qu’on ne construise sur trois et quatre rangées, ce qui est fort coûteux. Le rez-de-chaussée sera donc élevé de quelques marches, cinq ou six en moyenne, au-dessus du sol, et il comprendra, dans tous les cas, la salle à manger. la cuisine et un petit bureau. On ne peut assigner à ces diverses pièces des dimensions absolues; mais on peut dire que, pour un ménage de cinq personnes (le père, la mère et trois enfants), la cuisiné aura 3 mètres sur 2 m. 50 et la salle à manger 4 m. 50 sur 3 m. 50. Tout le rez-dechaussée présentera une hauteur uniforme de 3 mètres : des plafonds plus bas sont trop chauds; des plafonds plus hauts, trop froids.

Au premier étage, des chambres à coucher correspondront aux principales pièces inférieures, et des cabinets, placards et lavabos aux pièces accessoires.

Le grenier ne sera pas un espace perdu ; il aura assez de hauteur sur les côtég pour défendre les plafonds contre l’humidité et le froid au moment des pluies et des neiges, et assez de hauteur en son milieu pour qu’une personne de taille moyenne puisse y circuler librement.

HABITATION

L’orientation double permet seule l’éclairage réfléchi, le plus tendre de tous, et la ventilation en masse, la plus efficace de toutes ; elle sera de préférence est-ouest, avec prédominance de l’est sur l’ouest. La salle à manger et la plus grande des chambres à coucher regarderont l’orient ; le bureau et la moyenne ou petite chambre à coucher l’occident. Quant à la cuisine et aux cabinets d’aisances, ils s’ouvriront en plein nord par de petits châssis formant, si l’on veut, l’orientation secondaire. En tout cas, on évitera ces chambres en cul-de-sac, où la lumière pénètre difficilement et où l’air ne se renouvelle jamais complètement (fig. 1).

Il est souvent utile, parfois indispensable et toujours économique, d’alimenter une maison par l’eau qui tombe sur son toit. J’ai indiqué dans V Hygiène pour • tous un moyen très simple et peu coûteux de séparer les eaux pluviales sales des eaux pluviales propres; celles-ci sont conduites, après filtration sur grès, dans une citerne suffisamment profonde pour être à l’abri des variations thermiques saisonnières. Ainsi captée, ainsi purifiée et ainsi conservée, l’eau de pluie est parfaite pour l’usage culinaire et très bonne comme boisson.

Pour ce qui est du jardin, on en prend toujours trop grand : 200 mètres carrés suffisent pour un individu non habitué aux travaux des champs; et encore devra-t-il en consacrer au moins un quart à des cultures peu exigeantes : artichauts, asperges et fraisiers.

Trois questions secondaires se greffent sur celle de L habitation : la ventilation, l’éclairage et le chauffage.

11 y a deux façons de ventiler une maison : l’une à grand courant d’air, portes et fenêtres ouvertes; l’autre à petit

courant, par l’intermédiaire des poêles et cheminées, des carreaux mobiles ou des vitres perforées, des trous percés sur ou sous les plafonds; la première est habituellement intermittente, et la seconde continue.

La grande ventilation est seule capable de renouveler complètement l’air et de sécher murs et meubles. On doit y avoir recours, non seulement le matin, au moment du nettoyage, mais fréquemment dans la journée et le soir avant de se coucher : c’est le moment de faire provision d’air pur, principalement pour ceux qui couchent les croisées fermées.

L’orientation principale double et l’orientation secondaire simple, adoptées plus haut pour la maison particulière, permettent de s 'éclairer alternativement, le jour, par la lumière directe et par la lumière réfléchie. Celle-ci est plus tendre que celle-là, et l’on a bien tort de ne pas y avoir plus souvent recours. La nuit, l’éclairage doit être doux à la vue et peu calorifique. Par sa richesse en radiations rouges, la lumière de Vhuile semble la moins malfaisante; vient ensuite celle du pétrole, dont on peut à loisir augmenter l’éclat sans la rendre absolument éblouissante.

lie chauffage présente des difficultés autrement grandes : tout système salubre est coûteux; tout système économique est insalubre.

Le mieux est de placer dans le vestibule un poêle à combustion lente dont le tuyau s’élève, en serpentant, dans la cage de l’escalier, et de faire de petits feux de cheminée quand le froid est trop vif : dans la salle à manger, au moment du repas; dans le bureau, au moment du travail.

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